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Ouvrons le débat à tous les Réunionnais

Face à la crise, tout est à construire

Manuel Marchal / 7 décembre 2010

L’an dernier, le 6ème Congrès avait souligné toute l’importance de lutter pour obtenir l’application du Protocole de Matignon prévoyant plus de 2 milliards d’euros d’investissements dans notre pays. 18 mois plus tard, l’aggravation de la situation appelle plus que jamais au rassemblement le plus large pour proposer une sortie de crise. Et il reste moins de 18 mois pour que ces mesures issues du rassemblement des Réunionnais puissent être formulées et acceptées.

Au lendemain du 7ème Congrès du PCR, l’émission "Zot Mag" diffusée hier soir sur Réunion Première était consacrée à la précarité. Parmi les différents témoignages, celui d’un travailleur rappelait qu’il n’avait connu que des contrats d’un an maximum, entrecoupés de longues périodes de chômage. Privé de travail depuis 4 ans, il survit avec sa femme avec le RMI, ils touchent tous les deux 800 euros. Avec un coût de la vie 50% plus cher qu’en France, cette somme ne suffit pas, et ce travailleur montrait que vers le 30 de chaque mois, il n’avait quasiment plus rien à manger.
Autres témoignages, ceux de deux jeunes ayant un niveau de qualification extrêmement élevé privés de travail pendant des années dans leur pays. Amandine est donc amenée à créer son propre cabinet de psychologue clinicienne à la Plaine des Palmistes. Pour sa part, un autre jeune titulaire d’un diplôme d’ingénieur bac+6 n’obtient aucune réponse favorable à plus de 800 lettres de motivation. Il a fini par obtenir un travail à la Maison de l’emploi.
Ces scènes illustrent la situation de blocage dans laquelle se trouve aujourd’hui notre pays. 64 ans après l’abolition du statut colonial, des problèmes considérables restent à résoudre : pénuries d’emploi et de logement, illettrisme, coût de la vie…

Au bout de l’intégration-assimilation

Le 7ème Congrès du PCR a constaté l’ampleur de la crise. Tout comme il a affirmé que les mesures mises en œuvre jusqu’à présent ne peuvent pas changer fondamentalement les choses. Dès le début de la présentation du premier rapport sur la situation de La Réunion, Fabrice Hoarau avait souligné que même si le budget affecté par le gouvernement à l’Outre-mer n’avait pas diminué, cela n’aurait pas réglé les problèmes des Réunionnais. Car le cadre ne change pas, or c’est précisément ce modèle qui arrive au bout de ses limites.
La loi du 19 mars 1946, celle qui a aboli le statut colonial à La Réunion, donnait le droit aux Réunionnais d’avoir les mêmes droits que les citoyens de la France. Les combats des décennies suivantes ont notamment eu pour but d’appliquer cette loi. Peu à peu, les Réunionnais ont obtenu l’accès aux soins, l’application des lois sociales, l’égalité dans les minima sociaux. Ces avancées ont permis de sortir les plus pauvres de la misère coloniale, mais elles n’ont pas suffi à placer le pays sur la voie du développement.
Ce modèle de l’intégration assimilation est aujourd’hui à bout de souffle et le défi est immense, quelle alternative proposer ?

Indispensable réflexion commune

Le 7ème Congrès a rappelé qu’en 1946, les Réunionnais avaient trouvé les moyens de se rassembler pour faire avancer une revendication qui venait d’eux-mêmes : l’abolition du statut colonial. À l’époque, notre île comptait à peine 200.000 habitants, et l’urgence était de sortir de la misère la quasi-totalité de la population en appliquant à La Réunion les lois sociales en vigueur en France.
64 ans plus tard, la situation est beaucoup plus complexe. Si les plus pauvres sont sauvés de la misère, la majorité de la population reste exclue du partage des richesses, ce sont tous les Réunionnais qui vivent sous le seuil de pauvreté. Mais le modèle actuel ne peut plus donner de solutions nouvelles. Tout est donc à construire. En conclusion de son Congrès, le PCR appelle tous les Réunionnais à participer à l’indispensable réflexion commune qui doit présider à la formulation de ces mesures. Ces dernières doivent être exprimées rapidement pour être au cœur du débat de la prochaine présidentielle. Elles seront le point de départ d’une nouvelle ère, rendue possible par le rassemblement des Réunionnais.

Manuel Marchal


Les membres du Comité central

Quelques erreurs se sont glissées dans la liste publiée hier. Voici donc la liste des membres du Comité central élu lors du 7ème Congrès du PCR.

Bernarde Leperlier
Yves Grondin
Benoit Blard
Simone Yee Chong Tchi Kan
Junot Marteau
Huguette Bello
Alain Saint-Lys
Emmanuel Séraphin
Jean-Marc Gamarus
Ghislaine Basquaise
Pascaline Nemazine
Jean-Hugues Sisahayes
Clemcy Audit
Brigitte Malet
Idriss Omarjee
Georges Gauvin
Julie Pontalba
Sully Morby
Brigitte Dally
Yves Gigan
Dominique Atchicanon
Amandine Ramaye
Ginette Sinapin
Jean-Hugues Ratenon
Nelson Técher
Bélinda Adécalom
Geoffroy Géraud-Legros
Christophe Rocheland
Cédric Gonthier
Jean-Hugues Suzanne
Yvan Dejean
Martha Vitry
Jacky Marée
Jean-Claude Darid
Marie-Claude Rivière
Yvon Bello
Joseph Coupaye
Daniel Moutien
Roland Robert
Jean-Bernard Grondin
Jacques Siou
Dolly Tréport
Philippe Robert
Sylviane Rivière
Maurice Gironcel
Aline Murin-Hoarau
Patricia Coutandy
Daniel Jaures
Yolande Pausé
Daniel Alamelou
Camille Dieudonné
Sylvie Mouniata
Virgile Rustan
Jean-Yves Langenier
Pierre Vergès
Olivier Hoarau
Firose Gador
Michel Séraphine
Élie Hoarau
Raymond Gonthier
Jean-Michel Folio
Gélita Hoarau
Émilie Assati
Krishna Damour
François Sarpedon
Eric Fruteau
Joé Bédier
Alain Aquilimeba
Jean-Yves Allaguerissamy
Fabrice Hoarau
Élie Bègue
Hervé Lauret
François Valéama
Marie-Lou Richauvet
Marie-Annick Pobrezo
Nathalie Rangama
Claude Hoarau
Max Banon
Céline Tabou
Ary Yee Chong Tchi Kan
Jean Saint-Marc
Lucien Biedinger
Risham Badroudine


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