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Pour la création d’un service public de l’environnement

Les suites de Bejisa

Témoignages.re / 14 janvier 2014

Depuis de nombreuses années, le PCR propose de structurer un service d’intérêt public dans l’environnement. Le passage de Bejisa vient rappeler l’importance d’un tel service pour la population.

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Un aperçu des dégâts infligés à l’environnement par le passage du cyclone Bejisa.

Tout au long de l’alerte cyclonique et les jours suivants, le nombre de foyers privés d’électricité et d’eau était la chronique de l’évolution de la situation. 10 jours après le passage de Bejisa, le réseau électrique est rétabli, et l’eau coule à nouveau au robinet de tous les abonnés. Mais un autre chantier est en cours, il est considérable, c’est la remise en état de tous les sentiers de randonnée. Jusqu’à la sécurisation totale de chaque itinéraire, son accès est interdit. C’est un manque à gagner important car les activités de pleine nature représentent un secteur économique dans notre île. Nombreux sont les touristes qui viennent à La Réunion non pas pour les plages et le soleil, mais surtout pour parcourir les sentiers de Mafate, admirer le lever de soleil depuis le sommet du Piton des Neiges, ou découvrir le paysage lunaire du volcan.

Si pour cette dernière région, les sentiers sont praticables car sans arbres autour, ce n’est pas le cas de ceux qui serpentent dans les forêts.

Bejisa n’était pas un cyclone intense, il a pourtant fait des dégâts considérables.

Des sentiers à sécuriser

Des travailleurs vont alors passer des semaines à explorer tous les sentiers balisés, répertorier toutes les branches menaçant de tomber, sécuriser le parcours et enlever les arbres encombrant le passage.

Nul doute que si un nombre plus important de Réunionnais était formé pour réaliser ce travail, le délai avant le retour à la normale serait plus court, ce qui pénaliserait moins l’activité économique.

La Réunion connaîtra encore d’autres cyclones, et sans doute ils seront plus puissants avec des dégâts encore plus graves pour les forêts et les sentiers de randonnée. Ce travail peut faire partie d’une des missions d’un service d’intérêt public de l’environnement.

Les branches cassées sur les lignes électriques, et les débris végétaux sont une autre conséquence visible du passage de Bejisa. Manifestement, nombreuses sont les personnes qui n’ont pu, faute de moyen ou à cause d’un déficit de l’entraide, faire élaguer les arbres dans leur cour. Là aussi, ce travail pourrait être réalisé par ce service d’intérêt public, pour les personnes qui n’ont pas de revenus suffisants pour payer un prestataire privé.

Des emplois à pérenniser

Le projet d’un service d’intérêt public dans l’environnement répond à une demande. La Réunion est une île tropicale, son environnement naturel est une de ses principales richesses. D’un autre côté, le chômage dépasse le seuil de l’intolérable, et plus de 160.000 Réunionnais sont inscrit à Pôle emploi, dans l’espoir d’un travail durable.

C’est pourquoi une des propositions du PCR vise à structurer un service d’intérêt public dans l’environnement. Souvent, ces missions sont remplies par des travailleurs en contrat précaire, c’est une des sources du clientélisme électoral. Ce service d’intérêt public veillerait donc d’une part à coordonner les actions, et d’autre part à pérenniser ces emplois par une autre gestion des ressources humaines. Les recrutements seront assurés par une instance paritaire rassemblant les employeurs, les financeurs et les travailleurs.

Cette professionnalisation donnera une perspective d’avenir à des dizaines de milliers de travailleurs condamnés aujourd’hui à supplier pour avoir un travail. Ils seront les fers de lance de la valorisation de l’environnement naturel de La Réunion.


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