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Plus de 169.000 Réunionnais inscrits à Pôle emploi : l’impasse

Les effets du cadre actuel

Témoignages.re / 28 décembre 2013

Plus de 169.000 Réunionnais inscrits à Pôle emploi. Le nombre de demandeurs d’emploi a augmenté de plus de 8.000 en un an. L’impasse du système apparaît chaque jour de plus en plus flagrante.

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Les jeunes méritent autre chose que le chômage ou l’émigration. (photo C.F.)

Pas assez d’emplois à La Réunion : cela reste le révélateur le plus important de la crise structurelle qui touche notre île depuis déjà plusieurs décennies. Jeudi soir, Pôle emploi a diffusé ses dernières statistiques. Elles montrent une légère inflexion de la courbe en novembre, avec officiellement 169.240 Réunionnais à la recherche d’un travail, contre 170.390 le mois précédent. La lecture des statistiques indique que la moitié de cette baisse est imputable aux jeunes. Cela voudrait dire que les emplois d’avenir commencent à tourner à plein régime.

Mais avec une lecture à plus long terme des mêmes statistiques, il apparaît que le chômage continue d’augmenter. Sur 12 mois, le nombre total de demandeurs d’emploi croît de plus de 8.000. Quant aux jeunes de moins de 25 ans, malgré une dotation des emplois d’avenir plus importante que la moyenne en France, ils sont 840 de plus en un an à pointer à Pôle emploi.

Ces données montrent une nouvelle fois que malgré tous les dispositifs mis en œuvre, cela reste insuffisant pour répondre à la crise.

Or, le droit à un travail doit être garanti pour n’importe quel citoyen de la République, qu’il habite à Paris ou à La Réunion.

Près d’un Réunionnais sur deux très pauvre

Parce que ce droit n’est pas respecté à La Réunion, alors les Réunionnais subissent des effets très graves. Le manque de travail entraine une diminution des revenus. Cela explique pourquoi près de la moitié de la population vit en dessous du seuil de pauvreté.

Le cadre actuel ne propose pas de mesures supplémentaires à celles déjà en vigueur. Pendant ce temps, la population active de La Réunion continue d’augmenter au rythme d’environ 7.000 par an.

Cette poussée va se prolonger encore de nombreuses années. Chaque année, la population augmente de 10.000 habitants. Et tous les ans, 10.000 Réunionnais sont reçus au bac. Cela veut dire que tôt ou tard, l’économie devra être capable de proposer à ces 10.000 jeunes par an un emploi, tout en répondant aux demandes des Réunionnais qui quittent l’école sans le bac, et sans exclure tous les Réunionnais déjà au chômage.

La démographie de La Réunion relativise donc d’emblée toutes les mesures prévues par ce gouvernement. Dans la lutte contre le chômage à La Réunion, force est de constater que ce dernier ne fait pas mieux que ses prédécesseurs. C’est l’échec du traitement social du chômage. Car les mesures qui s’appliquent ne tiennent pas compte de nos besoins spécifiques.

L’alternative du développement

L’autre voie possible, c’est celle du développement de La Réunion. Il est certain que l’île va compter un million d’habitants. La logique veut que tout soit mis en œuvre pour s’y préparer dans tous les domaines.

L’Alliance avait lancé un programme d’autonomie énergétique et de grands chantiers pour l’échéance. Il s’agit de libérer La Réunion du charbon et du pétrole, et donc de laisser dans notre île les centaines de millions d’euros dépensés pour faire venir ces produits polluants.

Cela suppose créer des moyens de production, et un réseau de transport collectif fonctionnant à l’électricité pour garantir la mobilité d’un million d’habitants sur un petit territoire. Le tram-train apporte une partie de la réponse.

En attendant que se mettent en place ces nouvelles filières, il existe la proposition d’une autre utilisation des crédits du traitement social du chômage. Plutôt que payer des emplois précaires, utilisés pour faire du clientélisme électoral par des élus sans scrupule, l’Alliance et le PCR proposent que ces crédits financent la création de deux services d’intérêt public dans l’environnement et l’aide à la personne. Il s’agit de pérenniser l’activité des travailleurs qui sont déjà employés dans ces deux secteurs, grâce à des formations et un plan de carrière. La gestion de ces emplois serait confiée à une autorité indépendante de toute pression électorale, avec une représentation paritaire des employeurs, des travailleurs et des financeurs.

Ces mesures remettent en cause le cadre actuel. Car au lieu de financer des monopoles privés basés surtout en France, elles orientent les crédits publics vers la création d’activités durables à La Réunion. C’est là que peut se dessiner la sortie de l’impasse.


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