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Nicolas Sarkozy en Guyane et en Martinique pour installer l’assemblée unique

Le président de la République se déplacera pour constater l’état d’avancement de son projet

Manuel Marchal / 1er février 2010

Deux mois et demi après le Conseil interministériel sur l’Outre-mer, la Martinique et la Guyane ont dit "oui" à l’assemblée unique proposée par le chef de l’État. Au lendemain du vote, Nicolas Sarkozy annonce qu’il se rendra « très bientôt » dans ces deux collectivités pour discuter avec les Martiniquais et les Guyanais de « la suite du processus ». Dans ces deux Départements d’Outre-mer, le chef de l’État viendra voir sur le terrain l’application de son concept de "développement endogène" sur lequel il demande à chacun de se concentrer désormais.

Dimanche 24 janvier : les électeurs de la Martinique et de la Guyane votent pour fusionner la Région et le Département en une assemblée unique. Le "oui" l’emporte très largement. Le lendemain, un communiqué de l’Élysée se félicite de ce résultat, et le 25 au soir, devant les caméras de TF1, le président de la République annonce qu’il se rendra « très bientôt en Martinique et en Guyane pour envisager avec eux la suite du processus ».
« Je me réjouis de leur choix parce qu’il anticipe la réforme territoriale », a-t-il poursuivi. « Ils ont dit, dans le fond, sur des territoires comme les nôtres, on sera mieux représenté si on fait la fusion des Départements et des Régions au service d’une collectivité unique. Je suis très heureux de ce choix », a-t-il dit.
Deux consultations ont eu lieu successivement dans ces deux départements. La première interrogeait sur la possibilité d’être une collectivité gérée dans le cadre de l’article 74 de la Constitution, comme la Polynésie ou Saint-Pierre et Miquelon, et non plus l’article 73. Mais quand les électeurs se sont prononcés, ils savaient qu’en cas de victoire du "non" aurait lieu deux semaines plus tard un scrutin les consultant sur la transformation des deux collectivités en assemblée unique.

« La Guyane et la Martinique en avance sur la métropole »

La sortie du cadre de l’article 73 a été refusée, et deux semaines plus tard, c’est le "oui" à l’assemblée unique qui l’a emporté. Au lendemain du premier vote, le président de la République a déclaré prendre acte « de la réponse négative claire ». « Ce choix traduit l’attachement des Guyanais et des Martiniquais à un statut qui soit proche de celui des collectivités de Métropole, réaffirmant ainsi le lien étroit qui les unit à la République », avait-t-il indiqué dans un communiqué. Deux semaine après, le ton n’est plus le même, le chef de l’État se réjouit du choix fait par les électeurs de ces deux collectivités. Et il va même plus loin quand il dit dans un communiqué qu’il « souhaite saluer ce choix, qui place la Guyane et la Martinique en avance sur la métropole, allant un pas plus loin que la réforme des collectivités locales actuellement en examen au Parlement ». Ce communiqué annonce la feuille de route : le chef de l’État « appelle donc chacun, comme il l’a rappelé lors de ses vœux à la France d’Outre-mer le 19 janvier dernier, à se concentrer dorénavant sur la question du développement économique endogène pour que ces deux Départements puissent tirer le meilleur de leur formidable potentiel. Il mettra tout en œuvre pour les accompagner dans cette voie, conformément aux engagements pris lors du Conseil Interministériel de l’Outre-mer ».

Didier Robert et Jean-Paul Virapoullé ?

À la différence du président de la République, Didier Robert et Jean-Paul Virapoullé sont totalement silencieux. Pourtant, quelques jours avant la consultation sur l’assemblée unique, le chef de l’État était en visite à La Réunion où il a prononcé ses vœux à l’Outre-mer, et il a donc rencontré Didier Robert et Jean-Paul Virapoullé. Qu’attendent donc ces derniers pour expliquer à l’opinion le soutien de Nicolas Sarkozy à l’assemblée unique ?
Lorsque l’on remonte dans l’Histoire, un autre gouvernement avait tenu compte de propositions faites par les forces vives de l’Outre-mer pour rétablir l’assemblée unique. Ce gouvernement avait donc inscrit l’assemblée unique comme mode de gouvernance dans les Départements d’Outre-mer. C’était en 1982. Cette proposition avait été combattue par Jean-Paul Virapoullé et ses amis. 27 ans plus tard, c’est un gouvernement soutenu par Jean-Paul Virapoullé et Didier Robert qui intègre l’assemblée unique dans son modèle de développement pour l’Outre-mer.
Cette décision s’appuie sur le même constat qu’il y a 27 ans : l’application mécanique outre-mer des décisions prises à Paris pour un pays de 60 millions d’habitants situé en Europe n’est pas le meilleur moyen de sortir de la crise. La seule différence entre les deux situations, c’est qu’il y a 27 ans, le gouvernement n’était pas du même bord politique que Jean-Paul Virapoullé. Voilà donc jusqu’où peut conduire le sectarisme partisan : retarder de 27 ans l’application de l’assemblée unique en Martinique et en Guyane.

Manuel Marchal


Lutte contre le chômage

Les mêmes décisions ne produisent pas les mêmes effets

Selon que l’on se situe à La Réunion ou en France, les décisions prises pour lutter contre le chômage ne produisent pas les mêmes effets.

Les derniers chiffres du chômage ont de nouveau montré la différence qui sépare La Réunion de la France. Alors qu’en France, les mesures prises ont débouché sur une baisse du nombre de chômeurs en décembre dans la "catégorie de référence", le contraire a été observé à La Réunion. Et pour ce qui concerne la hausse du chômage en 2009, elle a été plus rapide à La Réunion qu’en France, alors que La Réunion a un taux de chômage à l’origine trois fois plus élevé à celui de la France.
Lors de sa dernière visite en Martinique pour participer aux États généraux de l’Outre-mer, le président de la République avait qualifié un taux de chômage de plus de 20% de description du statu quo.
La situation est tellement grave que même à Paris, il est affirmé au plus haut niveau que la situation doit forcément bouger.


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