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« ...Pour prendre la dimension des combats qui sont les nôtres »

Assemblée générale de la section communiste du Port

Alain Dreneau / 28 octobre 2009

La section communiste du Port a tenu son assemblée générale lundi soir 26 octobre, pour se placer résolument, à dix jours du Comité interministériel sur l’Outre-mer, dans la dynamique de prise de responsabilité des Réunionnais. L’ensemble des adhérents présents étaient bien conscients que les propositions élaborées conjointement par la majorité des élus de La Réunion sont nourries d’une longue tradition de résistances contre les inégalités et de luttes pour une société plus juste. Il faut donc les faire accepter comme les grands axes de notre plan de développement durable et solidaire.

Ce n’est pas le fruit du hasard si les deux premiers orateurs ont ouvert leurs discours respectifs par la question de l’identité réunionnaise, de ses enjeux, de ses combats et de ses victoires. Le secrétaire de section tout d’abord, Virgil Rustan, a rappelé l’importance de la récente délibération du Conseil municipal faisant de la ville du Port une “ville bilingue créole-français”. Se réjouissant de voir ainsi « mèt la lang kréol an lèr », il en a profité pour rappeler « le fil conducteur de notre parti », qui est la lutte du peuple, dans le domaine culturel comme dans les autres domaines, socio-économique et politique.

Restant dans les leçons à tirer du passé pour mieux aborder l’avenir, il a rappelé cette date fondatrice qu’a été le 21 mars 1971, lorsque l’élan démocratique a porté Paul Vergès à la responsabilité de la municipalité du Port. Date fondatrice à la fois pour la commune, dont l’aménagement, l’environnement, le rayonnement ont métamorphosé le paysage, mais aussi pour La Réunion dans son ensemble, qui a vu se concrétiser des mesures novatrices, pouvant servir de points d’appui à la conception d’un plan de développement de l’île (le Plan de Survie date de ces mêmes années 70).

Après avoir présenté un rapport assez étoffé des activités de la section portoise, il a invité chacun à apporter sa pierre « pour satisfaire les moyens d’aujourd’hui », en travaillant au « rassemblement le plus large autour d’un programme réunionnais ». « Cette assemblée générale, a-t-il conclu, est là pour prendre la dimension des combats qui sont les nôtres ».

"In mizik kamouflé" aujourd’hui reconnue

Jean-Yves Langenier, le maire du Port, a tenu également à débuter son intervention en mettant l’accent sur cette « avancée considérable » qu’a été l’admission de notre maloya au sein du patrimoine immatériel mondial de l’Unesco. Il a fait passer un frisson d’émotion dans l’assemblée quand il a dit avoir entendu sur les ondes de France-Inter, tôt le matin même, les rythmes d’un maloya et la voix de Firmin Viry, dans le cadre d’une émission sur les grandes musiques du monde. Une voix qui ne s’est pas contentée de chanter « Valet, valet… », mais qui a rappelé, pour l’honneur de La Réunion, que le maloya, aujourd’hui pleinement reconnu, a longtemps été « in mizik kamouflé ». Entendre cela, sur France Inter, montre bien que la lutte fait avancer…

« Respecter La Réunion, c’est respecter sa langue, sa culture. Or cela n’a pas été le cas par le passé » a dit Jean-Yves Langenier, qui considère la délibération instaurant la charte bilingue parmi les trois plus importantes de l’histoire de la Ville du Port, avec la celle de la Charte urbaine de 1971 et celle de “Le Port ville solaire”.

Le second point abordé eut trait à la crise financière et économique, qui frappe très lourdement les communes dans leurs recettes, au travers de la baisse de l’octroi de mer. Cela ne peut qu’entraîner « des difficultés supplémentaires pour notre population ». C’est en luttant rassemblés autour de notre programme que nous devons refuser cette aggravation de la vie quotidienne.

Il revenait à Jean-Max Hoarau, accueilli par la section en tant que membre du secrétariat du P.C.R., de donner les perspectives de l’engagement militant présent à cette assemblée générale. Fondant son exposé sur le rappel d’une situation humaine inacceptable au niveau de notre planète −la faim dans le monde condamne aux pires souffrances 1 milliard d’hommes, de femmes et d’enfants−, il a montré la responsabilité réunionnaise dans toute son ampleur, à la fois pour notre population, mais pour les populations de la région et du monde. Que La Réunion soit un exemple en matière d’énergies renouvelables doit à ce titre être pris comme une contribution, modeste et cependant importante, à la lutte engagée contre l’émission des gaz à effet de serre et le réchauffement climatique.

«  Que propose-t-on en priorité ?  »

Pour répondre à cette question de fond, Jean-Max Hoarau a traité du problème crucial des emplois à créer, en ouvrant les pistes « dans tous les compartiments » qui s’imposent, que ce soit des emplois dans la fonction publique (avec des recrutements adaptés à la réalité réunionnaise), des emplois générés par dizaines de milliers dans les deux grands services d’intérêt public (environnement et aide aux personnes fragiles), emplois dans les énergies nouvelles, emplois dans une pêche développée, emplois dans un co-développement où les jeunes Réunionnais pourraient donner leur pleine mesure…

Le 6 novembre, a-t-il insisté, le Conseil interministériel devra à la fois tenir compte des demandes immédiates, inventer des procédures nouvelles pour la construction de logements, et poser les bases d’un développement inconnu jusqu’à présent dans notre île, après 60 ans d’un système encore trop marqué par des relations de domination.

L’heure est venue, a conclu Jean-Max Hoarau, de prendre toutes nos responsabilités, en étant « fiers d’être Réunionnais », « fiers d’être communistes réunionnais ».

A.D.


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