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Parc national de La Réunion : silence d’Ericka Bareigts, ministre des Outre-mer

Le ministre de l’Ecologie démissionne la directrice réunionnaise d’une institution

Manuel Marchal / 20 septembre 2016

Depuis peu, une Réunionnaise est nommée ministre des Outre-mer. Elle a fait de l’accès de l’emploi des Réunionnais à La Réunion une de ses priorités. Elle est pourtant bien silencieuse sur l’affaire qui secoue le Parc national de La Réunion : le départ de sa directrice, Marylène Hoarau.

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La zone centrale du Parc national fait partie du Patrimoine mondial.

Marylène Hoarau a annoncé son départ de la direction du Parc national de La Réunion. C’est une décision prise par le ministère de l’Écologie, dirigé par Ségolène Royal. Selon la presse, la Région Réunion ne serait pas étrangère à cette décision. Fonctionnaire du Conseil régional détachée au Parc national de La Réunion, Marylène Hoarau a subi une sanction disciplinaire voilà peu. Le 15 septembre dernier, le JIR indiquait que le renvoi de Marylène Hoarau était une mesure de « représailles politiques suite à une interview dans laquelle Marylène Hoareau contestait la régionalisation du Parc ».

Complicité de Didier Robert et du gouvernement socialiste

Rappelons qu’une des promesses de campagne de Didier Robert était la rétrogradation du Parc national de La Réunion à celui d’un simple Parc régional. Il est clair que cette régression va réduire les mesures de protection dont bénéficie ce Bien du Patrimoine mondial de l’UNESCO. Certains ne font d’ailleurs pas mystère de leurs intentions de construire dans ce sanctuaire de biodiversité. Difficile en effet de croire qu’il soit possible de faire bâtir un hôtel de luxe dans un Parc national intégré dans le Patrimoine mondial. Avec un Parc régional, les coudées seront plus franches.

La sanction disciplinaire subie par Marylène Hoarau au Conseil régional apparaît comme la mise en évidence d’une désaccord de la direction de la Région Réunion avec les propos tenus publiquement par la directrice du Parc national.

Malgré tout, cette éviction était impossible si elle n’avait pas bénéficié de la complicité du gouvernement. La décision de remplacer la directrice d’un Parc national n’est pas du ressort d’un Conseil régional, mais du gouvernement. Une fois de plus, la connivence entre le chef de file du Parti Les Républicains et les socialistes au pouvoir à Paris est manifeste. Elle ne date pas d’hier, les dérogations données par le gouvernement pour permettre à Didier Robert de lancer le chantier de la route en mer malgré le vote négatif du Conseil national pour la protection de la Nature sont là pour le rappeler.

À La Réunion, des voix se sont élevées pour dénoncer cette décision. Le premier à réagir a été le président du Parc national, un élu de la droite. Du côté de Bello, l’occasion est donnée de faire feu sur la Région en passant sous silence la responsabilité décisive du gouvernement qu’elle soutient dans le renvoi de la directrice du Parc national. Les alliés du PS tentent une nouvelle diversion, car ils savent bien que sans l’accord des socialistes au pouvoir, Marylène Hoarau n’aurait pas été mise à l’écart.

Une occasion en or d’agir

Il reste qu’une personne est bien silencieuse sur cette question. Il s’agit d’Ericka Bareigts, ministre des Outre-mer. Lors de sa nomination à ce poste, le CREFOM avait salué sa promotion, et rappelé qu’en tant que vice-présidente de cette organisation, elle s’est battue pour faire respecter le droit des Réunionnais à accéder aux responsabilités.

Nous avons devant nous un cas exemplaire. Une Réunionnaise est arrivée à un poste de responsabilité. La qualité de son travail n’a jamais été remis en question par quiconque. Sous sa direction, le Parc national de La Réunion est même resté dans la liste très prisée du Patrimoine mondial de l’UNESCO. Ericka Bareigts a donc une occasion en or de montrer que ses actes sont en rapport avec ses paroles. Car en tant que ministre, elle doit avoir les moyens de se faire entendre auprès d’une collègue de son gouvernement. La moindre des choses serait une prise de position publique en faveur de la directrice évincée. À moins qu’elle soutienne la décision de renvoyer une Réunionnais d’un poste à responsabilité au nom de la solidarité gouvernementale.

M.M.



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  • Ericka bareigt , ex secretaire d’etat a l’egalité réelle !? est manifestement en porte a faux avec elle,, meme et le gouvernement .
    a mon humble avis , il y a deux problemes imbriquées dans cette affaire .
    1) le parc National et son devenir face aux défis économiques et démographiques de notre pays
    2 ) Les réunionnais en responsabilités face au pouvoir Jacobin français , avec la complicité des politiciens larbins locaux .
    - Geler 40% d’un territoire, de 2500 Km° qui seront 1 million d’habitants en 2005 releve d’une vision surréaliste hérite d’un formatage idéologique qui n’a rien a voir avec un développement coherent , écologique , durable de la société réunionnaise en partenariat zone OI . Le label UNESCO derriere lequel se cache des ambitions personnelles et egoiste est comme l’arbre qui cache la foret . en bref , un Parc Regional appartient a la Region c.a.d. a la Reunion , aux réunionnais .
    2 -) En 1987 Elie et Paul démissionnais de l’assemblée Nationale contre la parité et pour l’égalité ( ce fut une erreur politique , a mon avis ) mais ce fut un acte de courage politique , Ericka Bareigt a servie d’exutoire au déni de représentativité politique Kréol . Faite un eclat , MMe Bareigt , démarquer vous du Ministre , fut il de votre camp , il en va de votre crédibilité et de l’honneur des famm’ créole ou tout simplement de l’éthique politique .
    Victor Erapa

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