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Nouveaux rabotages en vue

Budget 2011

Geoffroy Géraud-Legros / 8 février 2011

A l’approche des élections cantonales, la ministre UMP tente de se démarquer de la politique de rigueur prônée par le FMI, pourtant jusque-là appliquée par son gouvernement…

Christine Lagarde ne restera pas dans l’histoire économique pour la justesse de ses estimations. Tablant sur un « gros 1,6% » de croissance pour 2010, la ministre de l’Économie et des Finances concédait le 16 janvier dernier que la croissance n’avait pas dépassé 1,4%. « Pas pessimiste par tempérament » selon ses propres termes, Mme Lagarde veut croire à une amélioration pour 2011... et a vertement critiqué les propos peu rassurants tenus à Singapour le 1er février dernier par Dominique Strauss-Kahn. Invité dans le cadre d’une conférence consacrée à "l’Asie dans le climat de l’économie mondiale", ce dernier affichait un pessimisme certain, voyant un facteur majeur de crise dans le clivage qui, selon lui, divise le monde entre des pays émergents proches de la « surchauffe » et la faible croissance des vieux pays industriels.
Une coupure dont, d’après Dominique Strauss-Kahn, la première victime sera la jeunesse. « Nous sommes face à la perspective d’une génération perdue de jeunes, destinée à souffrir toute leur vie d’une détérioration des conditions sociales et du chômage », a déclaré le patron du FMI, qui n’envisage qu’un seul remède : toujours plus de libéralisme, de dérégulation... et pointe du doigt « le protectionnisme commercial et financier ».

Lagarde noie le poisson

Des déclarations guère appréciées par Christine Lagarde, pour qui Dominique Strauss-Kahn « crie au loup ». « Tout va très bien Madame la Marquise » du côté de Paris, discours alarmiste à Washington : opposés en apparence, ces deux prises de position recouvrent à l’examen, des deux côtés de l’Atlantique, la même volonté de « raboter » en 2011 plus durement encore qu’en 2010. La seule différence est que le parti de Mme Lagarde, qui partage en temps normal les convictions ultra-libérales de Dominique Strauss-Kahn doit affronter un scrutin cantonal qui, à l’instar des Régionales de l’année dernière, a toutes les chances d’exprimer un rejet en bloc de la politique présidentielle. Confronté à une crise sociale montante qui frappe jusqu’à la fonction publique régalienne, l’exécutif apprécierait donc que le dirigeant du FMI se dispense de donner corps aux rumeurs persistantes qui annoncent de nouvelles séries de coupes dans les budgets publics…

Geoffroy Géraud-Legros


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