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Nouveaux arguments décisifs contre la route en mer dite NRL dans le JIR

Le PCR, l’Alliance et les partisans d’une alternative au projet de NRL confortés dans leur combat

Manuel Marchal / 8 avril 2015

Le « Journal de l’île » d’hier fait sa une sur un dossier de deux pages sur l’érosion du littoral. Il contient de nombreux arguments pouvant être utilisés contre la nouvelle route en mer dite nouvelle route du littoral ou NRL, un numéro à conserver. Si jamais il ne cite le nom de la nouvelle route en mer, la parution d’un tel dossier dans le JIR interpelle.

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« Erosion : le littoral recule dangereusement ». « Le phénomène menace infrastructures et bâtiments, nos plages pourraient disparaître… Vingt-cinq sites côtiers sont sous surveillance ».

Ce n’est pas la une de Témoignages mais bien la une du « JIR » d’hier sur laquelle sont inscrites ces phrases en gras. Elles invitent le lecteur à se plonger dans un dossier de deux pages.

Dans ce dernier, un article sur le recul de la côte, avec l’exemple du Port : 230 mètres perdus en 50 ans. Une interview d’un responsable du BRGM. Un article sur le littoral de Saint-Denis constamment attaqué par la houle, un autre sur les dégâts des vagues à Champ Borne et un zoom sur la plage de l’Ermitage menacée de disparaître.
Parmi tous ces textes, citons un extrait de l’interview de Eric Chateauminois, ingénieur au BRGM, en charge de l’érosion côtière. Interrogé sur l’impact de l’érosion marine sur les infrastructures, voici sa réponse :

« L’installation de tétrapodes ou de blocs BCR, comme sur certains sites stratégiques comme l’aéroport est extrêmement coûteuse. La construction d’ouvrages dans les règles de l’art et dimensionnés pour supporter nos conditions de mer extrêmes nécessite également de lourds investissements. Et tout cela a un fort impact paysager.

Aujourd’hui, des réflexions sur le recul stratégique des aménagements sont bien avancés en métropole. Il faut l’envisager.

Sur le lido de Sète à Marseillan, où une route de 12 km était posée, le choix a été fait de reconstruire la voie en arrière, de réensabler le site et d’immerger des systèmes géotextiles pour briser les fortes houles ».

Conclusion de l’article principal du dossier du JIR :

« la question politiquement et économiquement brûlante, demeure en suspens à La Réunion. D’autant que les changements climatiques sont en embuscade. Avec la hausse du niveau des océans (entre 60 cm et un mètre d’ici 2100), couplée à une augmentation des phénomènes extrêmes (cyclones et houles) voire par endroit une hausse de la pluviométrie, l’érosion, déjà très active, a de très fortes chances de s’amplifier ».

Bref, la messe est dite.

La NRL à l’opposé de tout

Notre confrère ne va pas jusqu’à citer le projet de nouvelle route en mer, pourtant il est clair que la nouvelle route du littoral sera soumise à l’érosion de la mer. Elle concentre à elle seule tous les problèmes cités, et elle va à l’encontre du recul stratégique nécessaire mis en évidence par Eric Chateauminois du BRGM. Alors qu’ailleurs dans le monde, la priorité est d’éloigner les infrastructures stratégiques de l’océan, à La Réunion c’est exactement le contraire : on éloigne la route dans la mer et pas n’importe laquelle, c’est l’océan Indien et ses cyclones très intenses. C’est la marche du somnambule vers le précipice.

Le dossier du JIR contient donc une mine d’arguments pour démontrer le danger du projet de nouvelle route en mer. La parution de ces articles dans ce média interpelle. Voilà de quoi conforter le combat mené par le PCR, l’Alliance et les organisations engagées pour un projet alternatif à la NRL.


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