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Nouvelle route du littoral : plus de matériaux pour continuer

Les roches de Madagascar ne viendront pas alors que « 200.000 tonnes par mois » sont nécessaires

Témoignages.re / 21 octobre 2015

Selon l’Express de Madagascar, toute exportation de roches à destination de La Réunion pour les besoins de la nouvelle route du littoral est désormais impossible, car la carrière est à l’arrêt. L’entreprise sera remboursée pour les fonds qu’elle a engagés. Après la suspension de l’ouverture d’une méga-carrière indispensable à la poursuite du projet de NRL, l’alternative malgache est maintenant impossible. C’est donc la fin prématurée du chantier de la NRL qui se précise faute de matériaux. Plusieurs centaines de millions d’euros auront donc été dépensés en pure perte. Quant aux atteintes à l’environnement, elles seront considérables selon une réponse d’Alain Vidaliès à une question posée par Paul Vergès au Sénat.

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Deux événements concernant la route en mer ont eu lieu hier. Le premier est la publication d’un article dans la presse malgache annonçant la fermeture de la carrière située à Madagascar devant assurer les besoins indispensables en matériaux du projet de Didier Robert. Cette décision fait suite à celle de l’État qui a demandé de suspendre l’importation prévue dans l’attente de test pouvant garantir que ces roches sont sans danger sanitaire. « L’Express » de Madagascar écrit même que l’entreprise qui a engagé les fonds pour exploiter la carrière et transporter les galets à La Réunion sera indemnisée.

« Ce projet est budgétivore »

Voici un extrait de cet article :

« Toutes les dépenses engagées par Colas seront payées par l’État français. La décision de l’État français relative à l’arrêt de l’importation de granit de Mada­gascar n’a pas d’impact sur les activités de la société Colas ». C’est ce qu’a précisé hier au téléphone un responsable proche du dossier, à l’annonce de l’arrêt de l’importation par La Réunion du granit malgache. Ces dépenses concernent notamment les travaux sur les ports, l’exploitation de la carrière, la location des barges et les frais divers.

« La société Colas devait expédier une première cargaison de 10 000 tonnes la semaine dernière, mais l’envoi a été annulé au dernier moment. « Cette annulation fait suite à une décision de l’État français la semaine dernière. La raison est que ce projet est budgétivore », explique encore notre source. Le granit malgache était destiné à la construction de ce qui est appelé à la Réunion la « Nouvelle route littorale », dont le budget de construction est évalué à 2 milliards d’euros. »

La suite du projet sur la nouvelle route littorale reste incertaine face à cette décision. Notre source indique qu’« après cette décision du gouvernement français, la société Colas suspend l’exploitation de sa carrière ».

Question de Paul Vergès au gouvernement

Le second événement est la question posée par Paul Vergès au gouvernement sur la route en mer. La sénatrice communiste Evelyne Didier a porté la question du parlementaire réunionnais et a interpellé Alain Vidaliès, secrétaire d’État aux transports.

Paul Vergès demande notamment si les financements seront garantis par l’État, interroge sur la provenance des 18 millions de tonnes de roches nécessaires à la réalisation du chantier et veut savoir si des expertises financières auront lieu après l’accélération de l’enquête du Parquet national sur l’attribution des marchés de la NRL.
Dans sa réponse, Alain Vidaliès a dit que la contribution de l’État n’ira pas au-delà de l’accord signé par François Fillon, ce qui souligne que la Région devra se débrouiller pour assumer les surcoûts inévitables. Il a aussi reconnu que le chantier rencontre des difficultés. Mais surtout, il a souligné que les roches de Madagascar sont indispensables à la poursuite du projet. Voici un extrait du compte-rendu analytique de la séance d’hier au Sénat :

« 200 000 tonnes de roches nécessaires par mois »

« Le problème est d’importer depuis Madagascar les 200 000 tonnes de roches nécessaires par mois. Le Gouvernement a été informé fin août par le préfet. Il est nécessaire de faire les travaux avant la période des cyclones, faute de quoi des effondrements massifs préjudiciables à l’économie et à l’environnement, car sources d’une pollution massive de l’océan, sont à craindre. »

Au regard des informations parues dans la presse de Madagascar, la déclaration du membre du gouvernement signifie que non seulement le chantier va être arrêté faute de matériaux, mais qu’en plus les travaux faits jusqu’à présent sont une grave menace pour l’environnement. Le prochain cyclone risque bien de balayer tout le chantier et de disperser les galets déposés au fond de l’eau, ce qui pourrait bien signer l’arrêt de mort du lagon en formation à La Possession.


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