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Pour qui la pauvreté est-elle une fatalité ?

Au cœur du projet Réunionnais : l’Abolition de la pauvreté.

Geoffroy Géraud-Legros / 1er décembre 2009

Le 22 Novembre, les militants et militants du PCR ont adopté un mot d’ordre autour duquel il est aujourd’hui possible d’unir une immense majorité de Réunionnais : "Abolir la pauvreté". Cette mobilisation se heurte à l’hostilité qui s’est manifestée à chacune des grandes étapes de notre pays sur la voie de son émancipation.

Aux yeux de ceux qui refusent le changement, le progrès a toujours été une "rêverie" ou une "utopie". A chaque moment décisif de notre histoire, l’argument de l’impossibilité de la transformation a été invoqué. Si elles diffèrent dans leur forme, les expressions de ce conservatisme sont, sur le fond, remarquablement identiques.
Depuis plus de 150 ans, les critiques immanquablement mis en avant les "effets pervers", "l’impossibilité", ou encore les "dangers" qu’entrainerait un changement des structures de la société …exprimant ainsi les intérêts de ceux qui tirent profit de l’exclusion du plus grand nombre.

Résistances aux avancées sociales

Ruine de l’économie ; vengeance des Noirs contre leurs anciens maîtres…c’est ce tableau apocalyptique que les propriétaires d’esclaves présentaient au pouvoir parisien avant 1848, en cas d’abolition de l’esclavage. En 1946, à l’aube de la rupture avec la colonisation, c’est un discours très similaire qui se faisait entendre : face à l’abolition du statut colonial conquise par les députés Raymond Vergès et Léon de Lépervanche, les forces conservatrices adoptèrent une attitude radicale, prédisant le "chaos", "l’explosion", la "ruine"… et refusant d’appliquer la loi adoptée le 19 Mars 1946, qui accordait l’Egalité aux Réunionnais.
On sent déjà aujourd’hui que le mot d’ordre d’"Abolition de la pauvreté" se heurte à la même attitude. Ceux qui tirent profit de la misère et de la précarité persistantes et de sa gestion tentent d’opposer l’inaction ou l’obstruction aux grandes initiatives de développement, qui seuls pourront créer assez d’emplois et de richesse pour venir à bout de la pauvreté.

Qui "ruinerait" l’Abolition de la pauvreté ?

La "ruine" à laquelle mèneraient les grands projets, leurs prétendus "effets pervers" sont de nouveau stigmatisés. Comme hier, certains voudraient faire croire que la pauvreté, le retard et les déficits constituent une "fatalité". Et pour cause ! Il va de soi qu’une suppression de la pauvreté priverait certains acteurs politiques de vastes clientèles électorales. On se souvient des centaines d’emplois obtenus par la commune du Tampon, à l’approche d’une échéance électorale, pourtant peu après que le Préfet ait dénoncé les "emplois magouilles". On n’a pas oublié non plus un scrutin annulé à Saint-André pour recours massif aux emplois municipaux. Plutôt que la "fatalité" ou "l’ordre naturel", ne serait-ce pas plutôt l’exploitation politique de la misère que prend de front le mot d’ordre d’Abolition de la pauvreté ?

Geoffroy Géraud


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