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Pour l’Alliance, le budget 2011 de la Région n’est pas réaliste

Assemblée plénière

Témoignages.re / 15 décembre 2010

Pour l’opposition, le budget 2011 voté hier à la Région est loin d’être à la hauteur des attentes des Réunionnais, il est même jugé irréalisable.

Le budget primitif 2011 de la Région a été adopté à la majorité hier en assemblée plénière. L’Alliance et le PS ont voté contre. Le budget s’élève à plus de 702 millions d’euros, dont 60% réservés aux investissements et 40% au fonctionnement. La majorité a présenté un budget « en augmentation de 13% » par rapport à 2010, se déclinant en trois axes prioritaires : l’égalité des chances, les grands chantiers et l’aménagement équilibré des territoires.
Mais c’est un budget en trompe-l’œil, comme l’ont démontré les élus de l’opposition.
Un budget qui a donc fait l’objet de vives critiques de la part de l’Alliance et du PS. Les conseillers régionaux de l’opposition n’ont en effet pas manqué d’attaquer point par point ce premier budget primitif de la mandature.

Droit dans le mur

A commencer par Camille Sudre. Le conseiller régional de l’Alliance n’a pas hésité à parler de « budget de débutant, non réaliste, non réalisable, et même dangereux », en mettant en relief plusieurs aspects. D’après Camille Sudre, ce budget n’est absolument pas maîtrisé, en raison d’une flambée des dépenses de fonctionnement : +6%. « Si vous ne réduisez pas votre train de vie, si vous ne réduisez pas vos dépenses de fonctionnement, on va droit dans le mur et vous aurez des difficultés à équilibrer les budgets de 60% pour l’investissement et 40% pour le fonctionnement », a-t-il mis en garde. Camille Sudre a également souligné l’absence d’un Plan pluriannuel d’investissement (PPI) au moment où le budget est voté. Le président du Conseil régional, Didier Robert, s’est cependant engagé à fournir un PPI, du moins en ce qui concerne les chantiers du Protocole de Matignon.

Un budget « gonflé » par l’emprunt

Pour autant, le conseiller régional de l’Alliance s’interroge sur la capacité à financer les 2.000 bus du Trans-Eco-Express, la nécessité de financer 70 millions d’euros d’études pour la nouvelle route du littoral alors que le projet n’est pas bouclé pour l’entrée à Saint-Denis ou encore sur les 10.000 emplois verts promis. « Avez-vous eu l’engagement de l’État sur vos promesses ? », a-t-il demandé au président du Conseil régional, rappelant au passage le contexte de gel des dotations de l’Etat et de baisse des crédits européens.
Pour Camille Sudre, ce budget « gonflé de 13% » n’est dû qu’au recours à l’emprunt. De ce budget primitif 2011, il retient que la collectivité a perdu 70 millions d’euros de recettes pour 2011, que le fonctionnement explose et que les investissements sont incertains, voire irréalisables.
André Thien Ah Koon, toujours pour l’Alliance, a particulièrement insisté sur les dépenses de l’argent public, notamment l’attribution d’emplois verts, dont 24 à une association qui serait gérée par un candidat aux Cantonales à La Plaine des Cafres.
Aline Murin a pour sa part pointé une association nouvellement créée à Saint-André qui se voit attribuer des dizaines d’emplois verts. Sur ce point, Didier Robert a affirmé que 2.313 contrats ont été accordés en 2010, dans l’ensemble des communes, à 88 associations… Mais sur quels critères ? Telle est la question qui n’a pas eu de réponse hier.

Un budget est également gonflé, a expliqué Maya Césari, par l’inscription en section d’investissement d’opérations comme les ordinateurs portables, qui n’ont aucun effet sur l’activité économique.
Michel Lagourgue a pour sa part démontré l’irréalisme de ce budget d’investissement avec des projets non encore définis comme la nouvelle route du littoral ou le virtuel Trans-Eco-Express.
Philippe Jean-Pierre a délivré une analyse économique du budget primitif régional. « Les orientations ne semblent pas correspondre ni aux besoins d’aujourd’hui, ni aux besoins de demain », a-t-il affirmé, relevant « l’asymétrie d’information » du budget 2011.

Le PS, par les voix notamment de Jean-Jacques Vlody, d’Ericka Bareigts et Monique Orphé, a mis en exergue les insuffisances du budget et a longuement plaidé pour la prise en compte de la situation de la jeunesse réunionnaise (dont 55% sont au chômage) et du logement social. Sur ce dernier point, promesse a été faite d’organiser une assemblée ou une Commission permanente sur le thème du logement en janvier prochain. Ce qui a réjoui Michel Vergoz qui, curieusement, a tenu constamment a rassuré Didier Robert de sa posture « constructive ». Ce qui n’a pas empêché le groupe PS de voter clairement, comme l’Alliance, contre ce budget.


Motions pour l’exclusion du professeur raciste

Une série de motions a été présentée en assemblée plénière sur l’Énergie thermique des mers, la situation de crise économique en particulier chez les jeunes, sur le BTP, le sport, la route du littoral, les contrats aidés, les emplois verts et le tourisme, la filière méthanisation, le droit à la CMU complémentaire… Leur examen a été renvoyé à la Commission permanente du 21 décembre. Une seule a été votée en urgence à l’unanimité, sur proposition de l’Alliance. Par la « motion relative à l’exclusion du professeur raciste de l’Éducation nationale », l’ensemble des conseillers régionaux a demandé au ministre de l’Éducation nationale de « prendre en compte la position exprimée par l’ensemble des élus réunionnais et de prononcer l’exclusion définitive de ce professeur de l’Éducation nationale ».
L’autre motion de l’Alliance demandait le respect de règles pour garantir et préserver la crédibilité du dispositif emplois verts : soumettre les décisions de renouvellement des chantiers aux élus sur la base du bilan réalisé, élaborer une programmation pluriannuelle, identifier les nouveaux chantiers avec les partenaires, appel à projets sur la base de critères définis, communication aux élus de l’avis du comité technique avant toute décision des instances délibératives.
Les élus de l’Alliance ont dénoncé les motivations électoralistes des nouveaux chantiers proposés, notamment à Saint-André, à Saint-Paul ou dans le Sud.
Ils ont souligné l’urgence à débattre de cette motion, pour éviter que les dérives ne soient commises.
Didier Robert a refusé le débat, et indiqué que les dossiers seront présentés le 21 décembre en Commission permanente.


Motion de l’Alliance relative à l’exclusion du professeur raciste de l’Éducation nationale

Cette motion présentée par les élus de l’Alliance a été adoptée hier à l’unanimité.

Considérant la gravité et le caractère inacceptable des propos racistes et des insultes proférés par un membre de l’Éducation nationale à l’encontre des Réunionnais,
Considérant la motion présentée par l’Alliance à l’Assemblée plénière du 24 juin 2010,
Considérant la délibération de la Commission permanente du Conseil régional du 7 septembre 2010 approuvant les termes de cette motion,

Considérant la procédure engagée par le ministre de l’Éducation nationale afin d’aboutir à la révocation de cet enseignant de l’Éducation nationale,
Considérant l’avis récemment émis par la CAPA (Commission administrative paritaire académique) proposant des sanctions, mais refusant de se prononcer en faveur de la révocation,
Considérant que le respect de la dignité humaine ne saurait être sacrifié sur l’autel d’une solidarité corporatiste,
Considérant que l’Éducation nationale ne peut tolérer la présence en son sein d’un enseignant ouvertement raciste, que celui-ci est totalement disqualifié pour enseigner et transmettre des valeurs à des élèves et qu’il doit donc être mis hors d’état de nuire dans toute Académie de l’Éducation nationale,
Considérant par ailleurs la sanction exemplaire qui avait été prise à l’encontre du Préfet Paul Girot de Langlade, qui a été radié en raison d’un comportement raciste,

Les conseillers régionaux :

- demandent au ministre de l’Éducation nationale de prendre en compte la position exprimée par l’ensemble des élus réunionnais et de prononcer l’exclusion définitive de ce professeur de l’Education nationale.


Le nouveau SAR adopté… en attendant une nouvelle révision !

Le nouveau schéma d’aménagement régional, élaboré par l’ancienne mandature, a été approuvé hier par l’assemblée plénière. Le nouvel exécutif régional a procédé à quelques modifications du document, en supprimant notamment le tram-train et la MCUR. Le positionnement du bipôle Saint-André/Saint-Benoît comme pôles principaux de développement de la micro région Est a également été modifié par la nouvelle majorité, au profit d’un seul pôle principal, Saint-Benoît.
Ces modifications qui sont très regrettables ne remettent toutefois pas en cause l’économie générale du schéma et les équilibres qui avaient été trouvés grâce notamment au travail accompli par Philippe Berne et son équipe. Ainsi, si le tram-train a été supprimé, le principe à terme d’un transport guidé est acté dans le nouveau document.
Compte tenu de ces éléments contrastés, l’Alliance s’est abstenue sur cette nouvelle mouture du SAR. A noter qu’André Thien Ah Koon a voté contre, mettant en exergue les conséquences catastrophiques pour le Sud de l’abandon de la rocade du Tampon conjugué avec celui du tram-train. Le groupe PS a lui refusé de prendre part au vote.
La majorité a approuvé le document tout en indiquant son intention de le remettre prochainement en révision. Au moment où un pas important pouvait être accompli, Didier Robert et son équipe font la démonstration d’une totale incohérence en approuvant un document qu’ils annoncent vouloir modifier substantiellement alors qu’il vient d’être adopté. Comprenne qui pourra…


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