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« Pour être communiste, il ne suffit pas d’avoir la carte »

Geoffroy Géraud-Legros / 30 novembre 2012

Un groupe de militants s’est engagé dans la Reconstruction d’une section PCR à Saint-André. « Nout Journal » a échangé avec l’un de ses membres, Jackie The Seng, militant de 42 ans, adjoint au maire, et Jean-Paul Ciret, militant historique de la section.

- Que penses-tu de la reconstruction ? « 

Pour moi, la Reconstruction, c’est assez nouveau. Avec le petit groupe que nous avons ici, nous n’avons pas réellement participé au commencement du processus. On s’est retrouvés un peu à l’écart. Ce qui se passait, la naissance des institutions de la Reconstruction, de la Direction collégiale et du Conseil de la Reconstruction, on l’a appris par voie de presse… C’est lors du grand rassemblement, à La Rivière, que j’ai pu prendre la mesure de ce qui est en cours. Nous attendons beaucoup de la Reconstruction. La question centrale est de savoir quel va être le changement au niveau de la direction, quel va être le style de la nouvelle direction du Parti. Je pense qu’effectivement, il faut un rajeunissement. Mais il ne s’agit pas de laisser à l’écart ceux qui ont fondé le Parti, mené les grandes batailles... Le passé a vu des grands combats, fondés sur la classe ouvrière, la paysannerie. Ce sont les luttes des 50 dernières années. Aujourd’hui, les grands combats, c’est l’autonomie énergétique, l’autosuffisance alimentaire…Ce que nous attendons, aussi, c’est une certaine démocratisation dans les sections. Que la base compte vraiment, et que les dirigeants soient plus proches des militants. Souvandéfoi bann kamarad i di anou : zot i mars, zot i fé in travay, mé sé ryink kan zéleksion i arive ke zot i trouve zo bann dirijan…Enfin, je dirais qu’il faut un signe fort pour la population : une direction rajeunie, qui va de l’avant.

- Quelles sont les valeurs que doit porter la Reconstruction ? 

- Ce sont les valeurs que le Parti doit afficher, pour mobiliser à nouveau le peuple. C’est très difficile, aujourd’hui, de mobiliser. Les gens sont très préoccupés par leurs difficultés immédiates : trouver une kaz, un travail, fonder une famille… Alors je dirais que la réalité et la proximité doivent être les valeurs de base du Parti. Et pour que cela fonctionne, il est nécessaire que les dirigeants du Parti soient eux-mêmes porteurs de valeurs démocratiques. Les idées, les décisions doivent remonter de la base. L’un des meilleurs moyens est, selon nous, de renouer avec l’organisation traditionnelle du Parti : l’organisation en cellules. Lors de petites réunions, de trois, quatre personnes, il est possible de mobiliser les gens. De faire l’explication de nos engagements, et d’apporter une parole qui change, qui amène la vérité. Parce qu’aujourd’hui, les gens sortent moins faciles à mobiliser. Ils restent à leur kaz, ils regardent la télévison et ils écoutent la radio… Peut-être, ces réunions de cellules doivent-elles s’adresser aussi aux non-communistes. Il y a aussi « Témoignages ». C’est un journal très politisé, et peut-être pour reconquérir des espaces, devrait-il traiter aussi d’informations plus générales. Peut-être aussi, donner plus souvent la parole à la population… Et pourquoi pas, faire des sujets de fond sur ce qui se passe dans les communes de droite, pour amener les gens à nous lire plus régulièrement.

Quelles sont les conditions de la bataille ? 

Tu sais, nous ne sommes pour l’instant qu’un petit collectif, qui essaie de recréer une représentation du PCR à Saint-André. On n’a pas les yeux rivés sur 2014, et on n’est pas dans la vengeance non plus. L’important, c’est de militer. Moi, je pense que je milite depuis l’âge de 6-7 ans (rires). Je suivais mes parents, avec Laurent Vergès… Avoir l’envie de descendre sur le terrain et de se battre, je pense que c’est ça qui fait un communiste. Pour être communiste, il ne suffit pas d’avoir la carte…

Propos recueillis par Geoffroy Géraud Legros


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