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« Pour un véritable changement à La Réunion »

Succès du premier meeting suivant le Congrès du PCR

Céline Tabou / 9 août 2013

Jeudi 8 août au Port, le Parti Communiste Réunionnais (PCR) a organisé le premier de ces trois meetings destinés à informer la population de ses propositions, et à préparer la visite de François Hollande, qui « marque un tournant pour La Réunion », a introduit Firose Gador.

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Hier soir, à peine un mois après le 8e Congrès, le PCR organisait un meeting à la salle du Cœur Saignant au Port.

Présidente de ce meeting, la secrétaire du PCR, Firose Gador a donné les raisons de ce rassemblement destiné à informer, car « l’actualité économique et sociale réunionnaise est très grave. La crise frappe l’Union européenne, la France, mais elle frappe encore plus durement La Réunion. C’est pour cela qu’il faut informer la population, pour qu’elle se mobilise à travers nos propositions pour sortir des difficultés » .

« Alé di partou ke le PCR lé pa mor »

Cette dernière a expliqué qu’en octobre, le président François Hollande se rendra à La Réunion, « il faut que cette visite marque un tournant pour La Réunion. Cela nous rappelle la venue de François Mitterrand en 1988, où des Réunionnais et Réunionnaises ont arraché l’égalité sociale. Les anciens qui ont mené la lutte peuvent le dire encore aujourd’hui » . Elle a ajouté « c’est pour toutes ces raisons qu’il faut se mobiliser, lancer le message du PCR dans toute l’île. Il faut fédérer, mais pour cela, il faut un parti fort, solidaire, uni pour que dans les luttes a menées, on connaisse les mêmes succès que par le passé » .

Firose Gador a insisté sur l’importance pour l’ensemble des militants et militantes de l’île de diffuser le message du PCR : « Il faut aller dire partout que le PCR n’est pas mort et que le PCR est toujours là. Nou lé pa plus, nou lé pas moins, respèkt a nou » , a-t-elle scandé. Pour Jean-Yves Langenier, « l’urgence, c’est le changement. On constate que tous les autres partis n’ont pas de perspectives, ni de projet pour le devenir de notre population et pour La Réunion » . Après être revenu sur l’histoire de la commune du Port, où Bruny Payet et Paul Vergès, qui ont durant des années « mené la lutte » , à travers « un parti de l’avant-garde » , Jean-Yves Langenier a indiqué que les propositions faites « ont été affirmées et réaffirmées au cours des années » .

« Le foisonnement d’idée et les solutions apportées par le parti sont le socle du rassemblement pour affronter les batailles à venir » , a-t-il expliqué. « Le parti a une responsabilité historique, c’est pourquoi ce rassemblement de ce soir (jeudi-NDLR) est important, afin que chacun soit là en nombre et déterminé, car c’est ce qui construit notre force pour aller au rassemblement, pour le bien de notre peuple » , a conclu Jean-Yves Langenier.

« On se débat pour survivre »

Henry Hippolyte a attiré l’attention de l’assistance sur « nos responsabilités », dans un contexte économique et social tendu. « On sait que l’actualité sociale montre qu’il y a de nombreuses difficultés » , a-t-il expliqué. Saluant la bataille des dockers et des travailleurs qui ont manifesté pendant des semaines « pour à peine 50 euros » . Ces derniers « voient disparaître le RSTA d’un côté, pendant qu’ils tentent d’avoir 50 euros de l’autre côté » . Face à cette situation, « on se demande dans quel état de pauvreté sont les travailleurs, mais plus encore les chômeurs. La situation est indigne » , a indiqué Henry Hippolyte.

« On a eu nos indignés pays, avec la mobilisation devant la préfecture, on avait besoin de cette aide pour soulager la misère. Et heureusement qu’il y a eu des actions de solidarité pour mener la lutte » pour le maintien du RSTA. « On se débat pour survivre » s’est indigné ce dernier, mais malgré cela « entre subir et agir, j’ai choisis » , a cité Henry Hippolyte. En effet, « il existe différentes formes d’expressions », mais finalement ce qu’il en ressort est que « les gens en ont marre, ils ne veulent plus subir » , ni voir le train passer. Ils veulent surtout « prendre leurs responsabilités, c’est ce qui doit nous animer, mais aussi nous interpeller » .

Pour lui : « Nous sommes capables de nous en sortir, si nou mèt la min ansanb, car c’est à travers la solidarité et les moyens d’action à développer que l’on va s’organiser ». « Nous ne sommes pas là pour pleurer, ni mendier, mais pour tendre la main et dire qu’on est capable de faire et que l’on veut la reconnaisse de nos spécificités. Entre agir et subir, nous avons déjà choisi : on veut et on va agir et surtout s’unir tous ensemble avec le parti communiste réunionnais » , a conclu Henry Hippolyte.

Le parti du rassemblement

À la veille des échéances électorales de 2014, 2015 et 2017, Yvan Dejean, secrétaire général du PCR, a expliqué que « la bataille commence aujourd’hui ». «  Lors de la grève de la faim de Samuel Mouen, on a vu un défilé de personnes venues le saluer, mais après, tout le monde est parti en vacances. Seul, le PCR a continué la lutte pour trouver les moyens de garantir un pouvoir d’achat aux Réunionnais » , a-t-il précisé. Yvan Dejean a souligné que «  la situation révèle que les solutions venant de Paris ne sont pas les bonnes pour nous. Nous sommes certains que les Réunionnais peuvent décider ce qui est bon pour eux et leur pays  ».

« Ce qui serait humiliant pour nous Réunionnais, c’est que quelqu’un venu d’ailleurs viennent nous dire ce qui est bon pour nous » , a expliqué Yvan Dejean. Ce dernier a relevé les nombreuses « forces sociales et politiques » qui sont « en accord avec nos propositions, mais qui ne le disent pas comme nous. Si les idées sont justes, s’ils sont convaincus que c’est juste. Et si les communistes ne sont pas là pour les appliquer, ils n’auront pas le courage politique d’aller jusqu’au bout de la mise en œuvre de nos propositions » .

Rappelant la création du Parti Communiste Réunionnais sur la base d’un rassemblement, Yvan Dejean a invité tous « les camarades à poursuivre le combat et à élargir le rassemblement sur nos idées. On se rassemble sur une base idéologique, qui doit être diffusée dans toute l’île » , a-t-il expliqué. Pour ce dernier, « le rassemblement est un combat » , ajoutant que l’ « on combat consciemment et inconsciemment, aussi dans notre propre camp, dans nos rangs face à des tendances suicidaires de social-démocratie ». C’est pourquoi « le moment est venu d’un grand débat pour La Réunion ». « Nous appelons l’ensemble des acteurs économique, politique, syndical et associatif, afin qu’ils s’expriment » , a conclu Yvan Dejean, qui a donné rendez-vous à tous les Réunionnais, le mercredi 14 août à Saint-André.

Céline Tabou

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Les valeurs du parti au cœur de la lutte

Pour Yvan Dejean, l’état d’esprit de chaque militant et militante que compose le parti, est basé sur plusieurs principes et valeurs. Ce dernier a cité "le respect entre les camarades", "le respect des instances du parti", "l’unité d’action qui fera qu’on avancera", des "discussions fraternelles" et surtout "être à l’écoute des militants". Au lendemain du 8ème Congrès et une année de reconstruction du parti, Yvan Dejean a affirmé que "lorsqu’une décision est prise, c’est décidé tout le monde doit suivre derrière". Il a tenu à rappeler que "dans le parti, nous sommes tous des militants".

À l’heure de la présentation des candidatures pour les prochaines élections, Yvan Dejean a rappelé que « les fonctions électives sont des tâches temporaires confiées à une personne ». « Le parti à reconstruire est dans cet état d’esprit, chacun travaille dans la franchise et la solidarité. Ayons le courage de dire les choses mêmes si elles ne sont pas bonnes à dire. Il ne faut pas laisser pourrir les problèmes et les situations ». C’est pour ces raisons que « la direction du parti est à la disposition de l’ensemble des sections de l’île », a expliqué ce dernier, qui conclut : « Nous devons travailler pour un parti fort, qui rayonne et qui gagne ».

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Six propositions pour répondre à l’urgence

Maurice Gironcel, secrétaire général du PCR, est revenu sur les « six points d’actualité qui sont importants pour nous »

- L’agriculture : la visite du commissaire européen à l’Agriculture et au Développement rural, Dacian Ciolos, n’a pas levé les doutes et les inquiétudes des planteurs. Malgré sa volonté de rassurer, ses déclarations ont laissé des craintes. Citant Jean-Yves Minatchy, « Un pays sans agriculture n’est pas un pays » , Maurice Gironcel a assuré que « la bataille pour l’autosuffisance alimentaire est indispensable » , notamment avec la hausse des importations. « On pourrait travailler avec les pays voisins et ainsi permettre également la sécurité alimentaire » , a-t-il ajouté. Le PCR propose deux études d’impact « l’ensemble des revenus de la canne dont profitent les usiniers » et « sur tous les produits issus de la canne à sucre » . « Il faut dire la vérité aux Réunionnais » , a affirmé le secrétaire général du PCR, Maurice Gironcel.

- RSTA : maintenir le dispositif jusqu’au 31 décembre et ouvrir des négociations pour mettre en place une aide aux travailleurs pauvres plus pérenne. « Notre combat est pour tous ceux qui souffrent, les travailleurs pauvres et les plus démunis » , a rappelé le secrétaire général. « On ne pouvait pas admettre la suppression de cette prime qui a donné du pouvoir d’achat aux travailleurs. C’était un combat à mener » , a-t-il ajouté.

- Les dotations de l’État : « Après le gel des dotations en 2012, aujourd’hui c’est une baisse des dotations aux collectivités » . Le gouvernement a lancé un plan d’économie de 3 milliards pour 2014-2015, « le gouvernement transfert des compétences aux collectivités sans en donner les moyens financiers » . « Cette diminution des dotations va peser sur les budgets des collectivités, alors qu’on leur demande d’accompagner le social, on le fait, mais on sait que les contrats aidés, les emplois d’avenir seront portés par les collectivités » , s’est indigné Maurice Gironcel. Il en va de même pour la hausse des salaires des catégories C dans la fonction publique.

- L’emploi des Réunionnais : « Nous avons des propositions, notamment la mise en place d’un moratoire sur 15 ans pour prioriser l’emploi local » , a expliqué Maurice Gironcel.

- Les attaques contre la fonction publique dans l’Outre-mer, Maurice Gironcel a dénoncé le traitement fait dans les médias nationaux sur les congés bonifiés, la sur-rémunération et les privilèges des fonctionnaires outre-mer.

- La défiscalisation, « rien n’est réglé » . « La FEDOM a réitéré ses inquiétudes, le monde des entreprises n’a pas de visibilité pour investir » et des mesures ont été prises qui modifient le système de défiscalisation. Le PCR propose une concertation pour débattre de ce dispositif.

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