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Paul Vergès : la convergence des listes rend possible la fin de la NRL et le retour du train

Annette-Bello au pied du mur pour le second tour : provoqueront-ils une triangulaire au risque de faire gagner Didier Robert ?

Manuel Marchal / 4 décembre 2015

Paul Vergès note une convergence de presque toutes les listes sur un point : la remise en cause de la nouvelle route du littoral. C’est la conséquence de la demande d’un audit sur le coût. L’autre convergence, c’est l’unanimité pour un train. Or, la NRL rend impossible le retour du chemin de fer. Sur la base de leurs convergences et du résultat du dernier sondage, Paul Vergès constate que l’union de toutes ces listes dépasse les pourcentages de Didier Robert et de Annette-Bello. Au soir du second tour, Annette-Bello reconnaîtront-ils ce fait pour rejoindre l’union ou prendront-ils le risque de faire gagner Didier Robert en provoquant une triangulaire ?

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Paul Vergès

À La Réunion, 4 listes se détachent selon les sondages. Les deux problèmes dominants, guerre et COP21, ne sont pas traités à une ou deux exceptions près. Pour tous les autres, c’est le silence total, pas un mot sur ce qui aura des conséquences durables sur la situation à La Réunion dans les années qui viennent.

Le sénateur note également que sur le problème essentiel du statut de La Réunion, tout le monde se tait sauf une liste. Or dans les semaines qui suivent les élections régionales aura lieu le dépôt du projet de loi sur la situation outre-mer, avec un volet institutionnel et un autre sur l’égalité réelle sur une période de 20 ans. Le mandat de la Région comptera pour 6 ans. Le tiers sera couvert par la nouvelle majorité de la Région.

« Qui va subir les conséquences de ce vote inéluctable de ce projet de loi ? Ce sont les électeurs. Que deviendront-ils avec cette loi qui aura une ampleur aussi importante que 1946. », interroge Paul Vergès qui appelle le monde politique réunionnais à s’emparer de cette question.

Un audit, c’est remettre en cause la NRL

L’autre problème central est la NRL. L’évolution est évidente, indique Paul Vergès, « pour la première fois cette question traitée par les candidats, et l’écrasante majorité condamne ce projet ». « La condamnation directe est le fait d’une ou deux listes », la remise en cause du projet, c’est la quasi-totalité.

Pour le sénateur, « quand on parle de faire un audit sur le coût, sur les conditions d’attribution des marchés, sur le respect des règles de protection de la biodiversité, c’est la remise en cause de tout », d’autant plus qu’il n’y a pas eu la mission d’expertise économique et financière comme pour tout chantier de cette importance.

« Ceux qui sont pour sont une minorité », poursuit Paul Vergès. Il y a bien sûr la liste conduite par Didier Robert mais pas seulement. « Une liste met comme condition un boulevard de 500 millions, et on dit que l’on fait une étude de 3 millions d’euros pour une étude sur ce boulevard et que si on n’a pas les moyens de payer, on mettra un péage ». « Devant la protestation, on dit que l’on fait une étude pour ne pas faire de péage, alors pourquoi faire une étude ? »

Gilbert Annette veut la NRL, impossible de faire un train

Paul Vergès pointe une contradiction entre les deux premiers de cette liste. Gilbert Annette dit que la NRL se fera et donc demande qu’il y ait un boulevard Nord de 500 millions d’euros. « Il est en discussion, il paie 3 millions une étude sur le péage. Son projet : que la nouvelle direction de la Région intègre ce crédit dans le coût total de la NRL ». Huguette Bello peut être tête de liste, mais la collectivité qui la soutient est la mairie de Saint-Denis. C’est cette collectivité qui commande les investissements : boulevard Nord à 500 millions sans oublier un téléphérique de 450 millions entre le Chaudron et Bois de Nèfles. Cela fait près d’un milliard pour Saint-Denis, constate Paul Vergès.

Huguette Bello est contradictoire en disant qu’elle ne remet pas en cause un projet déjà lancé, poursuit-il.
L’étude commandée par Gilbert Annette prévoit un péage. 60.000 voitures par jour débouchent de la route du littoral, la mairie de saint-Denis va prélever de l’argent tous les jours sur 60.000 automobilistes. « Ceux de l’Est ne paieront pas. On condamne l’Ouest et le Sud à payer tous les jours ». Pour Paul Vergès, « ce problème doit être clarifié : qui commande et qui s’imposera sur cette liste ? ».
Car il y a une impossibilité de construire un train si la NRL se poursuit, car elle engloutira tous les crédits disponibles.

Unanimité pour le réseau ferré

Or, le sénateur constate d’autre part une unanimité pour le réseau ferré. Si les projets diffèrent dans leur forme, ils ont un point commun : le retour à La Réunion du chemin de fer. Paul Vergès rappelle qu’en 2010, le projet de tram-train était étudié et financé et devait entrer en chantier. « La direction de la Région a supprimé le tram-train et maintenant tout le monde dit qu’il faut le tram-train ».

« Cela montre une convergence dans l’opinion pour condamner la NRL et faire le tram-train ». Car si on s’engage dans la NRL, on épuise les crédits d’investissement et on ne peut plus payer le tram-train.

Le sénateur note donc une critique quasi-unanime de la NRL, et l’unanimité pour le tram-train.
Par ailleurs, il constate également des convergences sur d’autres points. Dans le domaine de l’emploi, c’est la préférence aux Réunionnais à compétence égale.

L’élection ne peut pas être un duel

Paul Vergès note que le dernier sondage publié dans la presse place deux listes en avant. Mais la somme des autres dépassent les deux premiers. Si la convergence des idées peut se traduire pour le second tour par une convergence des listes, alors le pourcentage de l’union dépasse Didier Robert et Annette-Bello.
Au lendemain du 6 décembre, ce sera une situation nouvelle. Si on décide l’essentiel, empêcher la NRL pour libérer des crédits pour La Réunion, alors c’est la possibilité d’avoir une victoire des partisans du tram-train et des adversaires de la NRL. C’est pourquoi l’élection ne sera pas un duel. « Les autres listes seront majoritaires et poseront à Annette-Bello le problème de respecter la majorité », à moins que Annette-Bello ne prennent le risque d’une triangulaire pour faire gagner Didier Robert.

L’État paiera l’arrêt du chantier de la NRL

Paul Vergès explique que l’arrêt du chantier de la NRL ne devra pas coûter un centime aux Réunionnais. « On a passé le temps à violer lois et règlements pour imposer cette solution. Il est temps que l’on s’arrête. Ceux qui paieront les pots cassés sont ceux qui n’ont pas respecté la loi. Qui doit faire appliquer la loi, c’est l’État. Pourquoi a-t-il fait une exception à La Réunion ? »

Pour le législateur, « ce n’est pas à l’Europe ou à la Région de payer, mais l’État ». Qui a fait dérogation à l’avis négatif des autorités environnementales ? Qui a refusé une expertise financière alors que la route des Tamarins et le tram-train avaient eu droit à cette évaluation ?

« Il y a une solution sur les problèmes essentiels de l’avenir de La Réunion, par l’addition des intentions de vote des uns et des autres », souligne Paul Vergès. « Ces pourcentages

dépassent Didier Robert et la liste Annette-Bello qui vit dans la contradiction ».
« S’ils disent comme les autres “non à la NRL et faites respecter la loi“, alors c’est le triomphe contre Didier Robert », mais s’ils restent dans la contradiction, ils vont faire une triangulaire pour faire gagner Didier Robert. Conclusion de Paul Vergès : « Que la nouvelle route du littoral soit construite par Didier Robert ou Annette-Bello, quelle différence ? »

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Paul Vergès



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  • Vous avez raison sur toute la ligne monsieur Paul Vergès , mais peut être pas sur le dernier point car l’Etat ne paye pas pour les bêtises des ses collectivités locales .

    C’est vrai que l’évolution du statut de la Réunion est une question très importante et que lors de chaque élection les Réunionnais doivent s’assurer que les hommes et les femmes qu’ils vont élire vont également faire évoluer leur statut dans le bon sens. Apparemment le bon sens n’est pas forcément celui vers lequel s’orientent les hommes politiques qui sont actuellement aux commandes de la région s’ils se désintéressent totalement de ce qui nous sera proposé .

    C’est vrai que la construction d’une route sur la mer, qui sera probablement presque immergée dans un siècle si la planète n’arrive pas à réguler le réchauffement climatique qui est en train de s’accélérer, constitue l’une des plus mauvaises décisions qui aura été prise par les élus réunionnais depuis que les lois de décentralisation leur ont donné le droit de décider eux mêmes comment réaliser leur infrastructure routière. D’une part parce que cette route sur la mer suspend une épée de Damoclès sur la tête de tous les Réunionnais car malgré toutes les prouesses techniques dont elle fait preuve , elle pourrait être détruite par les éléments déchainés , ce qui renverrait les réunionnais à plus de 60 ans en arrière , mais d’autre part également parce que sa réalisation est manifestement trop coûteuse pour le budget de la Région Réunion qui devra faire face dans les années qui viennent à la disparition d’une part importante de ses ressources , telles que l’octroi de mer , et à la réduction des financements européens qui seront mobilisés vers d’autres destinations , etcet...

    Cette route sur la mer aurait pu être évitée si ceux qui ont décidé de la construire travaillaient vraiment dans l’intérêt des Réunionnais car le passage sur la terre en hauteur ou par tunnel aurait été sûrement moins cher .

    En effet si la route des tamarins longue de 35Km a couté environ 1,3 milliard d’euros , il est clair qu’une route par les hauts d’une longueur maximale d’environ 15Km pour respecter l’obligation des 4% de pente permettant de combiner route et voie ferrée n’aurait pas coûté plus cher , malgré l’obligation de passer par un tunnel sur la moitié du trajet .

    Il y a eu beaucoup d’informations erronées qui ont été diffusées sur le coût de la partie tunnel pour justifier le refus de faire chiffrer le passage par les hauts notamment au niveau de son coût de réalisation et de fonctionnement .Mais ce qu’il faut savoir c’est que l’entreprise Bouygues qui a obtenu le marché de la route sur la mer a réalisé entre 2007 et 2011 un tunnel de plus de 15m de diamètre en Chine pour relier par un passage sous fluvial la ville Chang Xing et le district de Shanghai -Pudong pour un budget estimé à 185 million d’euros au total dont 74millions pour sa filiale travaux public (cf les données disponibles sur le net ). C’est vrai que le coût de l’opération est sans doute en partie justifié par le faible coût de la main d’oeuvre chinoise et des matériaux utilisés , mais quand même il y a une sacrée différence entre le prix de cet ouvrage de 9KMm et les fameux 3,2milliards d’euros qui sont déjà avancés pour réaliser notre route sur la mer. (1,650 milliard de marchés déjà passés plus 600 millions d’euros de révisions de prix déjà annoncés par Didier Robert lui même et enfin plus les 950 millions estimés pour la liaison de la route en mer avec le réseau routier Dionysien )

    Il est probable que si elle avait été consultée sur le projet de passage par les hauts , l’entreprise Bouygues qui possédait déjà un tunnelier géant de 15,43m de diamètre et qui connaissait déjà bien les problèmes posés par la réalisation d’un grand tunnel , aurait pu proposer une évaluation beaucoup moins coûteuse pour le passage par les hauts . Car avec un tunnelier de 15,43m de diamètre on peut envisager de construire un ouvrage qui pourrait faire passer de manière superposée , une deux voies routières avec sa bande d’arrêt d’urgence , une voie ferrée et un passage pour les piétons et les cyclistes en comptant 2,5m pour les piétons et les cyclistes , 3m pour la Bande d’arrêt d’urgence et 3,25m pour les deux voies routières et pour la voie de chemin de fer , soit au total une emprise utile de 15,25m pour les voies de circulation dans chaque partie superposée du tunnel , en taillant un peu les cotés du tunnel pour y installer les piliers destinés à supporter le tablier des voies situées dans la partie supérieure du tunnel.

    L’aération des deux parties superposées du tunnel aurait été réalisée par des cheminées d’extraction d’air installées tous les 200m. Le sens de circulation aurait dans ce cas été inversé dans les deux parties superposées du tunnel .

    Pourquoi ces options de passage par la terre, soit par un tracé combinant tunnel et passage à l’air libre , soit par un tracé exclusivement en tunnel utilisant le tracé qui avait déjà été approuvé pour le projet de tram train , options que j’ai moi même signalées par un courrier personnel à toutes les têtes de listes des élections régionales de 2010 en attirant leur attention sur la nécessité de contrôler le coût des travaux publics à l’île de la Réunion ,n’ont-elles pas été chiffrées ?

    Cette volonté d’écarter l’estimation de certaines options pour la réalisations d’un ouvrage public capital pour l’avenir de la Réunion est une faute politique très grave que les électeurs doivent sanctionner à l’occasion de ces élections régionales .

    Peu importe qui devra gagner l’ élection régionale de 2015, ce qui est important c’est d’arrêter la folie dans laquelle les réunionnais se sont déjà engagés . C’est vrai que le statut politique des réunionnais est important , mais ils doivent aussi se rendre compte également que la manne des crédits de la mère Patrie et de l’Union européenne ne va pas augmenter, mais au contraire va être réduite au minimum exigé par la solidarité . Et si les réunionnais doivent compter que sur eux mêmes ,ils doivent comprendre qu’il faut changer de cap pendant qu’il est encore temps . Ils n’ont vraiment pas les moyens de prendre le risque que dans quelques années leur nouvelle liaison entre l’Est et l’ouest soit détruite par une catastrophe naturelle les projetant à plus de 60 ans en arrière . Les difficultés à surmonter seraient alors au centuple de celles qu’ils ont connues dans les années 1960 lorsque la route en corniche à été livrée . Cette première route n’ aura duré qu’une quinzaine d’années ,et celle qui la remplacée n’aura duré qu’une quarantaine d’années . Il faudrait que la nouvelle liaison dure beaucoup plus longtemps , mais pour en être absolument certain il ne faut pas la construire sur la mer .

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  • A propos de la responsabilité de l’Etat sur la prise en charge des conséquences des conneries des collectivités territoriales, Ce n’est pas parce que l’Etat va confirmer la responsabilité d’une connerie qu’il en supportera la responsabilité . A plus forte raison lorsqu’il ne le confirme pas .

    La route en mer entre la Possession et saint Denis de la réunion est manifestement une grosse connerie , ou comme le disait récemment de manière plus virulente un article de Témoignages, un crime contre les générations futures , et que cette connerie soit faisable ou pas , et que sa faisabilité soit confirmée par les fonctionnaires de l’Etat quelque soit leur niveau de responsabilité , en application du principe de l’autonomie de gestion des collectivités territoriales prévues par la constitution française " les collectivités territoriales s’administrent librement " la responsabilité des décisions qui sont prises incombe toujours à la collectivité concernée .
    Certes , lorsque les élus ont été manifestement trompés par les mauvais conseils des fonctionnaires concernés , il pourrait y avoir un partage de responsabilité entre l’Etat et la collectivité , mais les tribunaux administratifs ne vont jamais accepter d’exonérer complètement les collectivités locales qui ont pris de mauvaises décisions sur la base des conseils fournis par les services de l’Etat . Surtout s’il s’avère que certains élus de l’opposition ou certains chefs de services territoriaux ont attiré l’attention de leur assemblée sur les risques qu’elle prenait en s’engageant dans la direction contestée .

    Il ne faudrait donc pas se leurrer et croire qu’en cas d’arrêt du chantier de la route en mer l’Etat va assumer seul la responsabilité des conséquences de cet arrêt du chantier pour les entreprises qui ont obtenu les marchés pour sa réalisation .

    Néanmoins , même si la part de cette responsabilité qui serait mise à la charge de la Région Réunion en cas d’arret des travaux serait importante , il vaudrait mieux qu’elle assume cette part de responsabilité plutôt qu’elle continue d’engager les réunionnais dans une voie que beaucoup de monde aujourd’hui considère comme une folie , une incurie , un manque de respect non seulement pour le travail qui permet de collecter des impôts qui financent les ouvrages publics, mais également pour les électeurs en général qui demandent à leur élus, avant tout chose, de prendre les meilleures décisions non seulement pour eux mais aussi pour les générations futures .

    Et à mon avis, comme les élus sortant ont montré largement qu’ils sont allés trop loin dans cette voie de l’incurie et du manque de respect de leurs électeurs sur ce dossier de la nouvelle route du littoral , il vaut mieux peut être que ces derniers les invitent à prendre définitivement la porte de sortie, et prennent le risque d’être obligés de payer une somme assez conséquente pour indemniser les entreprises qui devront abandonner le chantier de la route sur la mer plutôt que de les laisser faire et les encourager à creuser encore plus profondément le trou dans lequel ils sont en train d’enterrer la Réunion en défiant irrespectueusement les forces de la nature .

    Il y a un proverbe qui dit il ne faut pas tenter le diable . Les électeurs réunionnais devrait y penser avant de couler leur bulletin de vote dans les jours qui viennent .

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