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Pas de boycott par le président de la République du Sommet de la Francophonie

Après la rencontre de François Hollande avec la conférence des ambassadeurs

Céline Tabou / 29 août 2012

Contrairement à ce que François Hollande avait laissé entendre lors de sa campagne présidentielle, le président se rendra au 14ème Sommet de la Francophonie de Kinshasa, les 13 et 14 octobre. Lundi dernier à l’Élysée, après plusieurs mois de doute et spéculations, François Hollande a confirmé sa présence lors de la conférence des ambassadeurs,.

Le quotidien congolais "Le Potentiel" a indiqué qu’« au-delà de toute considération politicienne, une évidence se dégage : la République démocratique du Congo reste l’un des plus grands pays francophones après la France quant au nombre de locuteurs sachant parler et écrire le français. Ç’aurait été donc une erreur monumentale pour la France et la Francophonie que de perdre un si grand partenaire qu’est la RDC ». Cet avis n’est pas partagé par la communauté africaine, qui pointe du doigt une politique française de l’Afrique tournée vers « ses intérêts ».

Une situation locale complexe

Plusieurs associations congolaises et françaises ont mené plusieurs démarches afin de demander au chef de l’État de ne pas se rendre dans le pays, gangrené par la corruption et la violence. Ces dernières ne souhaitaient pas que François Hollande conforte le régime de Joseph Kabila, Président de la République démocratique du Congo (RDC). Intronisé depuis 2001, Joseph Kabila a été élu à la présidentielle de 2006, réélu en 2011, mais des doutes de fraude persistent, car des irrégularités ont été relevées par des missions d’observation nationales et étrangères. De plus, le pays est en guerre dans l’Est, où des combats opposent depuis mai l’armée à des mutins.

La ministre française déléguée à la Francophonie, Yamina Benguigui, avait confirmé la tenue de ce Sommet à Kinshasa, sans pour autant évoquer la présence du chef de l’État. Quelques semaines auparavant, François Hollande et Abdou Diouf, Secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), avaient indiqué que « les autorités de la République démocratique du Congo devraient démontrer leur réelle volonté de promouvoir la démocratie et l’État de droit ». François Hollande a coupé court aux rumeurs en annonçant, lundi 27 août, sa présence au 14ème Sommet de la Francophonie.

« C’est un mauvais signal envoyé à l’ensemble des régimes autocrates qui ne répond en rien à la Déclaration de Bamako », a estimé Cécile Marcel, Directrice des programmes à l’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (ACAT), sur France 24. Cette dernière a fait référence aux règles de l’Organisation internationale de la Francophonie en matière de démocratie et de droits de l’Homme.

Premier voyage en Afrique

Cette visite sera le premier voyage officiel en Afrique du nouveau président français élu en mai. Dans son discours aux ambassadeurs, François Hollande a évoqué la « nouvelle donne » que son gouvernement souhaite établir avec l’Afrique. Ce dernier a déclaré : l’Afrique « avec lequel nous avons une proximité historique, culturelle, linguistique exceptionnelle ». Celui-ci a expliqué que d’ici 2050, « 80% des francophones seront africains, 700 millions de femmes et d’hommes, chacun comprend ici l’enjeu ». Il a assuré qu’il rencontrera l’opposition politique, les militants associatifs et la société civile, car « c’est le sens de la nouvelle politique africaine de la France : tout dire partout et faire en sorte que ce qui est dit soit fait ».

Cette annonce n’a pas ravi toute la communauté africaine, le site “Guinée Conakry Infos” a indiqué que « si sa participation au Sommet de la Francophonie au mois d’octobre prochain à Kinshasa, quant à l’effectivité de sa promesse, sans cesse répétée, de rompre avec la Françafrique, était un test, François Hollande semble, pour certains, avoir échoué ».

Le quotidien burkinabé "Le Pays" a ajouté que « la RD Congo n’est pas n’importe quel pays, car même avec les rébellions qui y poussent comme des champignons, cette terre regorge d’immenses ressources qui suscitent et excitent la concupiscence des Occidentaux. Toutes choses qui peuvent amener le Président Hollande à reconsidérer sa position, lui qui criait à qui voulait l’entendre, au lendemain de son élection, qu’il ne composerait pas avec un régime dictatorial. C’est la preuve, si besoin en est encore, que la politique française, qu’elle soit de la droite ou de la gauche, demeure la même », a cité “Radio France Internationale”.

Céline Tabou


Kanalreunion.com