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Où sont les camionneurs manifestant pour l’emploi ?

Ils bloquaient les routes quand l’UMP était dans l’opposition à la Région, ils sont bien silencieux depuis mars 2010

Manuel Marchal / 4 août 2011

À deux reprises en moins de neuf mois, la Région avait été encerclée par des camionneurs. Le mot d’ordre de ces manifestants était notamment : « où sont les chantiers ? ». Aujourd’hui, un chantier de plusieurs centaines de millions d’euros tient des Réunionnais à l’écart de l’emploi. Devant l’absence de réaction de ces patrons transporteurs, une question se pose : « où sont les manifestants » ?

En novembre 2008, des patrons rassemblés à la préfecture annoncent devant le préfet et les caméras de RFO qu’ils vont bloquer la Région. Le représentant de l’État laisse faire et pendant 48 heures, une institution de la République était bloquée.
Huit mois plus tard lors de la visite du Premier ministre venu inaugurer la route des Tamarins construite par la Région, les mêmes transporteurs bloquent à nouveau le Conseil régional sans opposition de la part de l’autorité chargée de la sécurité publique. Ils justifient leur coup de force toujours impuni par ce mot d’ordre : « où sont les chantiers ? »
Chacun avait pu noter l’orientation politicienne du mouvement, puisque le lendemain de l’inauguration de la route des Tamarins, ces camionneurs n’ont pas profité de la présence de François Fillon au Tampon pour bloquer cette Mairie. Or tout le monde sait que celui qui était à l’époque le maire du Tampon, Didier Robert, avait décidé de priver l’économie réunionnaise d’un chantier de plus de 100 millions d’euros prêt à démarrer dans sa commune.

Où sont passés « les chantiers »  ?

Depuis 2009, la situation de l’emploi s’est aggravée à La Réunion. En arrivant à la Région, l’UMP a lancé un programme de démolition sans précédent. En stoppant le tram-train et en remplaçant la nouvelle route du littoral par un projet irréaliste, Didier Robert prive La Réunion de plus de 2 milliards d’euros d’investissements.
Dans un contexte de grave crise, le chantier de la nouvelle centrale thermique du Port devient donc un des plus grands chantiers de notre temps. L’investissement dépasse 200 millions d’euros, soit presque deux fois la rocade du Tampon supprimée par l’UMP.
Ces dernières semaines, la presse a révélé qu’un nombre important et indéterminé d’emplois du chantier sont occupés par des salariés venus de pays distants de plus de 10.000 kilomètres.
Voilà donc une situation qui ne peut que favoriser les militants engagés pour le respect du droit à l’emploi du Réunionnais à La Réunion. En effet, cela fait déjà plus de 5 ans qu’EDF s’est positionnée pour lancer ce chantier. Faut-il autant d’années pour former les ouvriers spécialisés qui y œuvrent actuellement ?
Hier devant la préfecture, plusieurs associations ont manifesté pour protester contre cette injustice.

Depuis mars 2010, silence dans les rangs

Mais force est de constater que ceux qui soi-disant revendiquaient des chantiers, et donc des emplois pour les Réunionnais, en barrant les routes et en bloquant la Région sont aux abonnés absents.
Qu’attendent-ils pour agir ? Pourquoi ne déploient-ils par leur fameuse banderole insultant les élus et les travailleurs devant l’entrée du chantier de la centrale ?
Puisque la situation est beaucoup plus grave qu’en 2009 et que ces patrons revendicatifs à l’époque restent silencieux, il y a bien une explication. Est-elle à rechercher dans la prise de pouvoir de l’UMP à la Région grâce à la tête de liste PS Michel Vergoz ?

M.M.



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  • Vous savez ils sont comme la bougie allumée, on soufle dessus et cela s’éteind. Pour eux apparemment, tout vas bien à La Réunion, il y a du boulot, les gens sont heureux... Il n’y a plus d’augmentation du carburant, les commandes de travaux sortent toujours les jours. On dirait que c’est l’effet des bureaux climatisés et calfeutrés qui font cette effet....

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