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Nouveaux rebondissements après le G20 de Cannes. L’Italie entre en scène…

Témoignages.re / 14 novembre 2011

Le sommet mondial du G20 s’est achevé sur les assurances tranquillisantes du tandem Sarkozy-Merkel : la Grèce, et par conséquent la zone euro, était, assurait-on une nouvelle fois « en voie de sauvetage ».

Presque immédiatement, la question de la dette italienne qui est venue tout bouleverser. Et les conséquences s’annoncent infiniment plus dommageable à ce qu’on dit être « l’équilibre » de la monnaie unique.

La dette grecque, c’est 350 milliards euros. Celle de l’Italie pointe à… 1.900 milliards d’euros, soit 500 % de celle de la République hellénique. C’est gigantesque ! Et, il est évident que le remède appliqué à la Grèce, bien parti pour tuer le malade, ne sera d’aucune efficacité pour l’Italie.

Avec la dette de l’Italie, l’échelle du problème est bien différente. Car, même la liquidation de la totalité du Fonds de Stabilité Européen qui s’élève a 450 milliards d’euros au profit de ce pays, serait, ont le voit bien, dérisoire pour faire à un éventuel désastre.

Chacun comprend donc qu’en cas de défaut de paiement des ses emprunts bancaires, l’Italie créerait une réaction en chaîne qui, par effet domino, entraînerait, l’effondrement de toutes les économies européennes déjà fragiles comme celles du Portugal, de l’Espagne.

Pourtant, l’Italie, qui faut-il le rappeler est la 7ème économie mondiale, n’affiche pas les résultats les plus catastrophiques de la zone euro. Loin de là.

Un récent rapport de Anne Cheyvialle nous apprend que « … La péninsule a dégagé un excédent primaire cette année. En 2010, elle a enregistré un déficit public de 4,6% du PIB, contre 6,2% pour la moyenne de la zone euro, 4,3% pour l’Allemagne et 7,1% pour la France ».

La France, 5e puissance mondiale, est dans le collimateur des agences de notation et des institutions financières internationales. Elle affiche entre autres un déficit public supérieur de 2.5 points à celui de son voisin italien, et serait, à l’évidence, parmi les premières à payer le prix fort de l’insolvabilité de l’Italie.

D’une part, parce qu’elle détient pour plus de 100 milliards d’euros de dette italienne. D’autre part, du fait d’une dette financière astronomique de 1.700 milliards euros (+7% du PIB). Dont les 2/3 sont la conséquence de choix politiques.

À en croire certains économistes, la décennie à venir sera, du côté occidental, dominée par l’impératif de la dette. Nous en avons donc — au moins — jusqu’en 2022.

De sorte que la résorption de l’endettement s’étalerait, dans le meilleur des cas, sur les deux prochains mandats présidentiels…

Mais aujourd’hui, qui peut croire que la désignation de deux nouveaux chefs de gouvernement, en Grèce et en Italie, contribuera à changer profondément et durablement la situation, dans ces pays et dans la zone Euro ?

Pas grand monde, à part une poignée de naïfs et d’intéressés… parce qu’il est évident que, chacun dans leur style, ces gouvernants garderont le même cap idéologique que leurs prédécesseurs.

Cette constance dans l’erreur a deux limites : tout d’abord, il est illusoire de croire qu’il est possible de pressurer indéfiniment les populations, arguments culpabilisants à l’appui culpabilisant. Ensuite, le sacrifice des populations pour tenter de sauver des mécanismes financiers incontrôlables serait un crime contre les générations présentes et à venir.

Face à l’ampleur de cette « crise de la dette », la population réunionnaise n’est pas épargnée. Elle ne le sera pas. Elle paiera le prix fort. Les collectivités locales vont continuer de voir leurs moyens diminuer ; les élus auront de moins en moins les moyens d’accomplir leur mission et de réaliser leurs ambitions. Ils risquent alors d’être les victimes expiatoires de l’exaspération de la population.

C’est pourquoi, à moins de sous-estimer très gravement les dangers et de regarder ailleurs, il est devenu urgent de proposer des solutions réunionnaises responsables, qui tiennent, enfin compte, de la réalité dans laquelle nous vivons tous.

Pour ce faire et après un premier appel à la résistance, à tous ceux qui refusent cet ordre inique des choses, en se saisissant de l’espoir, j’invite à un « nouveau rassemblement » pour que s’instaure un débat, au-delà des querelles et des polémiques.

Cette invitation fait également écho à ce que nous a légué ce « diable de prêtre », ce militant politique, culturel, social qu’était René Payet pour lequel un hommage émouvant “kabar fon kèr” lui a été rendu le samedi 12 novembre à Saint-Louis au cimetière du père Lafosse.

Yvan Dejean
Membre du Secrétariat du PCR


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