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Nouvelle polémique lancée par le gouvernement

Destitution de la nationalité française

Céline Tabou / 2 août 2010

Après la burqua et l’affaire Woerth, c’est une nouvelle polémique qui est placée sous les feux de l’actualité à l’initiative du gouvernement. Pendant ce temps, les médias dominants ne consacrent pas au débat sur l’avenir des retraites ou sur le financement des collectivités territoriales la place minimale que ces dossiers essentiels exigent.

Le ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux, a déclaré au “Parisien”, dimanche 1er juillet, « une guerre nationale » aux délinquants, à la suite de l’initiative présentée par Nicolas Sarkozy, samedi 30 juillet à Grenoble, de déchoir de la nationalité française toute personne d’origine étrangère « qui porterait volontairement atteinte à la vie d’un policier, d’un gendarme, d’un militaire ».
Cependant, Brice Hortefeux surenchérit avec la destitution de la nationalité française « en cas d’excision, de traite d’êtres humains ». Le gouvernement durcit donc le ton, et relance le thème de l’insécurité, en vue des élections présidentielles à venir.
Ces nouvelles dispositions devraient être évoquées dans le projet de loi sur la sécurité intérieure qui sera examiné au Sénat le 7 septembre, et dans celui sur l’immigration, présenté « en septembre à l’Assemblée » par Eric Besson.

Le Front National applaudit

En avril dernier, Brice Hortefeux avait souhaité que la nationalité française soit retirée à Lies Hebbadj, « soupçonné de polygamie, de fraude aux prestations sociales et d’avoir fait appel au travail illégal », explique FranceInfo. Le ministre de l’Intérieur, condamné pour injure raciale, confirme cette volonté de retirer la nationalité française à certaines personnes.
Le Front National salue cette initiative élyséenne, bien qu’elle dénonce l’absence de mise en application de la politique sécuritaire du gouvernement. Bruno Gollnisch explique que le FN est « depuis des années le seul à sonner l’alarme et à dénoncer les graves déséquilibres sociaux engendrés par la folle politique d’immigration massive et incontrôlée, mais orientée vers le communautarisme ».

Une mesure injuste et stigmatisée

Le Parti Socialiste dénonce des discours renvoyant « aux heures les plus sombres de notre Histoire », « ceux des années 1930 destinés à attiser la haine contre les étrangers », précise la Ligue des droits de l’Homme.
Cependant, comme l’explique le secrétaire national du Parti Socialiste en charge de la Sécurité, Jean-Jacques Urvoas, le gouvernement veut créer « deux catégories de Français ». « Il y a des règles qui sont valables pour tous les Français. On n’est pas Français d’origine étrangère, il n’y a pas les Français depuis longtemps et puis les Français depuis pas très longtemps », explique-t-il. Noël Mamère, député-maire Verts de Bègles, ajoute : « M. Le Pen et sa fille n’ont plus besoin de parler, la copie parle à leur place. On a le sentiment que le président de la République ne sait plus quoi inventer pour reconquérir son électorat perdu ».

Masquer le débat de fond

Le gouvernement est affaibli par plusieurs polémiques, dont la dernière sur Eric Woerth, ministre du Travail, en charge de la réforme des retraites, et son supposé conflit d’intérêt dans l’affaire Bettencourt. Le gouvernement tente de masquer les débats de fond, comme le plan de rigueur, la réforme des collectivités territoriales, et le plus important : la réforme des retraites.
Se voyant dépassé par ses affaires, et voyant qu’il perd la main sur la réforme des retraites, le gouvernement joue sur les peurs : insécurité, immigration... Nicolas Sarkozy tente de déplacer le débat pour faire oublier ses échecs et incartades : l’UMP perd massivement aux Régionales, la contestation s’amplifie, la rentrée sociale prévoit d’être tendue.

Céline Tabou


Kanalreunion.com