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Ni godillots, ni déloyaux ?

Ce soir, les États généraux du Parti socialiste

Manuel Marchal / 3 octobre 2014

La défiance de la population vis-à-vis du parti au pouvoir en France s’est vérifiée dans l’indifférence manifestée lors de la venue du président de la République. Peu de temps après, au moment de se positionner sur le soutien au nouveau gouvernement, les députés socialistes de La Réunion ont signé une tribune libre intitulée « ni godillots, ni déloyaux », puis ils ont voté la confiance.

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Où en est la prise en compte des intérêts des pauvres dans la politique de François Hollande ? (photo Toniox)

Après avoir évoqué les rapports entre le PS et ses partenaires éventuels, notamment le PCR, puis interrogé sur les causes de la crise de confiance entre le parti au pouvoir en France et la population à La Réunion, Témoignages propose une question qui a toute sa place aux États généraux des socialistes ce soir. Avant le vote de confiance à l’Assemblée nationale, une tribune libre signée par environ 200 députés PS avait affirmé son soutien à l’orientation sociale-libérale annoncée quelques jours plus tôt par une interview de François Hollande dans « le Monde », et confirmée par la reconduite de Manuel Valls à Matignon. Les 5 députés de La Réunion élus sous l’étiquette PS ont signé cet « appel des 200 ».
Rappelons que le dernier remaniement ministériel et le vote de confiance qui a suivi a eu lieu dans un contexte particulier à La Réunion.

Questions pas réglées

La tribune soulevait plusieurs problèmes.
Tout d’abord, celui de « la permanence d’une défiance a priori à l’égard de l’exécutif, qui a conduit à une mobilisation de socialistes contre d’autres socialistes ou allant jusqu’à mobiliser d’autres groupes pour battre le gouvernement. »
Ensuite, les députés socialistes annonçaient qu’ils allaient passer à l’action : « à la rentrée, nous nous saisirons des chantiers ouverts par le chef de l’État et le premier ministre sur l’emploi – des jeunes et des seniors, notamment –, sur la fiscalité des ménages modestes et des couches moyennes – donc le pouvoir d’achat –, sur l’investissement – des entreprises, mais aussi des collectivités locales. Nous agirons à chaque moment pour que les inflexions sociales en faveur des plus fragiles soient prises en compte. Nous serons au rendez-vous des grands défis de la transition énergétique et de l’adaptation de la société au vieillissement qui seront examinés par le Parlement d’ici à la fin de l’année. »
Pour finir, ils disaient leur soutien sans équivoque à la politique à venir : « le président de la République a indiqué le calendrier de cette seconde moitié du quinquennat dans son entretien télévisé du 14-Juillet. Nous nous inscrivons dans ce chemin.

Et la population ?

Un mois après la publication de cette tribune, la politique du gouvernement s’est révélée conforme au tournant vers le social-libéralisme choisie par le chef de l’État. Le budget de la sécurité sociale voit la baisse des dépenses. Quant au budget 2015, il sera encore plus marqué par le sceau de l’austérité.
Pour les socialistes demandant une inflexion de la politique du gouvernement, le message est tombé : ils viennent d’être exclus de la Commission des Affaires sociales de l’Assemblée nationale. Voilà de quoi donner un aperçu du niveau de démocratie régnant dans cette organisation.
Depuis la parution de cette lettre, les députés de La Réunion ont été très discrets quant à leurs démarches pour demander que les mesures décidées prennent en compte les revendications des pauvres. Comment expliquer cette attitude ? Godillots ou déloyaux ? Allons bon...


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