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Paix armée au Tampon

Témoignages.re / 9 avril 2011

La volonté d’occuper le plus grand nombre de positions de pouvoir a mené Didier Robert à mettre en place un jeu complexe de chaises musicales. Au Tampon, la nécessité d’abandonner le portefeuille de maire l’a conduit à prendre les fonctions de premier adjoint, et à confier la première magistrature à Paulet Payet. Entre les deux élus, l’ambiance tourne au vinaigre…

Paulet Payet apparaissait comme un fidèle : au temps où “Objectif Réunion” siégeait dans l’opposition au Conseil régional, il faisait figure de porte-parole de M. Robert, acceptant d’endosser à son compte des outrances telles qu’elles faisaient parfois même honte dans son propre camp. Contraint par la loi d’abandonner un mandat, le nouveau président de la Région prit au dernier moment la décision de quitter le poste de maire. Logiquement, c’est à Paulet Payet que fut dévolu le titre de premier magistrat de la capitale des Hauts. Ce fut aussi, pour ce dernier, le véritable point de départ des ennuis véritables, et même, semble-t-il, des brimades. Car l’ancien maire, devenu premier adjoint, ne tarda pas à montrer qu’il se considérait plus que jamais comme le patron en titre.

Rappel à l’ordre

Apparus immédiatement après l’échange de postes entre les deux élus — il s’agissait de problèmes de placement aux postes à responsabilité de la commune — les motifs de discorde se multiplièrent à l’approche des cantonales. C’est particulièrement la question des investitures qui a, nous rapporte-t-on, opposé Paulet Payet à son premier adjoint Didier Robert. Bien qu’ayant eu la haute main sur la stratégie électorale de l’UMP pendant le scrutin cantonal, ce dernier reproche aujourd’hui à M. Payet les échecs enregistrés à la Plaine des Cafres et au centre-ville du Tampon. A mots à peine couverts, le président de la Région blâme son successeur de n’avoir pas assez « arrosé », et lui a publiquement rappelé que c’est à cette fin que la Région avait débloqué près de 6 millions d’euros.
Le rappel à l’ordre n’ayant guère été du goût de Paulet Payet, les réunions qui ont eu lieu en mairie la semaine dernière n’avaient pas pu aboutir à un règlement pacifique des différends. Si les deux parties affichent aujourd’hui la réconciliation, c’est qu’elles sont parvenues à un accord in extremis, juste avant un Conseil municipal qui, nous rapporte-t-on, menaçait franchement de tourner au vinaigre.
« Ça sent la purge »
Un accord sans doute unique en son genre dans une mairie, qui consiste en une sorte de pacte de non-agression conclu pour une durée de trois mois. Pacte d’ailleurs fort déséquilibré, qui restaure la mainmise de Didier Robert sur l’appareil municipal « ça sent la purge » nous confie l’une de nos sources, proche de la direction municipale. Selon cet informateur, l’amertume est grande à la mairie du Tampon. « Il [Didier Robert] a oublié ceux qui l’ont fait, ceux auxquels il doit d’être là », nous rapporte-t-il. « Longtemps, il a bénéficié des conseils de ceux qui étaient là, plus particulièrement dans le domaine juridique, où il avait certaines appréhensions », ajoute notre interlocuteur, qui affirme avoir assisté à la formation et à l’ascension de celui qui devait prendre la place d’André Thien-Ah-Koon dans les conditions que l’on connaît. « Maintenant, il ne pense qu’à lui. Il y a chez lui une tendance à se méfier de tout le monde ». Pas certain, dans ces conditions, que la paix armée entre le maire et son premier adjoint puisse durer très longtemps…

Geoffroy Géraud-Legros


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