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Nicolas Sarkozy condamne les régions ultrapériphériques

Élie Hoarau révèle une menace terrible

Céline Tabou / 20 septembre 2011

Fait aberrant, Nicolas Sarkozy est le premier Président de la République française à ne pas défendre ses régions ultrapériphériques. Ce dernier s’est joint à la Chancelière allemande Angela Merkel pour demander la suspension des paiements issus des fonds structurels et de cohésion pour une période indéterminée.

Dans un courrier adressé à tous les députés européens, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ont décidé de faire des économies sur le dos des régions les plus défavorisées, plutôt que taxer les hauts revenus et les banques responsables de la crise économique et financière.
Lors d’une conférence de presse à Saint-Denis, Élie Hoarau, député européen, Maya Césari et Sylvie Mouniata ont souhaité tirer la sonnette d’alarme sur la lettre adressée aux députés par Nicolas Sarkozy et Angela Merkel. Celle-ci stipule qu’« à l’avenir, les paiements issus des fonds structurels et de cohésion devraient être suspendus dans les pays de la zone euro qui ne se conformeraient pas aux recommandations de la procédure sur les déficits excessifs. Ces changements devraient être intégrés au nouveau règlement des Fonds structurels et de cohésion qui seront proposés pour le prochain cadre financier pluriannuel ».
Prenant l’exemple des Canaries en Espagne ou les Açores au Portugal, si ces deux gouvernements ne respectent pas les critères, déjà fixés par la règle d’or du Traité de Maastricht (Interdiction d’avoir un déficit public - État et sécurité sociale - annuel supérieur à 3% du PIB), le couple Merkozy demande la suspension des fonds structurels aux régions. « Les États mènent des politiques conduisant à un déficit considéré excessif et les premiers qui payent les conséquences, ce sont les régions ultrapériphérique. Si demain, la France n’entre pas dans les clous, Nicolas Sarkozy suspendra les aides aux RUP, notamment La Réunion » a expliqué Élie Hoarau.

Objectif : «  faire des économies sur le dos des RUP  »

« C’est la première fois que l’on voit une telle chose, les RUP ont toujours eu leurs défenseurs que ce soit Jacques Chirac ou François Mitterrand, tous montés en première ligne pour défendre les RUP. Mais là, c’est une première. Un Président de la République française dit ‘‘oui, on peut suspendre les fonds structurels’’. Alors que ces fonds sont des éléments essentiels pour accompagner le développement de ces régions »
a expliqué Élie Hoarau.
Réunis jeudi 15 septembre, tous les députés européens des RUP ont protesté contre le contenu de cette lettre et décidé de répondre à Nicolas Sarkoky et Angela Merkel, à travers d’un courrier, qui sera également fourni au président du Conseil européen, Herman Van Rompuy. « D’une même voix », ils ont décidé de réagir afin d’exprimer leur désaccord face aux propos tenus par les deux piliers de l’Union Européenne : l’Allemagne et la France.
Comme l’a conclu Maya Cesari, la prochaine élection présidentielle devra permettre aux Réunionnais de faire entendre leur intérêt commun. En attendant, les yeux se tournent vers les négociations entamées par les différentes commissions concernées par les RUP et la décision finale du Conseil européen, dirigé par Van Rompuy.

Céline Tabou


La Réunion parmi les 5 meilleurs élèves de l’UE

Les fonds structurels (Fond Social Européen –FSE- et Fond Européen de développement régional –FEDER) représentent 1,9 milliard d’euros pour La Réunion, auquel s’ajoutent 900 millions d’euros fournis par l’État, la Région et le Département. Cette enveloppe budgétaire permet la construction de route, d’école, de lycée, de centre de formation mais également l’accompagnement des entreprises et le développement de la coopération avec les pays de la zone Océan Indien. Classée en RUP Objectif 1, c’est-à-dire « promouvoir le développement et l’ajustement structurel des régions en retard de développement », La Réunion fait partie des rares régions à tenir ses engagements en utilisant à « 101% » les fonds structurels octroyés. Ces fonds sont une « reconnaissance de l’Union européenne sur le rattrapage économique » dont a besoin La Réunion, a expliqué Maya Césari. Toutefois, « une épée de Damoclès sur les fonds structurels est grave, car nous n’avons pas terminé notre transition démographique et le chômage est considérable ».


« Pour la reconnaissance d’un état palestinien »

Signataire de la pétition, lancée par Hubert Védrine, président du Groupe France à l’Union européenne, Élie Hoarau a appelé à la reconnaissance d’un état Palestinien. Le député communiste a rappelé qu’en 2009, l’Union européenne avait encouragé et soutenu le processus de construction des institutions du futur État palestinien en apportant « son assistance financière et technique et en exprimant son appui politique à cet objectif ». À l’heure actuelle, « la reconnaissance par l’Union Européenne fera la différence », notamment parce que les États-Unis, puissants alliés des Israéliens ont décidé de ne pas apporter leur vote à la demande des Palestiniens. Si l’Europe revenait « maintenant sur cet engagement (se) serait faire preuve d’incohérence, de faiblesse et de manque de volonté politique ». Élie Hoarau et les signataires de la pétition indiquent que l’Europe ne peut s’opposer à cette « demande légitime des Palestiniens ». C’est pour cette raison que tous appellent les « gouvernements européens à reconnaître l’État de Palestine », le 20 septembre.


« Encourager et aider les organisations régionales africaines »

Lors de la session plénière du Parlement européen, à Strasbourg, le 15 septembre 2011, Élie Hoarau est intervenu sur la résolution du Parlement sur la famine en Afrique de l’Est. À cette occasion, le député a pointé du doigt les États qui se sont engagés à éradiquer la faim dans le monde en 2015 en signant, « sans doute pour la bonne conscience », les objectifs du Millénaire pour le développement. De plus, ce dernier a indiqué qu’il fallait mettre en avant la question de la sécurité alimentaire, plutôt que la négociation d’accords de partenariat économique avec les pays africains qui obligeraient ces derniers à ouvrir leur marché et leur intégration économique et monétaire selon les règles dictées par l’Organisation mondiale du Commerce. « La sécurité alimentaire passe par la mise en œuvre de politique agricole commune et des plans de développement durable », en effet en soutenant le partenariat entre l’Union européenne et entre autres la FAO, la PAC, notamment, pourront être renforcé, afin d’éviter sur des catastrophes humanitaires, comme c’est le cas dans la Corne de l’Afrique.



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  • Effectivement, il s’agit d’une menace sérieuse et qui était imprévisible.
    Par référence au prochain cadre budgétaire pluriannuel communautaire, à partir de 2014, les pays qui ne respectent pas les critères du Pacte européen de stabilité et de croissance pourraient être exclus des fonds structurels européens destinés aux régions ultrapériphériques.
    A titre d’exemple, les effets seront lourdement négatifs pour la région des Canaries qui perdra une dotation annuelle de 185 millions d’euros en provenance des fonds structurels européens (FEDER, FEOGA, Fonds de cohésion...). Il en résultera des surcoûts importants en matière de transport, de communication, de gestion des résidus, de services publics...ainsi qu’une réduction drastique des dotations aux infrastructures.
    Cette situation suscite une vive inquiétude dans la Comunidad, comme en témoignent les débats au sein du Parlamento de Canarias.
    Avec l’aggravation de la crise européenne, la menace pourrait se concrétiser également pour les RUP françaises. Comment dans ces conditions conduire une politique de développement cohérente ? Comment concevoir des plans de développement avec de tels aléas ?

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