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Nou tyinbo

Geoffroy Géraud-Legros / 6 octobre 2012

C’est la formule qui pourrait résumer le rassemblement qui s’est tenu à La Rivière, réunissant des militants issus de toutes les sections de l’île. Avec près de 1.500 participants, cette Assemblée extraordinaire de la reconstruction montre qu’à l’évidence, ceux qui avaient déjà enterré le PCR en sont pour leurs frais. Et pour cause : il serait vain de croire que l’on peut, d’un trait de plume et par une élection, effacer plus d’un demi-siècle de combats et de victoires qui ont changé la face de notre pays. C’est à cet acquis immense qu’a rendu hommage le secrétaire général, Elie Hoarau, et c’est avec sagesse et détermination qu’il a annoncé le passage de témoin. 
Autre acquis de cette journée : la certitude que l’on peut parler de tout, même si tout n’a pas encore été dit, et encourager un libre droit de critique... Un droit qui, bien entendu, s’exerce dans un état d’esprit fraternel et dans la volonté de construire. « Seule la vérité est révolutionnaire » : renouer avec cet adage fondamental du mouvement social, affirmer les vertus du courage et du libre examen, telles sont les valeurs portées par les acteurs de la reconstruction. Mais l’heure n’est pas à l’autosatisfaction. La journée du 30 a, certes, confirmé l’intuition de départ : les fondations sont solides, et ces fondations, ce sont certes les valeurs, mais ce sont surtout ces centaines de militantes et militants rassemblés. 
Mais la tâche demeure immense : faire comprendre que l’enjeu de la reconstruction du parti doit coïncider avec la construction du pays. Que les grands projets à long terme, qui sont la marque du PCR, ne s’opposent pas aux programmes sociaux et à la réponse à l’urgence sociale. Que le combat pour l’emploi est aussi un combat contre la précarité. Que la lutte pour la justice des prix est complémentaire de celles que mènent les travailleurs pour leur pouvoir d’achat. Que l’écologie est une condition du développement, et non une doctrine qui s’oppose à lui. Que la valorisation du patrimoine, de l’identité et de la culture réunionnaise, marche avec la modernisation de notre pays ! Que notre implication active dans les relations au sein de l’océan Indien ne peut que nous renforcer aux yeux de l’Europe. En clair : il reste à donner un sens, un sens vivant à nos déclaration et à nos programmes. C’est ce défi qu’il faut relever, devons dans l’optique du 8e Congrès.

Geoffroy Géraud Legros


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