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Pas de changement de politique du gouvernement

Manuel Valls dans le Journal du Dimanche

Jean / 20 juin 2016

Dans le Journal du Dimanche, le Premier ministre n’annonce pas d’inflexion de la politique du gouvernement malgré la poursuite depuis trois mois d’un grand mouvement social contre la réforme du Code du Travail

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Le Premier ministre Manuel Valls lors de sa visite à La Réunion en juin dernier.

Rarement l’expression :« la langue na pwin le zo » [1] aura aussi bien été illustrée que par la façon dont Manuel Valls parle d’une réalité qui lui est aussi défavorable : 60 % des Français estiment que le mouvement contre la loi Travail est justifié (lire cet article : http://www.lexpress.fr/actualite/so...)

Mais, pour Manuel Valls, ce sont les syndicats protestataires — et singulièrement la CGT — qui sont dans l’impasse d’où, selon le Premier ministre toujours, il leur appartiendrait de sortir !

C’est un gouvernement, isolé, décrédibilisé, l’un des plus impopulaires de la 5e République, y compris au sein des élus de son propre parti, qui dit que ses contestataires sont isolés !

Même cécité en ce qui concerne la primaire « à gauche » ! « Rassembler la gauche à l’occasion de cette primaire » s’avère, en réalité, rassembler la gauche qui est déjà au gouvernement : « la gauche réformiste, socialiste, écologiste, radicale ». Les écolos ? Ils ont volé en éclat tant ils sont divisés entre pro et anti gouvernement. Les radicaux ? Ils se comptent sur les doigts d’une main (et c’est dans les fiefs radicaux que la contestation du gouvernement est la plus marquée). La gauche réformiste (traduire : les “sociaux démocrates”) ? Pas de problème, elle est déjà parfaitement rassemblée sur une politique pro Medef, pro déchéance de nationalité, pro exclusion-stigmatisation des Français s’ils sont de confession musulmane, pro loi Travail ! Quant aux socialistes, nombre d’entre eux récusent l’actuelle politique dont ils jugent — lucidement — qu’elle les conduit au pire désastre électoral jamais connu depuis le Congrès fondateur du PS à Épinay (juin 1971). Chaque échéance électorale acte une défaite du PS : Européennes, municipales, sénatoriales, départementales, régionales marque un effacement constant du nombre d’élus socialistes quelle que soit la qualité — même reconnue et soulignée — de leur gestion.

C’est cette armée en déroute qu’un chef de gouvernement (Valls) massivement désavoué et un chef de parti (Cambadélis) incapable de promouvoir un projet politique fédérateur, entendent rassembler à l’occasion d’une primaire ! Et dans quel but politique ? « il s’agit d’être présent au second tour ». Mais, pour y prétendre, encore faut-il dire pour faire quoi ?

Là-dessus le Premier ministre est d’une absolue discrétion : « votez, nous nous occupons du reste ! »

Mais les gouvernants semblent incapables de tenir compte de leur perte de crédibilité. En 2015, lors des élections départementales (mars) puis régionales (décembre), un peu plus de 50 % de l’électorat ont refusé de se rendre aux urnes et, parmi ceux qui se sont déplacés pour voter, près de 6 % ont choisi de voter nul.

Et c’est en aggravant sans cesse cette politique tellement désavouée que Manuel Valls estime pouvoir rassurer puis rassembler les forces progressistes ?

Seules les poules affamées rêvent de maïs, et ce gouvernement, à l’évidence, rêve d’une impossible adhésion à une politique ayant trahi tous les engagements essentiels proclamés en 2012.

Jean

[1la langue n’a pas d’os pour les amis non créolophones


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