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Pour la construction d’un partenariat global stratégique

Nicolas Sarkozy en visite à Pékin

Céline Tabou / 29 avril 2010

Arrivé mercredi 28 avril dans la matinée, le président de la République s’est rendu dans l’ancienne capitale impériale chinoise de Xi’an (Nord) pour visiter l’armée de terre cuite du premier empereur de Chine, Qin Shi Huangdi. Il a ensuite atterri en début d’après-midi à Pékin, où il a été reçu par le président Hu Jintao au Palais du Peuple, place Tiananmen.

À moins d’une semaine de la Fête du Travail, qui risque de mobiliser des millions de personnes dans toute la France, Nicolas Sarkozy décide de se rendre en Chine. Cette visite est appréciée par les Chinois. Elle a pour thème la crise financière et elle tient compte des résultats records de la Chine lors du premier trimestre (hausse de 11,9% de la croissance chinoise, par rapport à 2009).

« Une nouvelle page » dans les relations bilatérales

Accompagné de son épouse, de ministres et de chefs d’entreprise, Nicolas Sarkozy a trois jours pour « enterrer le passé », après deux années de brouille. Les tensions ont débutté lors du passage chaotique de la flamme olympique à Paris au printemps 2008, puis par la rencontre du président français avec le Dalaï Lama en Pologne en décembre 2008. Par la suite, des sujets de discorde ont attisé la mésentente entre les deux pays : position française sur le Tibet, lors des émeutes du Xinjiang, et, entre autres, les statuettes Bergé.
À son arrivée, Nicolas Sarkozy s’est entretenu avec Hu Jintao sur le renforcement du partenariat stratégique global Chine-France, la crise économique financière, et le dossier du nucléaire iranien, a précisé Jiang Yu, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, à l’Agence France presse.
Cette rencontre a fini par une conférence de presse, durant laquelle Hu Jintao a indiqué que les tensions entre les deux pays étaient du passé, et qu’aujourd’hui, l’objectif est de « réfléchir, dans le cadre de la préparation du G20, à un nouvel ordre monétaire multipolaire », a précisé Nicolas Sarkozy.
La presse chinoise, dont le quotidien officiel "China Daily", a positivé la venue du président de la République français. Notre confrère a indiqué que « la visite de trois jours du président français Nicolas Sarkozy montre comment chaque côté a enterré le passé. Elle pourrait être vue comme une annonce officielle de retour à la normale de la relation Chine-France ». Hu Jintao a d’ailleurs ajouté que « la visite du Président Sarkozy en Chine a ouvert une nouvelle page dans les relations sino-françaises. Nous sommes déterminés à construire un partenariat global stratégique avec la France, qui soit durable, sain, stable et tourné vers le monde ».

L’enjeu chinois pour la France

« J’ai fait du renforcement du partenariat franco-chinois une priorité de notre politique étrangère », a déclaré Nicolas Sarkozy mercredi dans une interview accordée à l’agence de presse "Chine nouvelle". De nombreux indicateurs ont amené le président de la République à rencontrer Hu Jintao et à choyer les relations sino-françaises : la Chine est la seconde puissance économique internationale, sa croissance est en hausse de 11,9%, et elle vient de se voir augmenter son droit de vote à la Banque Mondiale.
Ces indices indiquent que la Chine est un allié essentiel pour la France, tant sur la scène internationale que pour faire face à la crise. Le président français l’a d’ailleurs précisé lors de son interview : « Le partenariat entre nos deux pays est global et il est stratégique. Global, parce qu’il recouvre tous les volets de notre relation. Stratégique, parce que la Chine est devenue un acteur absolument incontournable sur la scène internationale ».
En dépit de l’importante délégation de patrons (LVMH, Michelin, Vuitton, Suez Environnement, EDF, PSA Peugeot Citroën, Thales) venue avec Nicolas Sarkozy, aucun contrat ne sera signé durant ces trois jours, a annoncé Jean-Pierre Raffarin au "Figaro". Les chefs d’entreprise devront attendre l’automne, à l’occasion de la tournée en Europe de Hu Jintao, pour pouvoir signer de « gros contrats ».
Toutefois, des accords seront conclus entre les ministères chinois et français présents. Parmi les ministres français, on pouvait voir Christine Lagarde (Économie et Finances), Luc Chatel (Éducation nationale), Frédéric Mitterrand (Culture et Communication), Bernard Kouchner (Affaires étrangères) et Jean-Louis Borloo (Écologie), ainsi que l’ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin et le secrétaire général de l’UMP, Xavier Bertrand.

Céline Tabou


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