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Nassimah Dindar réunit lundi les conseillers généraux pour examiner toutes les conséquences de la prise de pouvoir illégale de Didier Robert à la tête de la SEMATRA

Tous les démocrates doivent rester vigilants

Manuel Marchal / 25 septembre 2010

Hier, Didier Robert a eu recours à un coup de force lors du conseil d’administration de la SEMATRA et il s’est autoproclamé président après que la séance soit levée par le départ de la présidente de la société. Il faut remonter aux années 60 pour trouver de pareilles méthodes. Voici comment le président de la Région se croit tout permis, y compris en se mettant hors-la-loi pour atteindre son but.

Hier avait lieu une réunion du conseil d’administration de la SEMATRA, Société d’économie mixte qui est le premier actionnaire d’Air Austral. Ce conseil d’administration avait un ordre du jour bien précis. Rappelons que la SEMATRA est composée de plusieurs actionnaires : la Région, le Conseil général, des actionnaires privés. Seuls des élus de la Région et du Département étaient là hier, soit une partie donc du conseil d’administration.
Mais quelle ne fut pas la surprise des personnes présentes de voir le président de la Région sortir de l’ordre du jour, et en imposer un autre : Didier Robert demande la présidence de la SEMATRA.
Didier Robert tente un coup de force pour prendre le pouvoir. Il agit exactement comme le membre d’une association qui décide lors d’un conseil d’administration de devenir président parce qu’une majorité de personnes réunies autour de la table est susceptible de voter pour lui.
Devant ce coup de force, la présidente de la SEMATRA décide alors de lever la séance. Le conseil d’administration est donc terminé. C’est alors qu’uniquement en présence de conseillers régionaux de sa majorité, Didier Robert s’autoproclame alors président.
Devant cette situation, Nassimah Dindar annonce que les conseillers généraux seront réunis ce lundi pour tirer toutes les conclusions de ce coup de force.
Didier Robert a créé les conditions pour que soit ouvert au Tribunal administratif un contentieux portant sur le détournement de la loi régissant la SEMATRA. Car l’acte accompli par le premier adjoint au maire du Tampon montre un manque total de respect des règles régissant le fonctionnement de la SEMATRA. Depuis quand la loi permet-elle à un actionnaire de changer l’ordre du jour du conseil d’administration d’une société sans en informer les autres actionnaires, et en plus de s’autoproclamer président sitôt la séance levée par la présidente de la société ?
Cela démontre en tout cas que Didier Robert est prêt à tout pour atteindre son objectif que son acte vient de dévoiler. Il accrédite la thèse selon laquelle il veut démolir l’aérien après s’être occupé de la démolition du chemin de fer.

M.M.


Didier Robert : l’homme des années 60

L’acte de Didier Robert ramène La Réunion 50 ans en arrière. À cette époque, les maires de droite faisaient expulser les mandataires des autres listes lors des scrutins. Puis ils bourraient les urnes à l’abri des regards dans les mairies et ensuite ils s’autoproclamaient vainqueurs des élections.
Hier, malgré que la séance soit levée avec le départ de la présidente de la SEMATRA, les conseillers régionaux sont restés entre eux. Et c’est uniquement en présence de ce petit comité que Didier Robert s’est autoproclamé président de la SEMATRA.
Dans d’autres lieux, pareil coup de force est appelé un coup d’État. Ce comportement doit alerter immédiatement tous les démocrates et inquiéter fortement tous les partenaires du transport aérien.
Ces derniers doivent être vigilants, et se dresser face à de telles attitudes.
En agissant de la sorte, Didier Robert apparaît comme l’homme des années 60, l’époque où sévissaient dans notre île les pires fraudes électorales.


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