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« Plus un emploi créé à La Réunion ne doit échapper aux Réunionnais »

AJFER

Témoignages.re / 28 janvier 2011

Alors que Roselyne Bachelot, ministre des Solidarités et de la Cohésion sociale sera en visite dans l’île, vendredi et samedi de la semaine prochaine, le président de l’Alliance des jeunes pour la formation et l’emploi à La Réunion, Gilles Leperlier, exige dans un communiqué à lire ci-après « que toute la transparence soit faite sur le recrutement à La Réunion et que la priorité soit donnée à l’embauche des Réunionnais ».

« En matière de cohésion sociale, il convient de dire qu’elle repose sur différents piliers dont la question de l’emploi ; c’est en effet aujourd’hui la première préoccupation des jeunes réunionnaises et réunionnais.

La situation, pour rappel, fait état de 55,3% des jeunes, à La Réunion, qui sont au chômage, soit une hausse de 3,2 points en un an. Et le contexte au sein duquel nous évoluons n’envisage aucune amélioration avec de nombreuses entreprises à La Réunion qui sont sur le point de mettre la clé sous la porte et d’autres qui sont d’ores et déjà recalées au rang des souvenirs, avec comme conséquence directe des licenciements.

Face à cela, l’Alliance des jeunes pour la formation et l’emploi à La Réunion n’a eu de cesse depuis plus d’un an de plaider pour la priorité à l’embauche des Réunionnais. Trop de postes en effet aujourd’hui sont occupés par des personnes venant de l’extérieur alors que l’île dispose d’une jeunesse formée et compétente pour ces postes.

Malgré les déclarations du président de la République rappelant la nécessité de prioriser l’embauche des Réunionnais, à la fois lors du Conseil interministériel de l’Outre-Mer en novembre 2009 faisant suite aux États généraux et lors de ses vœux à l’île de La Réunion il y a un an, nous avons pu constater, dans la réalité, des choix bien loin de ces beaux discours.

Pour exemple, des États généraux de l’Outre-Mer est née la nomination d’un sous-préfet en charge de la Cohésion sociale et de la Jeunesse, nous regrettons qu’un Réunionnais n’ait pas été nommé à ce poste, comme préconisé.
Puis, un haut commissaire en charge du Développement endogène a aussi été nommé. Ironie du sort, ce n’est toujours pas un Réunionnais.

En décembre dernier, c’est un nouveau directeur du CROUS de La Réunion qui a été nommé et, sans surprise, ce n’est pas un Réunionnais.

Beaucoup plus d’actualité, la nomination prochaine d’une nouvelle direction au Parc national des Hauts laisse craindre encore l’occupation de ce poste par une personne venant de l’extérieur. Alors qu’en sera-t-il cette fois ? Les Réunionnais n’ont-ils pas droit aux postes à responsabilités ?

Que les choses soient claires : nous ne nous laisserons pas berner par quelconque instrumentalisation et opération médiatique lors de ce voyage, notamment quand il s’agit de la nomination d’une Réunionnaise au poste de directrice de la Jeunesse, des Sports et de la Cohésion sociale de l’île. Nous nous félicitons de cette nomination tout en rappelant que notre île ne manque pas de personnes compétentes pour occuper tous les postes à La Réunion.

Lundi dernier, la ministre de l’Outre-Mer nous rendait déjà une petite visite de quelques heures, restant totalement muette face aux fléaux qui touchent notre société réunionnaise comme aucun autre département de France et d’Europe.

Le président de la République lors de ses vœux à l’Outre-Mer en ce mois de janvier a déclaré « le seul asservissement, c’est le chômage, c’est la pauvreté ». Avec plus d’un jeune sur deux au chômage et 52% de la population qui vit en dessous du seuil national de pauvreté, les ministres continueront-ils à défiler dans notre île sans évoquer l’asservissement du peuple ?

Nous réclamons que toute la transparence soit faite sur le recrutement à La Réunion et que la priorité soit donnée à l’embauche des Réunionnais. Nous exigeons également que soit dressé le besoin prévisionnel en emplois à La Réunion sur plusieurs années afin de pouvoir adapter les formations. Plus un emploi créé à La Réunion ne doit échapper aux Réunionnais.

En août dernier, l’Organisation internationale du travail tirait la sonnette d’alarme sur le chômage des jeunes. Dans un rapport, il a estimé que « les jeunes sont le moteur du développement économique », avant de poursuivre « renoncer à ce potentiel est un gâchis économique et peut peser sur la stabilité sociale ».

En l’absence de réponse des pouvoirs publics en faveur de l’emploi des jeunes, ces dirigeants porteront obligatoirement la responsabilité d’un désordre social qui est de plus en plus inévitable. L’heure n’est plus aux « effets d’annonces tribunitiennes », l’heure est à l’action ! Une fois pour toute, plus un emploi disponible à La Réunion ne doit échapper aux Réunionnais ! »


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