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NEO : le PCR demande à Gilbert Annette de rectifier ses propos

Le PCR répond à un mensonge du maire de Saint-Denis

Manuel Marchal / 10 mars 2016

Quand Gilbert Annette dit que la mandature de Paul Vergès n’envisageait pas de régler le problème de la nouvelle entrée Ouest de Saint-Denis, c’est un mensonge. En effet, ce projet était alors sous la responsabilité de l’État, pas de la Région. Le PCR demande donc au maire de Saint-Denis de rectifier ses propos.

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Yvan Dejean : « Gilbert Annette aura-t-il l’honnêteté de rectifier son erreur ? »

Gilbert Annette était invité d’Antenne Réunion dimanche soir. Il a notamment déclaré ceci au sujet de ses difficultés à mener à bien le projet de raccordement de la nouvelle route du littoral au réseau routier existant, appelé Nouvelle entrée Ouest ou NEO :

« Cette route, qui passe sur le Barachois, est une route nationale, de compétence régionale. C’est sous la responsabilité du Conseil régional. La mandature de Paul Vergès, n’envisageait pas la route du Littoral, puisque son projet c’était le Tram-Train. Cette NEO n’était pas envisagée par sa majorité et lui ».

Pour le PCR, ses propos sont faux. Sont-ils faits de manière délibérée ?

Yvan Dejean, secrétaire général du PCR, a en effet rappelé que quand Paul Vergès a signé le premier Protocole de Matignon en janvier 2007, cela prévoyait la mise en sécurité de la route du littoral et en même temps la construction d’un train. « Pour la route du littoral, la responsabilité de cette voie incombait à l’État, car en 2007, le transfert de compétence des routes nationales vers la Région n’était pas fait », a précisé le responsable communiste. La nouvelle route du littoral était « un projet de l’État, sous la responsabilité du ministre des Transports de l’époque, Dominique Perben ».

« C’est donc faut de dire, comme l’a fait Gilbert Annette, que ce projet était celui de Paul Vergès, et que c’est donc Paul Vergès qui n’avait pas prévu la nouvelle entrée Ouest de Saint-Denis », a ajouté Yvan Dejean, « c’était l’État qui devait prévoir ». Conclusion logique : ce qu’a dit Gilbert Annette est donc un mensonge.

« Gilbert Annette aura-t-il l’honnêteté de rectifier son erreur ? », le PCR l’espère.

Des milliards déjà engloutis

Les propos tenus par le maire de Saint-Denis intervenaient au moment où la route du littoral était coupée à cause d’un éboulis. Hier était l’occasion pour le PCR de rappeler que « jusqu’à la suppression du chemin de fer, La Réunion n’avait pas de problème de déplacement ». « Une décision d’un gouvernement mise en œuvre par son préfet, appuyé par des élus locaux a créé ces problèmes qui empoisonnent depuis plus de 40 ans la vie quotidienne », a-t-il poursuivi. « Si c’est la 3e fois que l’on refait cette route, ce sont des milliards engloutis. La première route a coûté 7 milliards de francs CFA, la seconde 13 milliards, et des milliards d’euros seront dépensés pour la troisième.

Or, ce projet n’empêchera pas les chutes de pierre, et encore moins la violence de l’océan.

À ce sujet, Yvan Dejean a mis en avant un fait d’actualité. Il a suffit de fortes pluies pour que 28 des 38 tetrapodes de 8 tonnes chacun qui protègent un pont dans la rivière du Mat soient déplacés par le courant. Si la future est NRL est frappée par un cyclone, qu’en restera-t-il ? Les tetrapodes sont une protection bien relative.

Maurice Gironcel rappelle que le Protocole de Matignon prévoyait un tram-train qui ne passait pas en pied de falaise. « On ne mettait pas tous les œufs dans le même panier ». Si demain la violence de l’océan met la NRL hors service, alors plus rien ne circulera : plus de route et plus d’éventuel train.

Il a rappelé également quelques règles du Code de la Route. Sur un ouvrage comparable au projet de NRL, si le vent souffle à plus de 60 km/h, les poids lourds sont interdits. Et au-delà de 90 km/h de vent, la circulation est prohibée. Or, ces valeurs ne sont pas rares à La Réunion, une île tropicale souvent touchée par les tempêtes et les cyclones.

Ary Yée Chong Tchi Kan est revenu sur le péage prévu dans le Protocole de Matignon. C’était une décision de l’État qui serait entrée en vigueur s’il manquait des fonds pour boucler le financement de la NRL version Perben.

M.M.


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