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Non-cumul des mandats : « au peuple de s’emparer du débat »

Campagne de l’AJFER-Nou lé Kapab

Céline Tabou / 2 mars 2013

De nombreux représentants du gouvernement ont fait part de leurs opinions sur la prochaine loi contre le cumul des mandats et notamment son année d’application. L’AJFER a lancé le 4 février une campagne contre le cumul des mandats intitulé “Le choix, c’est maintenant”, après une première vague d’affiches roses dans toute l’île, un second collage est prévu dans les semaines à venir.

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À cette occasion, Gilles Leperlier, président de l’Alliance des Jeunes pour la Formation et l’Emploi à La Réunion-Nou lé kapab, a appelé la population à s’emparer du débat, particulièrement à La Réunion, où la tension sociale impose la présence des élus sur le terrain afin de répondre aux attentes des citoyens.

La clé est la mobilisation citoyenne

La dégradation de la situation économique et sociale à La Réunion demande une assiduité et une présence constante des élus au sein de la population, a expliqué Gilles Leperlier. En effet, aujourd’hui la défiance envers les représentants politiques s’accroit d’année en année, selon une enquête IFOP de novembre 2012, 91% des personnes interrogées estiment que «  le cumul des mandats empêche l’élu de se consacrer pleinement à ses mandats et favorise l’absentéisme ». L’absence de certains élus est particulièrement remarquée lors d’évènements majeurs dans la société, comme les récentes manifestations pour l’emploi. Les élus porteurs de la voix du peuple devraient être présents à ses côtés et tenter de trouver des solutions efficaces et viables pour résoudre les problèmes.

Leur absence — ajoutée à une représentativité biaisée, car peu de jeunes et de femmes accèdent à la mission d’élus — ne fait que peser sur la démocratie et sur une société plus juste, ont dénoncé les membres de l’AJFER-Nou Lé Kapab. En effet, le non-cumul peut dégager un certain de postes à responsabilité permettant à des jeunes, à des femmes et à des personnes sans emploi, d’occuper des fonctions valorisantes et à plein temps. Les Réunionnais auraient alors le moyen de faire entendre leurs voix au sein des instances de décisions et de peser dans la politique réunionnaise et nationale : « Au peuple de s’emparer du débat », a lancé Gilles Leperlier.

Mais d’ici là, un projet de loi doit être publié. Selon Alain Vidalies, ministre des Relations avec le Parlement, le texte sur le cumul des mandats sera présenté en Conseil des ministres le 27 février ou le 6 mars 2013. Le ministre est resté incertain sur la date de son vote, car le texte sera examiné par le Parlement «  vraisemblablement plutôt au mois de juillet  ». Cette cacophonie met en évidence un malaise au sein de la majorité présidentielle, pour qui le non-cumul devra se faire soit en 2014, soit en 2017.

« Dépasser les considérations politiciennes »

Gilles Leperlier a rappelé les propos du Pr. Ferdinand Melin-Soucramanien, lors de sa conférence que “La Commission Jospin : bilan et perspectives”, indiquant que les «  parlementaires n’ont pas participé à la Commission Jospin, car ils ne pouvaient pas se tirer une balle dans le pied  ». Dans la suite des propositions de la Commission Jospin, l’AJFER-Nou Lé Kapab appelle à une application «  à compter des prochaines élections locales  ».

La polémique gonfle au sein même de la majorité, car un groupe de parlementaires a appelé le président de la République François Hollande, à appliquer la mesure du non-cumul des mandats dès 2014, à l’instar d’Harlem Désir, secrétaire national du PS. De leurs côtés, le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls et le président de l’Assemblée nationale, Claude Bartolone, ont plaidé pour une application en 2017. À La Réunion, le député socialiste, Jean-Jacques Vlody penche « plutôt pour 2017 » et la porte-parole du gouvernement, également ministre du Droit des Femmes, Najat Vallaud-Belkacem, en visite à La Réunion, a évoqué une application «  au cours du quinquennat  ».

Dans un tel contexte de déclarations contradictoires, le président de l’AJFER-Nou Lé Kapab appelle les parlementaires, le gouvernement ainsi que le président de la République «  à dépasser les considérations politiciennes et pour une fois, de voir en premier lieu, l’intérêt de la population dans l’attente quasi désespérée d’une meilleure démocratie  ». De plus, l’organisation interpelle à nouveau les parlementaires réunionnais pour qu’ils votent la loi et qu’ils se positionnent pour son application immédiate.

« Alors que le candidat à la présidentielle, aujourd’hui président de la République ainsi que le Parti socialiste a à plusieurs reprises évoqué une entrée en vigueur dès 2014, les choses semblent aujourd’hui moins précises » , a expliqué Gilles Leperlier. En effet, l’application du non-cumul des mandats serait effective soit en 2014, soit en 2016, soit en 2017, « les cumulards ont encore de belles années devant eux ! » . Pour conclure, le jeune homme a indiqué que « le président de la République n’a pas encore tranché sur la question. Ce sera notamment l’un des enjeux de la mobilisation des citoyens » .

Céline Tabou


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