Actualités

« Nous sommes à la veille de la certitude d’un changement considérable »

À 16 jours de la présidentielle, conférence de presse du PCR

Témoignages.re / 7 avril 2012

Lors d’une conférence de presse organisée hier par le Parti Communiste Réunionnais, Élie Hoarau, secrétaire général du PCR, et Paul Vergès, co-fondateur du Parti, ont tiré les enseignements de la visite de Nicolas Sarkozy, candidat de l’UMP, et ont évoqué quelques perspectives. Le PCR appelle à anticiper le changement pour que les années à venir puissent permettre de sortir le pays de la crise.

Après le bilan des propositions de Nicolas Sarkozy dressé par Élie Hoarau, Paul Vergès a donné quelques compléments d’analyse. Le sénateur constate tout d’abord que jamais un candidat n’est venu accompagné par autant de ministres : le ministre de l’Économie, la ministre de l’Outre-mer, le ministre de l’Emploi, les deux derniers ministres de l’Environnement et un ancien ministre de l’Outre-mer. Jamais un tel déploiement de policiers n’avait accompagné la visite d’un candidat : 250 gendarmes dans l’avion, plus de gendarmes que de gens pour accueillir Sarkozy à l’aéroport. « On est entré dans la dernière phase de la bataille. On voit l’inégalité des moyens utilisés », affirme Paul Vergès.
Et quand un jeune redit à Sarkozy une phrase qu’il a prononcée dans le cadre de ses fonctions de président de la République, il est mis en garde à vue.
Le co-fondateur du PCR relève aussi les approximations du discours du candidat. Ainsi, pour ne pas toucher aux privilèges des pétroliers, Nicolas Sarkozy propose de demander la remise en cause des normes européennes pour qu’il soit possible d’acheter du pétrole dans la région. De tels propos sortis de la bouche d’un chef d’État d’un des pays les plus puissants d’Europe sont inimaginables. C’est la panique du côté de l’UMP face à la dynamique de l’opposition.

La rénovation politique

Avec le changement se pose alors la question de la relève politique.
« Nous avons une situation où ceux qui vont gagner ont approuvé notre programme, et les autres ne font que l’évoquer tout le temps », constate Paul Vergès, « c’est ce vide chez l’adversaire qui fait peur ».
Le co-fondateur du PCR rappelle l’exemple d’un autre pays où tout était à reconstruire. En France, pendant la guerre, il y eut le programme du Conseil national de la résistance, et les membres du CNR ont été la relève politique de la Libération. « Pourquoi n’y a-t-il pas ici ce sursaut ? »
« Nous sommes à la veille de la certitude d’un changement considérable », poursuit Paul Vergès, « pourquoi n’y a-t-il pas des voix qui s’expriment pour dire : "nous n’allons pas laisser à l’Alliance et PCR le monopole de la rénovation politique à La Réunion ?" ».
Car les 15 prochains jours vont être marqués par l’accélération des événements. Pour le PCR, un duel serré se prépare au second tour avant un raz-de-marée des forces du changement au second tour, « et le monde politique réunionnais va se réveiller en se disant qu’est-ce qu’on fait ? ».
Jamais des responsables politiques réunionnais n’ont été face à de telles responsabilités, car le changement ouvre une période de 10 ans pendant lesquels la densité de travail sera énorme pour sortir de la crise.

M.M.


« À 16 jours de la première étape de ce changement »

La Réunion est en récession depuis 2 ans, et la politique de casse mise en place par la Région n’est pas étrangère.
Au moment de faire un choix, le PCR appelle à tourner la page de cette politique désastreuse et d’aller vers le changement. « Nous sommes à 16 jours de la première étape de ce changement », rappelle Élie Hoarau.


Les réserves de Sarkozy reculent

Paul Vergès a apporté un éclairage sur la campagne présidentielle. Le premier tour est dans deux semaines, en tête les deux principaux favoris se tiennent en quelques points. Mais derrière les deux premiers, les réserves de voix ont changé. « Les espoirs de Le Pen et Bayrou ont échoué », constate Paul Vergès. Pour sa part, Sarkozy fait déjà le plein des différents courants de la droite, car il a déjà le soutien de Christine Boutin, d’Hervé Morin (Nouveau Centre), Jean-Louis Borloo (Parti radical valoisien)
Les réserves éventuelles de Sarkozy ne progressent pas et reculent. Et il n’arrive pas à décrocher son principal adversaire, François Hollande.
Du côté du principal challenger du président sortant, un candidat est en pleine dynamique de rassemblement, c’est Jean-Luc Mélenchon. Au deuxième tour, c’est là que sera l’apport décisif qui fera gagner le changement.
À La Réunion, cette tendance est encore plus forte. Paul Vergès cite les chiffres d’un sondage paru dans la presse, François Hollande est crédité de 39%, Nicolas Sarkozy de 24%, Jean-Luc Mélenchon 12,5%. « L’opposition a déjà la majorité », note Paul Vergès, et La Réunion représente la moitié des votants de tout l’Outre-mer.


« On parle de l’autonomie partout »

Élie Hoarau constate que « depuis quelque temps on a jamais autant parlé d’autonomie, de coopération avec les pays voisins ». Autonomie énergétique, autonomie alimentaire, ce sont « des thèmes que nous avons défendus depuis des dizaines d’années. Cela nous a valu des poursuites, des condamnations. Paul Vergès a été déféré devant la cour de sûreté de l’État pour avoir parlé de l’autonomie alors que tout le monde dit maintenant que c’est la solution ».
« Nous avons eu raison 30 ans avant les autres », ajoute Élie Hoarau, « on ne voit pas comment sortir de la dépendance sans l’autonomie énergétique ». Et de rappeler qu’« il était subversif d’évoquer la coopération régionale ».
Paul Vergès revient sur cette période de répression : « j’ai parlé de l’autonomie en tant que directeur de "Témoignages", le journal a été saisi 43 fois et j’ai été déféré à la Cour de sûreté de l’État ».
Il rappelle que pour sa défense, il s’est appuyé sur l’application de la Constitution par le président de la République de l’époque, le général de Gaulle. La Constitution précisait que l’Algérie était intégrée à la France. Or, de Gaulle s’est appuyé sur la Constitution pour proposer l’autonomie à l’Algérie, un changement de statut à l’intérieur de la République, il a ensuite organisé un referendum en France puis en Algérie sur la question du statut.
Cette défense a valu un non-lieu à Paul Vergès, elle a entraîné également la reconnaissance de l’innocence des Martiniquais et Guadeloupéens déferrés devant la même juridiction pour les mêmes motifs.
« Aujourd’hui, on parle de l’autonomie partout. C’est le renversement », conclut Paul Vergès.



Un message, un commentaire ?



Messages






  • J’ignorai que Paul Vergès avait été déféré devant la Cour de sûreté de l’Etat pour avoir parlé d’autonomie.
    Il faut reparler de ces événements car évidemment l’autonomie est la seule voie d’avenir pour la Réunion.

    Article
    Un message, un commentaire ?






    • "J’ignorai que Paul V.....", ainsi commence la phrase de votre commentaire à plus d’un titre. Voilà comment un verbe quand il est utilisé, ici "ignorer" annule ou annihile l’état de tout ce qui suit : c’est à dire "l’ignorance" dans laquelle l’accoutumance nous rendra jamais cette "auton(ome-h)omie".
      traduction : (Familier) Ami, pote sans problème, manière sachant ne pas dépendre de quiconque.
      Il n’empêche que la gomme étatique, politique, médiatique, bureaucratique, pire historique n’y pourra rien face au résultat des urnes de demain.
      Autonomie ou autre appellation, elle ne peut être que du genre humain.

      Article
      Un message, un commentaire ?


Kanalreunion.com