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Point de vue de Claude Hoarau

Tribune libre

Témoignages.re / 11 décembre 2012

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Lorsqu’en 2008, j’ai pris la Direction de la municipalité de Saint-Louis, la commune croulait sous les dettes. Les fournisseurs, faute de voir leurs factures honorées par la Trésorerie de Saint-Louis, en appelaient régulièrement à Monsieur le Préfet, lequel ne se privait pas, et il était dans son rôle, de m’interpeller.

Un an après la prise de fonction, des factures signées par les élus de l’équipe Hamilcaro n’étaient pas encore payées.

En 2009, année de la révélation de l’ampleur du déficit de fonctionnement, je le rappelle : 21 millions 600.000 euros, cette situation a perduré.

La commune avait-elle besoin d’émulsion pour ses routes ? Le fournisseur répondait : « Payez-moi les factures qui sont derrière et je vous livre ce dont vous avez besoin ». Il en était ainsi pour presque tous les fournisseurs. J’ai même ressenti un profond sentiment de révolte quand le fournisseur de produits laitiers a refusé de livrer les yaourts pour les enfants.

On pouvait dire alors que le déficit avait un impact direct sur le quotidien des Saint-Louisiens.

Nous ne sommes plus aujourd’hui dans cette situation.

Dans le même temps où le déficit de fonctionnement a été réduit à un peu plus de 12 millions d’euros, et où l’excédent d’investissements s’est situé à plus de 10 millions d’euros, la situation de trésorerie a été assainie.

Nous avons aujourd’hui une commune que l’on place à tout instant sous les feux de la rampe, que l’on désigne comme le mouton noir des communes de La Réunion, et qui ne doit rien à personne.

Toutes les échéances des emprunts sont honorées aux dates prévues.

Tous les fournisseurs dont les factures correspondent aux bons de commande sont payés dans un délai qui ferait envie à bien des communes.

Les salaires de tous les travailleurs sont payés au 30 ou 31 de chaque mois.

Et la commune n’a aucune dette, en dehors des annuités d’emprunts dont j’ai écrit plus haut qu’elles étaient remboursées aux dates prévues.

Au terme de l’année 2012, c’est-à-dire au 31 décembre, quand la commune aura payé tout ce qu’elle doit payer ce mois-ci, elle aura dans ses caisses 1 million 346.920 euros. En fin janvier 2013, cet excédent de trésorerie sera de 1 million 826.537 euros.

Existerait-il un miracle saint-louisien ?

Alors pourquoi tout ce tapage ? Pourquoi tous ces mensonges sur la commune qui serait « exsangue »  ?

La loi fait obligation à ce que les deux budgets soient en équilibre.

Le budget de fonctionnement a 12 millions de déficit, et le budget d’investissements 10 millions d’excédent. Cela veut dire que le déficit global n’est que de 2 millions sur un budget global de plus de 105 millions d’euros.

On comprend pourquoi à cette situation de déficit en fonctionnement et de suréquilibre en investissements correspond une situation de trésorerie qui permet à la commune d’assurer tous les paiements auxquels elle est au quotidien confrontée, et d’avoir l’aisance de trésorerie révélée plus haut.

Dans ces conditions, le temps peut être donné, sans dommage pour personne, à la commune de Saint-Louis pour éteindre son déficit de fonctionnement, et se conformer à la loi, c’est le sens de la démarche visant à obtenir une année supplémentaire pour atteindre l’objectif.

Réduire le déficit de fonctionnement à moins de 6 millions en fin 2013, pour l’effacer complètement au Budget 2014, sans avoir recours à une augmentation de la fiscalité, est donc un objectif raisonnable qui mérite l’adhésion de tous ceux qui souhaitent une avancée pour Saint-Louis.

Imposer une nouvelle augmentation de la fiscalité, prendre encore 2 ou 3 millions d’euros aux Saint-Louisiens, pour les accumuler à la trésorerie, sans que celle-ci en ait besoin pour payer quoi que ce soit, n’est pas acceptable.

Pour autant, il n’est pas question de nier que l’augmentation en 2012 des dépenses de personnel rend plus difficile le retour à l’équilibre de la section de fonctionnement.

Pendant des mois, nous avons tout fait pour sauver le maximum d’emplois compte tenu de la situation dramatique des familles. Le déséquilibre budgétaire qui devait être réduit de 6 millions cette année ne l’a été que de 4 millions, car 2 millions ont été engagés, en plus que ceux qui étaient prévus, pour les CDD.

Le moment est venu, malheureusement, de réduire de manière drastique le nombre des CDD.

J’entends déjà les mêmes qui dénonçaient les renouvellements et recrutements de CDD verser des larmes de crocodile sur la situation des agents dont les contrats s’achèveront au 31 décembre. Ils iront même démarcher chez ces derniers pour tenter un dérisoire ralliement électoral.

Je les laisse à leur sale boulot. J’entends poursuivre l’action pour qu’en mars 2014, ce soit une commune parmi les plus solides de La Réunion que je laisserai à mes camarades qui, je l’espère, assureront la relève.

Claude Hoarau


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