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PCR : « Où veut-on mener La Réunion ? »

Conférence de presse du Parti communiste réunionnais

Témoignages.re / 19 juin 2013

Un rapport d’un ancien secrétaire d’État à l’Outre-mer, Jean-Jack Queyranne, remet en cause la pertinence des exonérations sociales et fiscales, les annonces sur la réforme des retraites inquiètent, des déclarations sur la surrémunération interpellent, où veut aller le gouvernement et que disent ces amis, en particulier les députés élus voici un an. Le PCR pose les questions et continue de peaufiner son projet dans la perspective du 8e Congrès.

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Yvan Dejean et Fabrice Hoarau ont donné la position du PCR hier en conférence de presse.

Fabrice Hoarau et Yvan Dejean ont rencontré hier la presse pour donner la position du PCR sur deux dossiers. Tout d’abord, la politique économique et sociale et les risques d’aggravation. Ensuite sur un enseignement essentiel de la visite de George Pau-Langevin, ministre déléguée à la Réussite éducative, pour qui « il faut réhabiliter la langue de la maison pour structurer le langage ».

Sur la politique économique et sociale, Fabrice Hoarau évoque tout d’abord une commande du Premier ministre : un rapport rédigé par Jean-Jack Queyranne, ancien secrétaire d’État à l’Outre-mer.

Des aides remises en cause

L’ancien ministre préconise de baisser les exonérations des cotisations sociales des entreprises qui étaient en application dans la LODEOM. Ces exonérations représentent pour tout l’Outre Mer : 200 millions euros par an. Le rapport préconise aussi la fin du remboursement de la TVA non perçue, cela représente environ 100 millions, et il remet en cause les aides au transport et notamment les aides au transport de canne.

« Si tout cela est supprimé ou diminué, ce sont des centaines de millions en plus à la charge des entreprises qui accusent déjà un retard fiscal et social de près de 1 milliard d’euros » , constate Fabrice Hoarau.

En plus de ces menaces, il faut ajouter le problème de la défiscalisation. Elle est défendue par les professionnels des Dom et des élus, mais fortement contestée par le ministère de l’Économie, à tel point que l’arbitrage du Premier ministre est demandé.

Quand on voit cette conjoncture économique, il est évident que l’inquiétude grandit dans tous les milieux à La Réunion.

Et comment nos jeunes diplômes ou pas, bacheliers ou pas pourront-ils se faire une place demain dans notre société ?

Pour « des solutions de rupture »

« C’est tout cela qui nous amène à dire qu’il est temps de faire une nouvelle politique. Il faut trouver des solutions de ruptures avec les recettes traditionnelles. C’est tout le but de notre prochain Congrès » , ajoute le représentant de la Direction collégiale. Car ces jeunes sont durement touchés par le chômage, et voient leurs perspectives s’assombrir.

Pour terminer, « nous avons longuement parlé des problèmes de l’emploi des jeunes et les proclamations au plus haut niveau de l’Etat concernant l’emploi des "Ultramarins" dans leur pays« , rappelle Fabrice Hoarau , c’est pourquoi « la prise de position du ministre de l’Outre mer à propos des Réunionnais policiers exerçant en France n’est pas acceptable » .

En conclusion, le PCR dit sa grande inquiétude après les préconisations du rapport Queyranne, après les déclarations du gouverneur de la banque de France, après la position de Bercy concernant la défiscalisation, après ce que l’on peut supposer des conséquences à La Réunion de la prochaine réforme des retraites : où veut-on mener La Réunion ?

En définitive quelle est la politique du gouvernement pour La Réunion ? Qu’il le dise clairement ! Ou que ses amis, et ils sont nombreux, ils sont 7 parlementaires, qu’ils le disent.

« Quant à nous, nous avons un projet pour La Réunion. On est pour, on est contre. Mais nous en avons un et nous allons l’affiner lors de notre Congrès » , conclut le PCR.

Retraites : inquiétudes

Vers quoi va-t-on dans le cadre de cette réforme :

1/ recul de l’âge de la retraite ;

2/ : allongement des durées de cotisations de 41,5 à 44 ans et

3/ la sous indexation de la retraite par rapport à l’inflation.

Cela veut dire quoi ? Cela veut dire que si on est chômeur et qu’on allonge tout et bien quand on arrive à l’âge de la retraite on ne percevra jamais une bonne retraite et la seule perspective, c’est le minimum vieillesse.

L’autre conséquence de la réforme de la retraite tel que chacun l’appréhende c’est une baisse du pouvoir d’achat des retraités. La sous-indexation n’aura pas d’autres conséquences.
Fonction publique : réunir les acteurs concernés

Le rapport Moreau sur la réforme des retraites dit qu’il faut diminuer l’écart entre la fonction publique et le privé. Si cette question est abordée cela va impacter directement les fonctionnaires d’État retraités de l’Outre Mer.

Ces derniers touchent une indexation par rapport à leurs collègues de France. Croire que si cette question vient en débat et que cela ne posera pas le problème des salaires dans le Fonction publique outre-mer, c’est faire la politique de l’autruche.

De plus, nous avons eu en l’espace à peine d’une quinzaine de jours des attaques ciblées sur la surrémunération qui devraient faire réfléchir l’ensemble des parties concernées.

Nous n’arrêtons pas de dire qu’il y a un danger dans cette période de crise de voir Bercy faire main basse sur la sur rémunération qui représente outre-mer près d’un milliard d’euros par an. Et les dernières attaques en date doivent quand même réveiller l’opinion. C’est la déclaration du gouverneur de la banque de France. Il y a eu ensuite les attaques du président de la FEDOM. Tout cela venant s’ajouter aux déclarations des parlementaires comme MM Arthuis ou et Laffineur, etc.

« C’est la raison pour laquelle nous ne cessons de dire qu’il faut réunir tous les acteurs concernés — syndicats de fonctionnaires, élus, pouvoirs publics — pour élaborer ensemble une proposition partagée et défendue par tout le monde avant que nous ne soyons mis devant le fait accompli par Bercy sans moyens de riposter » , précise le PCR qui a des propositions, « connues de tous ».


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