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Observatoire des prix et des revenus : toujours rien

Ce que le président de la République devait dire le 19 janvier à Saint-Denis

Manuel Marchal / 21 janvier 2010

Quand Nicolas Sarkozy prend la parole ce mardi 19 janvier à Saint-Denis, il a l’occasion de présenter un calendrier d’action des mesures décidées lors du Conseil interministériel sur l’Outre-mer deux mois plus tôt. Dans le discours prévu, le chef de l’État devait déclarer que « l’année 2010 doit être une année de refondation et d’action. Une année durant laquelle nous allons travailler à retrouver le chemin de la croissance et de la baisse du chômage, mais aussi à mettre en place les nombreuses mesures que nous avons collectivement conçues dans tous les domaines ». Mais ce dernier membre de phrase n’a pas été prononcé, et seul le prononcé fait foi. Donc, puisque le président de la République ne l’a pas fait, “Témoignages” va donc rappeler toutes les mesures qui doivent être appliquées.

Voici donc entre guillemets le membre de phrase prévu dans le discours du président de la République qui n’a pas été prononcé : l’année 2010 doit être une année durant laquelle nous allons travailler « à mettre en place les nombreuses mesures que nous avons collectivement conçues dans tous les domaines ».
Si Nicolas Sarkozy ne s’était pas sur ce point précis écarté du discours, alors cela aurait signifié que 2010 allait donc être l’année de l’application des 137 mesures décidées le 6 novembre dernier lors du Conseil interministériel sur l’Outre-mer. Mais cette partie du discours prévu n’a pas été prononcée, et seul le prononcé fait foi. Ce qui veut dire que pour le moment, aucun calendrier d’application des mesures du CIOM n’est décidé.
Cette absence est pour le moins surprenante lorsque l’on sait que la veille à Mamoudzou, Nicolas Sarkozy avait donné un calendrier précis de quelques chantiers importants. Par exemple la livraison d’un nouvel aéroport pour 2012, ou la construction de 40.000 logements pour 2016.
Pour les 137 mesures qui concernent tout l’Outre-mer, aucune échéance. Alors “Témoignages” rappelle les mesures qui doivent faire l’objet d’un calendrier d’application.
La première d’entre elle est relative à l’Observatoire des prix et des revenus. Votée dans la loi d’orientation de 2000 à travers un amendement défendu par Élie Hoarau. Sept ans de luttes avec notamment l’action du Collectif pour l’installation de l’Observatoire des prix et des revenus débouchent enfin sur le décret d’application en 2007. Mais il apparaît rapidement que l’OPR n’a pas les moyens de remplir ses missions. Ce constat est tellement partagé que plusieurs mesures du CIOM concernent une réforme structurelle de l’OPR.


Le 6 novembre, le Conseil ministériel sur l’Outre-mer annonce ceci :

Renforcer et assurer l’indépendance des observatoires des prix

Les observatoires des prix sont des espaces de concertation réunissant les partenaires économiques et sociaux. Ils donnent des avis sur toute question concernant les prix et les revenus. Pour les conforter, il est décidé :
- de les rendre plus autonomes en confiant la présidence à une personnalité indépendante (actuellement ils sont présidés par les Préfets)
- de les doter de moyens financiers pour faire réaliser eux-mêmes des études
- de donner la capacité aux présidents des observatoires de saisir directement l’Autorité de la concurrence lorsque des écarts significatifs de prix sont constatés.

Deux mois après le CIOM, aucune de ces trois mesures n’est appliquée. Et deux mois après le CIOM, le président de la République n’a annoncé aucun calendrier d’application de la moindre de ces trois mesures. Pourquoi ce blocage ?


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