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PCR : les Réunionnais ont le droit de choisir ce qui est bon pour eux

Assemblée unique avec des compétences législatives et réglementaires, fonds de développement : propositions des communistes pour La Réunion

Manuel Marchal / 4 février 2016

Hier à Saint-Denis, le PCR a rencontré la presse pour présenter son analyse sur l’évolution de la situation sociale, économique et politique à La Réunion. Les secrétaires généraux Maurice Gironcel, Yvan Dejean et Ary Yée Chong Tchi Kan représentaient le Parti communiste réunionnais.

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Maurice Gironcel, Yvan Dejean et Ary Yée Chong Tchi Kan

Maurice Gironcel est intervenu sur la situation sociale et économique. Elle « commande de nous exprimer. Nous assistons, sans que cela provoque de débats, à une dégradation de la situation. Les problèmes de la population en difficulté sont escamotés », dit-il.

« Au cours des 2 dernières semaines, la situation générale s’est dégradée, en accéléré. Cela se retrouve dans les chiffres du chômage malgré un taux de croissance revu », précise le dirigeant communiste.

Il revient ensuite sur une interview de la ministre des Outre-mer publiée la semaine dernière dans la presse. Pour le PCR, elle donne « l’impression d’un sentiment d’impuissance ou de fatalisme ».

« Impuissance, car elle sous-entend que les solutions ne sont pas dans les mains du gouvernement, mais chez les acteurs économiques et l’Europe.

Fatalisme, avec aucune solution concrète à moyen et court terme proposée ».

Canne à sucre : le plus dur devant nous

Maurice Gironcel pointe quelques thèmes dans cet entretien :

Sur le chômage, la ministre propose une solution dépendant du pacte de compétitivité, « Face à l’ampleur du chômage, ce pacte ne donne pas de solution », constate le PCR.

Pour le logement social : la ministre fait porter la responsabilité du mauvais bilan sur les opérateurs locaux et la qualité de leurs dirigeants, car ces derniers ne présentent pas de bons dossiers. « Les opérateurs ont dû apprécier… », note Maurice Gironcel.

Sur la fin des quotas sucriers, la ministre se défausse sur Bruxelles pour 2017. « Et si demain il n’y a aucune solution ? Si le régime d’aide envisagé n’arrive pas ? »

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Maurice Gironcel a présenté l’analyse de la situation sociale, économique et politique de La Réunion.

Les nouvelles qui viennent de l’Europe ne rassurent pas du tout le PCR.

« Nous avons écrit le 4 août 2015 à François Hollande pour lui rappeler ses promesses faites un an plus tôt » lors d’un discours dans la cour de l’usine de Bois-Rouge. Là encore, « il faudra se battre comme des chiffonniers », dit la ministre.

Sur les sucres spéciaux, l’accord avec le Vietnam sur les 400 tonnes sans droit de douane n’empêche pas l’importation d’une quantité supérieure. Il faudra alors s’acquitter de 419 euros de taxe par tonne.

« Croyez-vous que la taxe de 419 euros va mettre hors de danger les problèmes de la filière canne-sucre ? », interroge le secrétaire général du PCR. Pour le PCR, cela ne règle rien car le Vietnam pourra exporter ses sucres spéciaux. « On ne sait pas comment cela va se passer avec la Thaïlande. L’Europe a donné son accord pour faire entrer les sucres spéciaux du Vietnam. D’ailleurs Younous Omarjee dit que le plus dur est devant nous ».

La Réunion et la zone de libre-échange de plus de 600 millions d’habitants

Concernant l’égalité réelle, les propos de la ministre sont « très vagues ». « Quel est le contenu du pré-rapport remis par Victorin Lurel à Manuel Valls ? Elle parle de plans territoriaux… »

« On est encore dans le domaine de la réflexion alors que la situation commande l’action », souligne Maurice Gironcel. Quant à l’expression utilisée par la ministre dans son entretien paru dans la presse, « cette fameuse loi »…, cela pose question au PCR.

Maurice Gironcel rappelle que dans 120 jours, dans notre région, 26 États dont 4 États membres de la COI vont se regrouper dans un marché régional de 600 millions de consommateurs dont l’objectif est de faciliter la circulation des biens, des produits et des services.

« La Réunion aura face à elle un bloc de 600 millions d’habitants. Personne ne s’inquiète de cela », déplore-t-il, c’est à ce moment que se négocie l’APE entre l’Union européenne et ce bloc régional. Toujours dans le but de favoriser les échanges commerciaux. La Réunion faisant partir de l’Union européenne, tous les produits pourront déferler sur notre pays », précise le responsable communiste. « Le PCR seul à en parler, or le risque est grand de voir disparaître notre production ». La décision de la COI de faire de Madagascar le grenier de l’océan Indien n’est pas non plus rassurante. « Enfin, des négociations sont ouvertes pour définir le statut économique de la Chine. L’objectif est la reconnaissance d’une économie de marché. Si c’est le cas, la Chine aura le droit d’exporter sa production partout au nom de la concurrence libre et non faussée ».

« Qui pour défendre nos intérêts, notre production ? »

« La Réunion est sans voix dans les différentes instances où cela se discute », souligne Maurice Gironcel, « qui pour défendre nos intérêts, notre production ? Le PCR a des propositions ». « Devant tant de danger et d’inquiétude, La Réunion est absente des décisions qui sont prises dans son dos ». D’où une des propositions du PCR : « nous affirmons qu’il faut sortir de l’application mécanique de l’intégration ».

« Nous pensons que la grande loi promise par le président de la République sur l’égalité réelle doit être l’occasion de lancer ce grand débat, sur les institutions, la gouvernance. D’autres disent que l’on arrivera à l’assemblée unique », poursuit Maurice Gironcel. François Hollande a dit que chaque pays d’outre-mer doit faire connaître ses propositions, rappelle-t-il.

Propositions pour l’égalité réelle

« Le 6 août dernier, nous avons envoyé à Victorin Lurel un document de plusieurs pages . Que font les autres ? Le PCR a rendu ce document public, il est prêt au débat ». Et d’inviter les autres formations politiques à informer la population sur les propositions qu’elles ont faites pour le projet de loi sur l’égalité réelle.

Le PCR est là pour défendre le peuple réunionnais et apporter une voie originale au développement du pays. « Les problèmes sont connus : chômage, logement, vie chère.

Nous devons mener ce combat pour un projet réunionnais », indique Maurice Gironcel. 70 ans après la loi du 19 mars 1946, c’est la nécessité de changer radicalement de politique dans notre pays, dit-il en substance. Le PCR demande toujours que ce jour soit célébré, et organisera une manifestation pour commémorer le 70e anniversaire de la loi qui a mis fin au statut colonial.

Yvan Dejean conclut. Face des problèmes très complexes, nous devons unir notre peuple sur des propositions claires et simples, dit-il en substance : « affirmation d’une assemblée unique, d’un fonds de développement réunionnais, de compétences réglementaires et législatives pour décider de ce qui est bon ou pas pour nous ici. Dans beaucoup de partis politiques, ces idées sont traduites différemment n’en faisons pas un problème de mot, mais mettons-nous d’accord sur une perspective commune ».

M.M.


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