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Pari gagné

Majorité renforcée

Geoffroy Géraud-Legros / 1er avril 2011

La conversion au sarkozisme d’une frange de la droite locale a entraîné un regain de turbulences dans le gouvernement des assemblées locales. C’est plus particulièrement le Conseil général qui a fait l’effet de ces tentatives idéologiques de déstabilisation, qui ont enregistré hier une défaite cuisante.

En mars 2008, sur ordre de Didier Robert, Jean-Louis Lagourgue tentait une offensive contre la présidente en titre portant dûment élue par ses pairs de droite, la conseillère générale de Saint-Denis Nassimah Dindar. Ce coup de force constituait l’expression des visées hégémoniques imprimées par l’Élysée à ses agents locaux, et plus particulièrement à Didier Robert, son principal relais dans notre pays. But : assurer à la faction sarkoziste le contrôle de l’assemblée départementale, éradiquer toutes les divergences au sein des sensibilités de droite, afin de mener une bataille frontale contre la Région, alors dirigée par Paul Vergès, dont le programme de développement technique et économique mettait directement en danger la domination séculaire des monopoles coloniaux. Une manœuvre déjouée au dernier moment par une alliance entre les partisans de Nassimah Dindar, le Parti socialiste et le Parti communiste réunionnais. Au lendemain du "coup d’État manqué", émergeait le clivage politique tel qu’il existe aujourd’hui au sein de l’assemblée départementale. Une ligne qui sépare la majorité plurielle de la droite inféodée à Nicolas sarkozy, rassemblée depuis sous la bannière d’Objectif Réunion.

Une majorité de résistance

Brocardée de mille et une manières, traitée de tous les noms, cette nouvelle majorité devait prouver à l’opinion qu’elle reposait sur autre chose qu’une opportunité tactique. Au fil du temps, elle s’est révélée plus qu’un agrégat composé au hasard de la vie politique : elle rassemble, aujourd’hui, ceux qui expriment leur refus de la politique mise en œuvre par la direction parisienne de l’UMP et ses déclinaisons dans l’Outremer. Malgré des tentatives de déstabilisations qui ont culminé avec l’affaire de l’ARAST et se sont déroulées en coulisse jusqu’à la dernière minute, la majorité plurielle a tenu bon. Elle s’impose aujourd’hui avec plus de force que jamais, avec 33 voix contre 15. Face à la volonté uniformisatrice de l’Élysée, la résistance dans la diversité et la démocratie a gagné son pari.

Geoffroy Géraud-Legros


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