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Militante pour un meilleur présent

Laëtitia Morin suppléante d’Yves Gigan

Jean Fabrice Nativel / 16 mars 2011

Âgée de 20 ans, Laëtitia Morin fait son entrée en politique au poste de suppléante d’Yves Gigan, candidat dans le canton 2 de Saint-Benoît. Selon elle, des solutions concrètes et rapides doivent être apportées d’urgence au problème de l’emploi. Rencontre avec cette militante à l’oeuvre pour un meilleur présent.

Parlez-nous de ce canton…

- Je voudrais partager avec vous un certain nombre d’observations. Au sein de ce canton, de nombreux jeunes sont sans emploi, des familles dans la difficulté, des associations ont fermé leurs portes. Des améliorations ont été réalisées (logements neufs, création d’une pâtisserie, d’une boucherie, d’établissements scolaires, d’un hôpital, d’un Conservatoire à Rayonnement Régional de Saint-Benoît, etc.). Cependant, Bras Fusil, quartier de ce canton, souffre d’une image — négative — qu’une certaine presse a véhiculée. Pour autant, c’est une localité comme une autre avec ses spécificités et ses points communs à d’autres cités.

Vous confiez que « des familles sont dans la difficulté », dites-nous-en un peu plus ?


- Je vous parlerai de la situation d’un couple avec un enfant et celle d’une femme seule avec des enfants. Dans la première, le logement est dépourvu d’électricité. Donc pas de réfrigérateur ! Le ménage se nourrit de conserves la plupart du temps. Le dîner est confectionné à la gazinière en même temps que le déjeuner. Tous les soins à porter à la santé du plus jeune ne peuvent pas se faire dans les meilleures conditions. Avec cette chaleur, il n’arrête pas de pleurer. Or un ventilateur lui aurait été utile. Dans la deuxième, la maison est insalubre. Dans trois chambres, elle fait grandir 6 enfants parmi les rats, les cafards, les vers. Plus les infiltrations d’eau. L’hygiène et la sécurité de cette famille m’inquiète. Malgré un incendie et des demandes adressées de part et d’autre pour une autre habitation, pas de réponse dans l’immédiat. À ses situations préoccupantes, des réponses appropriées doivent être données sans plus attendre.

… de votre implication ?


- Je me soucie du devenir des personnes et en particulier de celles en grandes difficultés : les jeunes sans emploi, les employés licenciés, les mères de famille, le public âgé et/ou handicapé. Je les rencontre et elles me disent pour certaines et malgré leur gêne qu’elles n’ont pas de boulot, plus les moyens pour subvenir aux besoins élémentaires. Cela me fait mal.

… et de ses atouts ?


- Les jeunes, les jeunes ki lèv, les mères de famille en sont ses atouts majeurs. Je pense qu’ils sont capables d’occuper pleinement un emploi, de créer leur entreprise et même de reprendre le chemin des études. Encore faut-il que l’on s’intéresse à eux !

Cette élection, est-elle une première pour vous ?


- Oui. Cependant, dès l’âge de 5 ans, je pleurai pour que mon père m’emmène avec lui pour assister aux réunions politiques organisées par le Parti communiste réunionnais à Saint-Benoît. Qu’il s’agisse de préparer les élections municipales, cantonales, régionales, législatives, présidentielles et de députés européens. Puis est venu le jour où j’ai adhéré à la Section de cette ville de l’Est et mes débuts à effectuer les portes à portes, les distributions des tracts, etc.

Racontez-nous cette sollicitation à devenir suppléante ?


- Lors d’une réunion, il y a deux mois, cette proposition m’a été faite par Yves. Quel ne fut pas mon étonnement ! Au regard des affiches, je relève peu de jeunes. Après réflexion — 2 jours —, je l’ai acceptée. Parents et amis m’ont tout de suite manifesté leur joie et soutien.

Que pourrait-on mettre en œuvre dans ce canton ?


- Dans les secteurs de l’aide à la personne et de l’environnement, il y a tant à faire. On pourrait former ou recruter des personnes du canton pour faire ou aider les personnes âgées ou handicapées dans l’entretien de leur demeure, leur tenir compagnie, les sortir en jour de semaine aussi, etc. Et de même pour préserver les espaces verts, les ravines, les sentiers, etc. Je suggère aussi que l’on accompagne notamment les jeunes dans des projets d’insertion par l’emploi, la création d’entreprises en mettant en place des ateliers de création artisanale (chapeau, vanne, tressage…) et d’instruments traditionnels (kayamb, roulèr, sati…) ou pour la reprise d’une activité (laverie…). Je propose également que l’on relance les loisirs (danse, vélo…) encadrés par des animateurs.

On s’achemine vers le 1er tour, comment vivez-vous ces jours-ci ?


- Avec le stress ! Tôt, je me réveille. Tard, je m’endors. Mes journées sont rythmées par les portes à portes, les distributions de tracts, les réunions, les prises de parole. Cela m’enthousiasme. Dimanche, je m’occuperai avec l’équipe de la tournée des bureaux de vote.

Tout en se consacrant à ces élections, Laëtitia Morin prospecte dans le prêt-à-porter. C’est dans la mode qu’elle postule.

 Texte et photos Jean-Fabrice Nativel


• Prises de parole dans tous les quartiers tous les jours avec Dominique Atchicanon, Éric Parlier, Jean-Hugues Ratenon, Laëtitia Morin, Yves Gigan, etc.


• Vendredi à 17h30, réunion de clôture chez Alain Channa à Bras-Fusil.


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