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Pour l’Alliance, une nouvelle preuve de l’énorme erreur politique de la nouvelle route en mer

Après le scandale des carrières

Correspondant Témoignages / 15 novembre 2014

Ce vendredi 14 novembre, le groupe des conseillers régionaux de l’Alliance a tenu une conférence de presse après la révélation du scandale des carrières illégales mises en œuvre depuis trois semaines pour le projet de nouvelle route en mer de la Région Réunion entre Saint-Denis et La Possession. Un scandale dénoncé l’avant-veille par la Commune de La Possession.

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Au nom du groupe des conseillers régionaux de l’Alliance, Béatrice Leperlier, Paul Vergès, Catherine Gaud et Maya Césari (de gauche à droite) ont à nouveau dénoncé avec force la gravité des conséquences négatives du projet de route en mer pour la génération à venir.

Lors de cette conférence de presse, Catherine Gaud, Béatrice Leperlier, Maya Césari et Paul Vergès ont successivement souligné que « dans ce scandale des carrières, la loi a été ouvertement bafouée à La Réunion » et ont clairement répondu à la question : « qui est responsable ? ». Ainsi, les élu(e)s de l’Alliance au Conseil régional ont démontré que l’on a désormais une nouvelle preuve de l’énorme erreur politique commise par le président de la Région, Didier Robert, et ses complices en supprimant le projet de tram-train et en le remplaçant par celui de la nouvelle route en mer.

Catherine Gaud a notamment rappelé que « ce projet aberrant n’est toujours pas bouclé sur le plan financier comme sur le plan technique », ainsi que l’a prouvé l’affaire des carrières illégales. Voilà pourquoi une quinzaine de recours sont toujours en cours sur le plan judiciaire de la part de divers citoyens et organisations afin de remettre en cause ce projet, qui est « à la fois une catastrophe économique, sociale, écologique et humaine ».

Non à « la course au profit financier »

Dans cet esprit, Béatrice Leperlier a mis l’accent en particulier sur « l’impact environnemental catastrophique de ce projet de la Région », qui nécessiterait entre autres d’énormes quantités de matériaux, soit importés soit de La Réunion. Dans les deux cas, comme l’ont montré les carrières sauvages lancées dans le pays et qui ont détruit cinq hectares de forêts, le prélèvement de ces matériaux est une menace insupportable pour les voisins des carrières ainsi que pour l’environnement global.
Béatrice Leperlier a également dénoncé avec force « la course au profit financier » de ce projet, soutenu par des personnes qui y voient uniquement leur intérêt personnel au détriment de la population et de la bio-diversité réunionnaise. « Voilà pourquoi nous devons sortir de ce système capitaliste pour faire mieux et autrement ; la Région doit donc aussi être transparente sur la gestion de ce projet, car il y a une grande différence entre sa communication à ce sujet et la réalité ».

Demande de rencontre à Ségolène Royal

Pour Maya Césari, « on est catastrophé par ce qui se passe en ce moment et qui confirme la justesse des alarmes que nous avions lancées depuis le lancement de ce projet ; et cela est d’autant plus important que nous ne sommes plus seuls à protester contre ce scandale ». C’est le cas par exemple du Conseil National de Protection de la Nature (CNPN), qui a fait l’an dernier l’inventaire des nombreuses menaces de l’éventuelle route en mer sur la santé des Réunionnais.

« Malheureusement, les recommandations du CNPN n’ont pas été respectées, ni par la Région ni par l’État ; or elles doivent l’être absolument, ne serait-ce que pour respecter les lois qui protègent notre environnement ». C’est pourquoi une demande de rencontre des élu(e)s de l’Alliance a été transmise à la ministre de l’Écologie, Ségolène Royal, a fait savoir Maya Césari.

« Un combat qui a une portée internationale »

Pour Paul Vergès, « cette conférence de presse marque un nouveau point départ, qui va s’insérer dans un débat mondial, notamment à l’occasion du Sommet international de Paris 2015 sur les effets du réchauffement climatique et donc sur la préservation de notre bio-diversité comme sur l’aménagement de notre territoire ». Il a aussi répondu indirectement à tous les mensonges de la vice-présidente de la Région déléguée aux transports publiés récemment dans la presse sur le transport collectif et sur le projet de tram-train, en rappelant notamment les engagements de Martine Aubry sur le financement par l’État des allocations ferroviaires à La Réunion comme dans toutes les régions de France.

Le président de l’Alliance a également déclaré que « les divers problèmes déclenchés par le projet de route en mer pour la génération à venir sont encore bien plus graves que celui du barrage dans le Tarn » et « les Réunionnais sont de plus en plus nombreux à s’engager dans ce combat, qui a une portée internationale ». « Si nous sommes unis sur une politique de développement durable, on réussira ; la pression est nécessaire dans ce sens et elle s’organise », a conclu Paul Vergès.


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