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Mondialisation néo-libérale : outil pour la domination des ultra-riches

Conférence de Jacques Nikonoff

Manuel Marchal / 14 février 2017

Jacques Nikonoff, candidat à la présidentielle du Rassemblement pour la démondialisation, tenait une conférence hier à l’Université de La Réunion. L’occasion de réfléchir sur les tenants et les aboutissants de la « mondialisation néo-libérale ».

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Didier Le Strat et Jacques Nikonoff.

En visite à La Réunion depuis la semaine dernière, Jacques Nikonoff, candidat à la présidentielle du Rassemblement pour la démondialisation, tient également une série de conférences. La première a eu lieu hier dans un amphithéâtre de la Faculté de droit au Campus du Moufia. Le thème était la démondialisation. Un public nombreux avait répondu à l’invitation. Parmi les participants à la conférence, une forte délégation du PCR était conduite par Maurice Gironcel, secrétaire général.

Révolution néo-libérale

Dans son exposé, l’ancien président d’ATTAC est revenu aux origines de l’ordre économique actuellement dominant. Il a tout d’abord rappelé qu’au lendemain de la Seconde guerre mondiale, le capitalisme était discrédité. Cela a permis aux travailleurs d’obtenir d’importantes avancées en termes de salaires et de protection sociale. C’est ainsi que la majorité de la répartition de la valeur ajoutée allait vers le travail au détriment du capital. La révolution néo-libérale lancée en Occident dans les années 1980 a inversé ce rapport. En France, elle a été appliquée sous la forme du « tournant de la rigueur » mis en place par le gouvernement dirigé par les socialistes en 1983.

Une guerre idéologique a été menée pour relégitimer le système capitaliste. Elle s’est traduite par une prise de contrôle des médias, devenus des agents de promotion de cette orientation.

Puis Jacques Nikonoff a décrit les trois piliers de la mondialisation néo-libérale. C’est tout d’abord le libre-échange qui met en concurrence les travailleurs et les régimes sociaux au profit de la classe des ultra-riches. C’est ensuite la globalisation financière ou dictature des marchés. Conséquence d’un libre-échange qui pousse aux exportations, elle permet d’augmenter les profits alors que le marché intérieur se réduit. Elle consiste en des dispositifs financiers déconnectés de l’économie réelle. Elle se traduit par des « bulles financières » qui créent des bénéfices sans lien avec l’économie réelle. Le troisième pilier sont les « institutions supranationales » comme l’Union européenne. Ces organisations prennent en charge des pans de souveraineté des États. L’UE a une compétence exclusive pour la monnaie, le commerce extérieur et intérieur, la maîtrise des frontières et la pêche. OMC, OTAN et FMI sont d’autres institutions supranationales.

Le FN pour l’euro

Pour le président du Parti de la démondialisation, la situation est verrouillée au profit de l’idéologie ultra-libérale. Ce sont des politiques favorables aux ultra-riches alors que leurs promoteurs veulent faire croire qu’elles sont tournées vers les pauvres. La crise sera donc permanente tant que ce système sera mis en place. Ce dernier est d’une efficacité redoutable, car il permet aux ultra-riches de l’être toujours plus d’année en année.

Jacques Nikonoff a ensuite présenté le concept de démondialisation. Le but est de « scier les trois branches de la mondialisation néo-libérale ». La sortie de ce système ne peut se faire qu’à l’échelle d’un pays, estime-t-il.

C’est pourquoi « le sérum de vérité des partis politiques » est leur position vis-à-vis de ces trois piliers de la mondialisation néo-libérale. Le FN est compatible à cette idéologie comme l’indique deux points de son programme. Tout d’abord, organiser un référendum sur la sortie de l’euro en sachant que la majorité des Français sont contre, ensuite conditionner cette sortie de l’euro à une démarche identique d’autres pays alors qu’aucun État membre de la zone euro ne veut la quitter.

La question du franc CFA

Au cours du débat qui ont suivi, parmi les questions une a concerné le franc CFA. Jacques Nikonoff voit dans cette monnaie « un vestige néo-colonial ». La Banque de France gère les réserves de change des pays qui utilisent cette devise. Le franc CFA a pour but de permettre aux industries françaises de s’approvisionner en matière première sans risque de change. Etant adossée à l’euro, c’est une monnaie forte qui pénalise le commerce entre les pays africains. Enfin, c’est une perte de souveraineté pour le pays utilisateur, car l’ancienne puissance coloniale contrôle la politique monétaire.

Après un pot de l’amitié, rendez-vous a été donné pour la prochaine conférence de Jacques Nikonoff. Elle se tiendra demain à Saint-Pierre et aura pour thème la fin du chômage à La Réunion.

M.M.



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  • Très bonnes informations, elles font réfléchir, rendre compte de ce qu’on pouvait imaginer, prévoir. Serait-il possible d’indiquer les autres conférences prévues s’il y a lieu, mis à part celle d’hier à l’Université au Moufia et celle de ce mardi à St Pierre ainsi que le thème abordé ? Vive la bonne contination, en train, téléphériques aussi, tout ce qui évite pollutions, micro particules cancérigènes, bruit, accidents, mais plutôt travail partagé, souci de l’avenir des jeunes, nés ou à naitre, écologie. Arthur.

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