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Nouvelle manœuvre de Didier Robert

Une mission prolongée pour éviter une défaite de l’UMP à une élection

Manuel Marchal / 10 novembre 2010

Le Quotidien d’hier annonce à sa "une" la prochaine nomination de Jacqueline Farreyrol au poste de députée à la place de Didier Robert. Ayant trois mandats alors que la loi n’en permet que deux, le président de Région a donc manœuvré pour que l’UMP ne soit pas obligé d’être confrontée au verdict des urnes. Ce genre de procédé est une constante pour cet élu.

"Le Quotidien" d’hier éclaire sur une attitude constante de Didier Robert : celle de manœuvrer pour éviter à l’UMP une élection que le parti de Nicolas Sarkozy a de grandes chances de perdre.
Lors de son élection en tant que conseiller régional, Didier Robert est frappé par la loi sur le cumul des mandats. En décidant d’être le président de la collectivité, ce membre du bureau politique de l’UMP était dans une position encore plus inconfortable au regard de la loi : maire du Tampon, député et président de Région.
Non seulement Didier Robert avait trois mandats au lieu de deux permis par la loi, mais en plus il était à la fois maire et président de collectivité locale, ce qui est aussi interdit par la loi. Sur ce dernier point, le président de Région allait réaliser une première manœuvre : devenir premier adjoint au lieu de maire. Car Didier Robert n’a pas voulu démissionner du Conseil municipal.
Le Tampon est une ville de 60.000 habitants, et le travail ne doit donc pas manquer pour un premier adjoint au maire. Et cela ne doit pas faire oublier qu’en cas d’absence du maire, c’est le premier adjoint qui doit logiquement remplir ces fonctions.
Pour le mandat de député, le président de la Région a fait le choix de ne pas démissionner, et donc de continuer à cumuler trois mandats. Pour justifier cette manœuvre, Didier Robert a profité d’un recours déposé contre l’élection du Conseil régional. Mais en attendant, c’est bien une seule personne qui cumule trois mandats. Si la loi limite le cumul à deux mandats, c’est bien parce que physiquement il n’est pas possible de remplir correctement autant de fonctions. Didier Robert l’a d’ailleurs avoué jeudi dernier à la séance plénière de la Région pour justifier ses nombreuses absences. Il a en effet expliqué qu’il n’est pas nécessaire de siéger à l’Assemblée nationale pour faire avancer les choses.
Mais le temps passe, et Didier Robert ne peut plus tenir longtemps ses trois mandats. Il a donc décidé d’abandonner celui de député, mais l’UMP ne veut pas d’une élection partielle que le parti de Nicolas Sarkozy a de grandes chances de perdre. Aux dernières régionales, Didier Robert était en effet minoritaire dans sa circonscription.
En sollicitant le maintien de sa mission au gouvernement UMP, le président de la Région fait une nouvelle manœuvre qui prive les Réunionnais de la possibilité de choisir un parlementaire, mais permet à l’UMP de ne pas en perdre un.

M.M.


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