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« Pas question de laisser passer le train du développement de La Réunion »

Nassimah Dindar, Michel Dennemont, Thierry Robert et Michel Lagourgue

YVDE / 28 novembre 2009

Nassimah Dindar, présidente du Conseil général ; Michel Dennemont, maire des Avirons ; Thierry Robert, maire de Saint-Leu et Michel Lagourgue, responsable départemental du MODEM, entendent « aider un projet qui va faire du bien à La Réunion ». Pour eux, « pas question de laisser passer le train du développement de La Réunion... ».

Michel Dennemont, maire des Avirons, fils de cheminot, a vécu la fermeture du CFR en 1963 comme un drame. Aussi, « pas question de reproduire la même erreur Et de laisser passer le train du développement de La Réunion ». Le ton du maire des Avirons est de circonstance.
« L’heure est grave. Le développement économique de La Réunion est en jeu », dit-il. Nassimah Dindar, présidente du Conseil général, parle également « d’erreur historique », en référence au « ti trin lontan »
Faire une pause comme le réclame certains ? Pas question reprend Michel Dennemont. « Un projet perdu ne peut pas être remplacé par un autre projet ». Il cite un certain nombre d’exemples et notamment la rocade du Tampon, récusée par Didier Robert, maire du Tampon, malgré l’avis d’un conseil des sages et qui n’est pas encore remplacée par un autre projet. Un chantier de 120 millions d’euros prêt à démarrer, qui aurait été bien utile en termes d’emplois dans le BTP où sévit une crise grave (5 à 6.000 emplois perdus).
« Pour les entreprises, c’est travailler ou mourir. Pas question de faire une pause », note le maire des Avirons. Et Nassimah Dindar, soutient en affirmant que l’on ne « peut mettre une pause au développement économique et social de La Réunion ». Nous serions des irresponsables !

Dépasser les clivages

Michel Lagourgue, chef de file du MODEM, parle du précédent de la Route des Tamarins. « Nous aurions pu l’avoir plus tôt, mais certains l’ont bloquée de 1992 à 1998. La Réunion ne peut pas se passer d’un transport en site propre. Il n’y a pas d’autres projets suffisamment avancés qui puissent être retenus. On ne peut pas se permettre de perdre 1.500 emplois ». Et Michel Lagourgue suggère « de dépasser les clivages pour réclamer une certaine solidarité nationale dont on peut discuter le montant ».
Thierry Robert, maire et conseiller général de Saint-Leu, estime qu’au-delà « des intérêts personnels d’un homme politique, c’est l’intérêt collectif des Réunionnaises et des Réunionnais qui doit primer ». Et pas question de faire un pause sur le projet du tram-train, car « on ne peut demander à la population réunionnaise d’entrer en hibernation. La situation économique est telle que l’on ne peut plus reculer. Ce serait une erreur colossale pour des intérêts politiciens ».
Nassimah Dindar, souligne que « la demande de transport en commun est croissante, notamment chez les étudiants, les personnes âgées, les handicapés... ». La présidente du Conseil général en sait quelque chose puisque la collectivité qu’elle préside a pris en charge la problématique du transport « pour aider les autorités organisatrices des transports » ; c’est à dire les communautés de communes (CIVIS, TCO, CIREST...)

Crédibilité

Elle regrette que la question de faire ou pas le tram-train « remette en cause le modèle de développement endogène qui compte un gros volet déplacement impossible à écarter ». Elle fait référence au projet Gerri qui a repris bon nombre d’orientations du Conseil régional. « C’est un projet de société que nous devons porter ensemble, pour tous les Réunionnais ».
Elle met en garde contre une posture qui fait dire une chose à Paris et son contraire à La Réunion. « Nous risquons de ne plus être crédible, quel que soit le gouvernement en place ». Elle remarque que ce grand projet structurant a été « validé au plus sommet de l’Etat » et s’étonne que l’on « demande aujourd’hui une consultation (...) Le gouvernement a bien vu l’intérêt du tram-train, un grand projet structurant qui apportera un grand changement et un nouveau vivre ».
Et chacun s’accorde pour dire qu’à « une bonne question posée (la dotation ferroviaire accordée aux autres régions de France hexagonale — NDLR), on apporte une réponse brouillée » ou encore que l’on « brouille les discours à cause des élections régionales et ce n’est pas bon pour la population ».
Enfin, la présidente du Conseil général, annonce que la question sera posée, la semaine prochaine lors de l’assemblée générale plénière, sous forme du vote d’une motion.

 YVDE 


Un projet qui va faire du bien à La Réunion

Sous le feu roulant des journalistes, Nassimah Dindar, Michel Dennemont, Thierry Robert et Michel Lagourgue ne se désunissent pas. Ils soulignent que les investisseurs privés, les bureaux d’études, les élus se sont prononcés à plusieurs reprises.
Thierry Robert note que, s’il y a le moindre doute sur le montant de la rallonge évoquée par la Région, les représentants de l’Etat doivent venir « vérifier eux-mêmes pour finaliser le budget ». Nassimah Dindar, estime que les porteurs du projet affirment que le confiancement est trop juste. « Si on veut rouler pour les Réunionnaises et les Réunionnais, on doit se poser la question de la solution et pas de la pause du tram-train ».
Michel Lagourgue enfonce le clou et indique que « les parties concernées doivent se remettre autour d’une table ». Et en passant, il note « le surcoût énorme du basculement des eaux d’Est en Ouest dont personne ne parle plus » - pourtant, le Conseil général y investira encore 70 millions d’euros cette année.
Michel Dennemont note les contradictions de Didier Robert. Le maire du Tampon demande un référendum sur le tram-train, alors qu’il n’a pas souscrit aux conclusions du Comité des sages dont il avait lui-même sollicité l’avis sur la rocade du Tampon. Pas très cohérent. Mais il est vrai qu’avec la proximité des élections régionales certains disent tout et leur contraire.
Quant à Nassimah Dindar, Michel Dennemont, Thierry Robert et Michel Lagourgue, ils affirment vouloir « aider un projet qui va faire du bien à La Réunion ».


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