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Porter les propositions du PCR dans le monde

Les débats de samedi

Céline Tabou / 8 juillet 2013

Durant les débats de samedi 6 juillet, plusieurs rapports ont été présentés à partir des “Orientations du PCR pour un Pacte de développement durable, solidaire et responsable pour La Réunion”, ainsi que la “Plateforme communale” et le document, “Ravivons l’espoir” présenté par Fabrice Hoarau.

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Ces documents de travail sont la base de réflexion du Parti Communiste Réunionnais, qui devrait s’enrichir avec les interventions des délégués, dans le courant de la journée. En effet, plusieurs thèmes ont été le sujet de débat, notamment le co-développement, l’autonomie énergétique et l’urgence sociale.

« L’avènement d’une nouvelle politique »

Fabrice Hoarau a évoqué le contexte économique et social de La Réunion et du monde, avec notamment la hausse démographique et l’impact des changements climatiques. Le PCR « doit (donc — NDLR) avoir une vision du monde. Cette vision doit être basée sur une analyse approfondie de la situation mondiale, non pas seulement sur une analyse fractionnée réalisée pays par pays, mais sur une analyse globale », a noté le rapport. De plus, « les propositions du PCR pour notre pays sont la contribution de La Réunion au monde pour le développement durable de la planète ».

Dans « un monde qui va mal », le PCR a fourni son analyse de la situation internationale et particulièrement l’impact des crises économiques, financières et écologiques dans le monde et à La Réunion. Pour ce dernier, « la crise globale d’aujourd’hui est la conséquence du modèle capitaliste ». Un modèle qui « a atteint ses limites », car il lui est « impossible de résoudre les urgences sociales et écologiques ». Dans un tel contexte, le PCR préconise de prendre en compte le bouleversement de l’ordre mondial et des forces en présence, notamment venant des pays émergents. Pour permettre un développement durable, « il nous faut assumer notre double insertion dans notre environnement géographique et dans l’ensemble européen », a expliqué le rapport.

Lors de son allocution, Fabrice Hoarau a indiqué que ce 8ème Congrès est une « occasion de renforcer notre parti sur les bases et valeurs qu’il a prônées à sa création, ceux-ci, afin d’unir, tel le slogan derrière vous, d’unir nos militants et militantes, tous les Réunionnais pour plus de fraternité, de solidarité et de conviction idéologique, de manière à ce que notre parti puisse affronter avec succès les batailles à venir ». « Le 8ème Congrès est aussi l’occasion pour l’ensemble des communistes de La Réunion de célébrer le 350ème anniversaire de la naissance du peuple réunionnais », ainsi qu’apporter « sa solidarité à l’ensemble des peuples opprimés » et à « tous les mouvements progressistes du monde qui luttent pour dépasser ce système ». Pour lui, il s’agit de « l’avènement d’une nouvelle politique pour plus de liberté, d’égalité et protégeant notre planète ».

« Un parti toujours réunionnais »

De son côté, Manuel Marchal, rédacteur en chef de “Témoignages”, a présenté un rapport complémentaire au texte d’orientation “Ravivons l’espoir”, intitulé “Un parti toujours réunionnais”. Retraçant l’histoire internationale du Parti communiste réunionnais, ce dernier a indiqué que « malgré toute la répression qu’il subissait, le PCR n’a pas contré sa réflexion uniquement sur La Réunion. Il a apporté sa contribution à la solidarité avec les peuples en lutte en fonction de sa propre analyse. Cette analyse était influencée par le fait que le PCR est un parti réunionnais ».

Manuel Marchal a indiqué que les prises de position du PCR lui ont permis « d’être une organisation respectée et considérée au niveau international ». Le journaliste a retracé le soutien du PCR à l’ANC ou encore lors des évènements tragiques au Vietnam. Il a expliqué que « le modèle arrive à ses limites », car « il n’est pas capable de garantir à 6 milliards de personnes une vie décente, il en sera d’autant moins quand nous serons 9 milliards ». Manuel Marchal a préconisé deux voies : « amplifier la parole des victimes (du système - NDLR), qui pour la plupart habitent des îles ou des littoraux comme, et qui ont comme autre point commun avec nous d’avoir été colonisés » et de « donner les moyens de résister grâce au transfert de la technologie que nous arrivons à maitriser ».

Suite à ces deux rapports, Sully Fontaine, de la section de Saint-Louis, a indiqué que la « souveraineté du peuple réunionnais est de disposer et d’user librement de l’espace géographique à sa portée ». Ce dernier a porté la voie de sa section qui regrette « l’absence des camarades des partis frères, qui partagent nos objectifs ». Il a mis l’accent sur l’absence de délégation étrangère et donc de l’« incapacité à matérialiser et concrétiser les axes de notre discours ». La section « ne demande pas au PCR reconstruit de lancer l’insurrection, mais cela pourrait démarrer ici. Mais le parti doit pouvoir continuer à être le fer de lance de propositions et d’actions pour que, soient écoutées, et reconnues nos revendications ».

 Céline Tabou 

Un contexte social alarmant


• Firose Gador, de la section du Port, a évoqué la « gravité de la situation à La Réunion. Nous avons rarement connu une crise aussi importante, on voit qu’en face, il n’y a aucune perspective de redressement, si on continue à laisser les choses telles qu’elles sont ». Pour cette dernière, il en va de la « cohésion de notre société », notamment après les nombreuses manifestations et mobilisations contre la cherté de la vie et pour l’emploi. Face à « l’appel à l’aide des jeunes », des plus démunis, des demandeurs d’emploi et des travailleurs pauvres, « ce serait indigne de laisser faire cette situation d’aggravation de crise sociale ». La militante a ajouté qu’« ensemble, il faut réfléchir dans l’unité pour réussir à faire quelque chose » contre cet « apartheid social ». Firose Gador a dénoncé la hausse des inégalités qui devrait s’aggraver avec le gouvernement actuel, qui « a supprimé le RSTA ». « C’est l’honneur du PCR d’être aux côtés des travailleurs pour que soit rétabli le RSTA », a-t-elle clamé. Rappelant les propositions du parti, Firose Gador a indiqué que « cette autre politique est possible si l’on rassemble les Réunionnais sur l’essentiel de notre projet. La priorité est d’unir, de rassembler et de mobiliser les personnes les plus pauvres contre cette politique de casse sociale. Ce sont eux qui doivent être les acteurs du changement, le parti doit être à leur service ».

« L’urgence sociale est une bataille de tous les instants »


• Sylvie Mouniata, secrétaire de section de Saint-Pierre, a expliqué qu’« il faut faire autrement, en rupture avec les politiques menées, qui ne peuvent pas régler nos problèmes ». « La priorité est de remettre les gens au travail, c’est une question de dignité humaine ». Cette dernière a évoqué les contrats aidés qui devraient être encadrés pour sortir du « clientélisme ». Elle a présenté les propositions du Parti Communiste Réunionnais, notamment les deux grands services d’aide à la personne et de protection de l’environnement, qui sont deux secteurs créateurs d’emploi. Dans la fonction publique, elle a demandé à ce que « les gouvernements cessent leurs déclarations » et agissent pour les ultramarins. Cette dernière a parlé du moratoire pour permettre aux ultramarins de travailler, de même que redonner son rôle au Pôle Emploi. Sur la question du logement, le PCR propose de construire 9.000 logements par ans, afin de répondre aux demandes de logement en souffrance et d’anticiper sur la hausse démographique.

Sylvie Mouniata a souhaité une « politique harmonieuse et équitable des revenus entre le public et le privé, une politique des prix plus justes », tout en luttant contre les abus bancaires, mais aussi les monopoles. Faisant référence aux manifestations, cette dernière à appeler à un « dialogue social » qui « doit fonctionner normalement ». Dans la suite des propos de Firose Gador, Sylvie Mouniata a rappelé le soutien du PCR aux 14 associations et aux syndicats qui ont demandé la mise en place d’une table ronde pour trouver une alternative au RSTA. Il faut « amplifier la lutte contre exclusion sociale », a indiqué cette dernière, qui a conclu par une question : « Est-ce que l’on sera digne de porter la lutte de nos camarades ? ».

« C’est une question de volonté politique »


• David Lebon, secrétaire de section de Saint-Joseph, a également réaffirmé qu’une « nouvelle politique est possible », en redistribuant les richesses créées à La Réunion. Dénonçant les monopoles de l’agroalimentaire et notamment de la grande distribution, il a indiqué que ces monopoles ont « compris qu’il y a du potentiel financier à capter ici », à travers les flux de capitaux, dus à la sur-rémunération. Pour ce dernier, « un Fonds réunionnais de développement en synergie avec une autre politique publique » doit « définir de grands projets de développement durable pour notre pays ». Il a évoqué les grands axes du développement proposé par le PCR, afin de créer des emplois et relancer l’activité économique. Parmi lesquels un plan de construction de logement, un aménagement du territoire et des mesures d’adaptation face changement climatique, une politique des déplacements, car « nous ne pouvons plus subir d‘année en année les conséquences du tout automobile avec les inconvénients que l’on vit au quotidien ». Ce dernier rappelé « l’impérieuse nécessité » de la réalisation du grand projet ferroviaire de Saint-Benoit à Saint-Joseph : « On va y venir qu’on le veuille ou non ». De plus, l’autonomie énergétique, la coopération dans la zone Océan Indien et le développement de l’agriculture réunionnaise permettraient le développement de l’économie réunionnais. David Lebon a conclu son allocution en indiquant que « c’est une question de volonté politique, aller de l’avant et de développer un nouveau modèle » de société.

Une nouvelle gouvernance


• Julie Pontalba a évoqué la nécessité pour « les Réunionnais d’assumer l’avenir de leur pays ». « Pour cela, il faut qu’ils soient formés et instruits, car c’est le seul moyen nécessaire pour avoir un développement de qualité » à La Réunion. Elle a donné les grandes lignes du projet du parti comme la lutte contre l’illettrisme, qui « doit devenir une grande cause réunionnaise », à travers la mise en place d’un dispositif massif et « non des petits changements à la marge ». Pour Julie Pontalba, il s’agit d’un plan d’alphabétisation à l’échelle de l’île. Le PCR propose aussi d’adapter des rythmes scolaires au climat, de prendre en compte la langue maternelle de l’enfant, car « chaque enseignant qui prend en charge un enfant réunionnais, doit arriver à maitriser la langue de l’enfant ». « Il ne suffit pas de parler, il faut passer à l’action », a prévenu Julie Pontalba. Cette dernière préconise le développement d’un pôle d’excellence à l’université, la reconnaissance de l’identité et de la culture réunionnaise, « le recrutement des Réunionnais pour qu’ils participent au développement de leur pays » ainsi qu’une fiscalisation juste. Pour cela, il faut une analyse des dispositifs afin de « corriger les effets pervers pour répondre aux besoins de développement et de justice sociale. Il y’a de l’argent à La Réunion qui peut être utilisé ». Il faut « revoir le cadre juridique et institutionnel », particulièrement l’alinéa 5, appelé amendement Virapoullé, car « c’est un enjeu pour La Réunion de supprimer cet article, qui nous bloque ». Dans le cadre de la gouvernance, « l’assemblée unique apparaît comme la meilleure organisation institutionnelle et administrative », a conclu Julie Pontalba.

Une plateforme communale


• Jean-Hugues Suzanne, secrétaire de section de Petite-Île, a indiqué que « le PCR est le seul à avoir des propositions pour La Réunion, des solutions concrètes pour les Réunionnais ». Pour lui, « ce projet doit obtenir l’adhésion de tous » et être développer par la réflexion de tous. Ce dernier a expliqué que « seul le PCR a un projet d’avenir pour La Réunion, un projet basé sur une réalité réunionnaise avec des solutions concrètes aux problèmes des Réunionnaises et Réunionnais ». « C’est d’ailleurs pour ça que nous proposons la mise en place dans chaque commune d’un agenda 21 », dans le cadre d’une politique globale d’aménagement du territoire pour le « bien-être » des Réunionnais. Évoquant le non-cumul des mandats et « l’obligatoire formation de l’élu pour faire face à la complexité grandissante du mandat et la mise en place d’un véritable statut de l’élu », Jean-Hugues Suzanne a appelé à la promotion des jeunes et « favoriser la diversité sociale » pour une meilleure représentativité de la population. Enfin, ce dernier a mis en avant « le désenclavement de l’île », l’enseignement, « l’action culturelle », « l’identité réunionnaise forte et partagée » et la « suppression des radiers ».

« On ne doit jamais oublier le combat »


Fabrice Hoarau a rendu hommage à Nelson Mandela qui a mené une lutte avec « fermeté contre le racisme » et œuvré pour la « nécessaire réconciliation du peuple sud-africain ». Son combat a « toujours eu le soutien du PCR et de La Réunion tout entière », notamment « lorsque l’ANC décide de lancer la lutte armée, c’est un Réunionnais qui intervient au plus haut sommet pour que l’ANC ait les armes nécessaires ». Le PCR a d’ailleurs manifesté contre le « Consulat de l’apartheid » et a « manifesté fortement son désaccord et son soutien réaffirmé à l’ANC ». « On ne doit jamais oublier son combat », a conclu Fabrice Hoarau.


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