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Paul Vergès : le changement en 2012

L’alternance en France va permettre la construction du tram-train

Témoignages.re / 10 septembre 2010

Dans son édition d’hier, le "Journal de l’île" a fait sa "Une" sur une interview de Paul Vergès. À en croire la quantité de commentaires suscités par cet article, c’était l’événement politique du jour. Lors de cet interview, le président de l’Alliance a donné son point de vue sur notamment quatre points importants : la mobilisation contre le projet de réforme des retraites, le bilan du premier semestre de Didier Robert à la tête de la Région, le retour du tram-train avec l’alternance en 2012 et les perspectives immédiates. Extraits.

1. La mobilisation contre le projet de loi sur les retraites

« C’est une manifestation importante à La Réunion compte tenu de l’affluence et de la diversité sociale des participants. J’ai vu des gens très modestes, des travailleurs, des chômeurs défiler. La fonction publique était également très représentée avec les enseignants, les postiers, les agents des Impôts... Il y avait enfin les jeunes. C’est la première fois que l’on voit dans une manifestation cette présence très diversifiée où chaque groupe ajoute au mot d’ordre commun ses propres revendications. Cette mobilisation simultanée est le reflet de la crise que subissent les différentes catégories socioprofessionnelles. Ce qui m’a frappé, c’est que les organisations syndicales ont développé la même argumentation que leur centrale en métropole. Il manquait à mon avis la prise en compte de la situation particulière de La Réunion. Ce nouveau régime des retraites, tel qu’il est proposé par le gouvernement, est inopérant pour la moitié des Réunionnais.
Tout le monde reconnaît pourtant qu’une réforme des retraites est indispensable si l’on veut sauver le régime par répartition. Personne ne conteste la nécessité d’une réforme et il n’est évidemment pas question de remettre en cause le régime par répartition. Mais si vous repoussez l’âge légal de la retraite à 62 ans, vous augmentez mécaniquement le nombre de personnes déjà privées d’une pension à taux plein. Cette réforme va donc aggraver la situation économique et sociale de La Réunion et des autres Départements d’Outre-mer. (…)
La réforme doit absolument tenir compte de la situation économique, sociale et démographique de notre île. Le gouvernement ne doit pas avoir une approche purement comptable. Il doit aussi tenir compte des spécificités des régions ultra-marines. Le président de la République a fait des propositions en faveur des salariés dont le travail est pénible ou les carrières exceptionnellement longues. On peut très bien imaginer que La Réunion puisse bénéficier de mesures dérogatoires plus favorables à l’issue d’une mission d’inspection qui permettrait de mettre à plat toutes les problématiques locales ».

2. Six mois de communication de Didier Robert à la tête de la Région

« Didier Robert fait beaucoup de communication. La communication, ce n’est pas de l’information, c’est de la propagande. Didier Robert a commis plusieurs fautes de principe. Je pense notamment à la continuité territoriale qui relève de la responsabilité de l’État. Il s’est substitué au gouvernement dans le financement des billets d’avion et a trahi, de fait, les accords signés jusqu’ici entre la Région et les autres Régions ultrapériphériques. Allez demander à un habitant des Açores, ou plus proche de nous, à un Corse, de financer la liaison entre son île et le continent. Je vous laisse imaginer la réponse.
Le président de la Région a commis une deuxième erreur en stoppant pour des raisons purement idéologiques notre projet de MCUR (Maison des civilisations et de l’unité réunionnaise). En Corse toujours, le ministre de la Culture s’est inspiré justement du schéma réunionnais pour demander au peuple corse d’exalter leur culture.
On ne peut pas évoquer les premières décisions de Didier Robert sans également rappeler qu’il a privé d’un coup de plume l’économie réunionnaise d’un investissement de 1,5 milliard d’euros en mettant un terme au projet de tram-train. À ce titre, le président de la Région ne manque pas d’humour : il est capable un jour de supprimer tous les grands chantiers dans lesquels la collectivité était engagée avant son arrivée tout en soutenant le lendemain la candidature de Margie Sudre au Conseil supérieur de la commande publique. Le gros problème de Didier Robert enfin, c’est qu’il appartient à une formation politique qui dirige actuellement le pays. Il a cette délicate mission d’expliquer la politique de restriction de ce gouvernement qui se soldera par des échecs sérieux aux prochaines élections ».

3. Le tram-train au rendez-vous de l’alternance en 2012

« Ce projet n’est pas mort, loin de là. En 2012, la Gauche gagnera l’élection présidentielle et la France renouera avec l’alternance à la tête de l’État. Cette nouvelle donne politique remettra immédiatement le tram-train sur les rails, le Parti socialiste ayant déjà validé depuis longtemps ce projet à l’échelle nationale. Le tram-train est encore possible ainsi que la Maison des civilisations ».

4. La perspective de l’après-2012 : rupture avec le développement post-colonial

« Notre environnement régional nous commande une politique d’intégration à la France et à l’Europe, mais aussi à notre environnement proche. Nous devons élaborer ensemble des solutions pour mettre en place les bases du développement durable. Au-delà de nos différences, il nous appartient de construire pour l’après-2012 les bases d’un programme de développement durable en rupture avec le développement post-colonial ».


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