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« Peu de place à l’examen sérieux des problèmes »

Déclaration de quatre syndicats participant à la conférence

Témoignages.re / 30 octobre 2012

Les syndicats CFDT, CGTR, UNSA et Solidaires ont adressé hier à la presse le texte de la déclaration lue hier à l’ouverture de la conférence économique et sociale. En voici le contenu :

« La CFDT, la CGTR, l’UNSA et Solidaires regrettent la précipitation qui préside aux travaux de la Conférence dite Économique et Sociale.

Ils ne s’étendront pas sur les contorsions d’un gouvernement, en butte à un lobbying indécent du patronat, dans sa recherche de l’intitulé consensuel de ladite Conférence qui reste malgré et avant tout Économique.

La composition des invités révèle plus d’une trentaine de patrons pour seulement 7 syndicalistes. La part belle revient à la technostructure (61 hauts fonctionnaires de l’État). Il est permis d’espérer que celle-ci soit un peu moins perméable que les élus et l’État au chœur de pleureuses des acteurs économiques.

Tout en ne cédant en rien sur la question de la représentativité, une réelle représentation de la société civile nécessiterait de rectifier le tir.

L’inflation de participants laisse peu de place à l’examen sérieux des problèmes.

Fixer la date de la Conférence en fonction de l’agenda du ministre des Outre-mer est une raison qui n’est pas raisonnable au regard de notre dramatique situation. Cela entache la crédibilité de l’État.

Le programme et l’organisation de ces 2 jours sont manifestement ficelés à la va-vite et souffrent d’un manque flagrant de lisibilité.

A l’heure où nous vous parlons, avouons-le, personne ne connaît vraiment les conditions de l’exercice.

Nous sommes à 2 mois de l’extinction de la prime Cospar et du passage certainement douloureux du RSTA au RSA. Va-t-on vers la disparition de cette prime de rattrapage alors que la vie aujourd’hui est plus chère qu’en 2009 ? L’immédiateté de réponses sur ce point est une ardente obligation. Elle est une condition sine qua non à la réussite des travaux, un élément essentiel de notre participation à la Conférence.

La Conférence répondra elle, plus globalement, à l’Urgence Sociale posée, au moins, depuis début 2009 ?

Nous ne voulons plus d’EGOM, de CIOM. Ces tentatives dilatoires ont fait croitre l’exaspération déjà en trop-plein. Aujourd’hui, le pourquoi et comment de ces travaux nous semblent relever d’une commande gouvernementale à caser dans un agenda gouvernemental qui n’est pas celui de la situation réunionnaise.

La volonté patronale de négocier fait défaut. L’égoïsme et/ou l’impéritie des employeurs du secteur public et privé se sont clairement révélés lors des évènements de 2009. Depuis s’appuyant sur la « crise », ceux-là mêmes campent dans un déni agressif du dialogue social. Les négociations engagées au national, par exemple sur la sécurisation de l’emploi, témoignent de cette volonté de casser les droits sociaux collectifs. Ce climat a poussé des apprentis sorciers (et pas des moindres !), toute honte bue et sans vergogne, à tenter de faire main basse sur l’argent des salariés du BTP, dans des conditions qui laissent songeur quant à leur appétence pour le dialogue social. Leur revendication exprimée publiquement de pouvoir librement travailler au noir témoigne de la nécessité pour l’État de se porter garant de l’ordre public social, menacé par ceux-là mêmes qui en sont pourtant les acteurs principaux.

Face à l’arrivée du nouveau gouvernement, l’attitude de confrontation, idéologique des organisations patronales, ici comme dans l’hexagone, laisse espérer peu de marge de manœuvre dans le champ social. Que chacun mesure bien les conséquences qui pourraient en résulter.

Il est plus que temps que nos décideurs politiques comprennent enfin l’étendue de la répression syndicale et la souffrance au travail. Les décideurs ne peuvent dire qu’ils ne savent pas.

Cette conférence est mal engagée. Néanmoins et notamment au regard de la gravité de la situation, nous participerons aux travaux. »


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