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Mouvements sociaux, "Kleenex" de Didier Robert

Geoffroy Géraud-Legros / 19 mai 2010

La "solidarité" envers les mobilisations des Réunionnais est une pièce maitresse de la communication de Didier Robert. Des assistants d’éducations aux enseignants néotitulaires, en passant par les ex-salariées de l’ARAST, le dirigeant UMP a régulièrement mis a profit les luttes sociales pour faire parler de lui... sans déployer d’effort véritable en faveur de ceux qu’il prétendait défendre.

La réalité n’a pas tardé à démentir le soutien affiché tambour battant par Didier Robert aux professeurs néo-titulaires : après avoir assuré les jeunes enseignants de son soutien et multiplié les opérations de communication, il n’a strictement rien fait ni rien dit pour trouver une issue au conflit. Seule "solution" trouvée par le président de la Région Réunion : passer en catastrophe la patate chaude à Marie-Luce Penchard.
Qu’importe ! En se montrant auprès des enseignants en lutte sous un jour avantageux, Didier Robert aura réussi à occuper l’espace médiatique pendant quelques jours.
Dans ce registre, Didier Robert n’en est pas à son coup d’essai. Pour le dirigeant UMP, se saisir d’une revendication sociale, l’utiliser à des fins de promotion politique et abandonner ceux qui luttent lorsqu’ils ont cessé de lui être utiles est un procédé habituel.

Des assistants d’éducations à l’ARAST : des mots sans actes

On se souvient que l’actuel président de la Région, alors "seulement" député-maire du Tampon avait en juillet dernier prétendu prendre en main les destinées des assistants d’éducation en lutte contre le licenciement qui menaçait 1.500 d’entre eux. Quelques mois plus tard, son mouvement "Objectif Réunion" manifestait une "solidarité" politiquement très intéressée envers les salariées licenciées après l’effondrement de l’ARAST.
Mais Didier Robert s’est bien gardé de passer des mots aux actes. Lors de la visite du Premier ministre UMP François Fillon, venu inaugurer la Route des Tamarins, les assistants d’éducation reçurent de sa part des engagements qui demeurèrent lettre morte. Membre éminent du parti politique au pouvoir- il fait partie du Conseil national de l’UMP- Didier Robert n’a en réalité jamais mis à profit les nombreux déplacements d’officiels appartenant à son courant politique pour résoudre les difficultés des Réunionnais : il est resté silencieux tant face à Luc Chatel qu’à Marie-Luce Penchard et à Nicolas Sarkozy, qui se sont rendus dans notre île au cours de l’année 2009.

Une solidarité "jetable"

Quel est aujourd’hui le bilan de la "solidarité" exprimée par Didier Robert ? Un grand nombre des anciennes salariées de l’ARAST continuent d’être promenées par Valérie Bénard, fidèle relais président de la Région, dans un imbroglio juridique dont elle n’ont aucune chance de sortir en obtenant satisfaction.
De même, les assistants d’éducation qui avaient fait confiance au député de La Réunion auront finalement gagné des promesses et perdu leur emploi... Pour Didier Robert, les mouvements des travailleurs, des personnels de l’éducation ou des enseignants réunionnais ne valent finalement pas mieux qu’un mouchoir en papier : après usage, il les jette.

Geoffroy Géraud-Legros


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