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Pour une nouvelle politique à Saint-André

Joé Bédier annonce sa candidature aux municipales

Céline Tabou / 11 octobre 2013

Joé Bédier a officiellement annoncé sa candidature aux élections municipales de 2014, pour « améliorer le quotidien de tous sans exception » et ne laissant aucune « place à la politique politicienne et aux favoritismes familiaux ».

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Joé Bédier a présenté hier sa candidature aux municipales.

Face à une salle pleine, Joé Bédier a tenu un discours de «  vérité, car il n’y aura pas de langue de bois, je suis franc  ». Rappelant son attachement à Saint-André, « cette ville de l’Est que nous aimons tant », Joé Bédier a affirmé « nous savons d’où nous venons, cependant, il me semble que nous ne savons plus très bien dans quelle direction nous allons ».

Six ans d’expérience au service de Saint-André

Première entrée en politique en 1998, lors des élections cantonales, Joé Bédier parle d’une « relation forte avec la population » , évoquant sa position de conseiller municipal de l’opposition en 2001. Tout démarre en 2008, lorsqu’il devient premier adjoint sur la liste menée par Éric Fruteau, sous l’étiquette PCR. Il explique les « centaines de rencontres » eues avec la population, lui permettant de recenser les « inquiétudes » , les « doutes », mais aussi « l’incapacité de se projeter un avenir » pour de nombreux Saint-Andréens.

Face à l’absence de « rayonnement » et « dynamique socio-économique » à Saint-André, « il me fallait trouver la voie d’une relation nouvelle avec ma ville (...) et pouvoir apporter des réponses et des débuts de solutions aux attentes de mes concitoyens » . Après six années « d’écoute, d’observation et d’analyse » , une chose semble certaine pour lui, « Saint-André a besoin d’une autre vision, d’une autre politique, d’un autre projet de ville » . « Une rupture totale » avec ce qui a été fait par le passé, a-t-il expliqué.

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Une partie du public venu soutenir cette annonce.

Ce dernier souhaite «  impliquer tous les Saint-Andréens dans la construction de notre Saint-André de demain  », a-t-il indiqué. Mais la campagne se devra d’être propre et sans « violence verbale » a souligné Joé Bédier. Il a précisé posséder «  un projet pour Saint-André, non pas le projet d’un homme pour ses intérêts, mais servir l’intérêt de tous et me mettre au service de chacun  ». Le militant propose des infrastructures et aménagements faits « pour le bien-être des habitants, où l’humain serait au cœur des préoccupations des élus, ou les inégalités sociales les plus marquées seraient farouchement combattues ». Son programme sera centré sur deux axes principaux : le social et l’économie, « car il ne peut y avoir d’équilibrage social sans développement économique » .

« L’avenir de Saint-André est l’affaire de tous »

Souhaitant mettre fin au «  combat de bloc contre bloc pour le pouvoir, voici venu, avec l’UDSA, le temps de la concertation, du rassemblement autour d’un thème fédérateur », car « l’avenir de Saint-André est l’affaire de tous  ». Cela passe par l’Union Démocratique de Saint-André (UDSA) qui est « un mouvement populaire », « chacun peut y trouver sa place. C’est une cellule de réflexion sur notre ville ou les aspirations et les compétences de chacun constituent l’essence même de ce mouvement ».

Joé Bédier a ainsi parlé des valeurs d’écoute, de respect, de solidarité et d’équité, qu’il tient à défendre, car pour lui il faut avoir «  une vision, c’est important  ». Ce dernier a pointé du doigt l’absence de ces valeurs, au profit d’une «  politique politicienne et d’un favoritisme familial ». Pour « un rassemblement le plus large », Joé Bédier appelle « toutes les forces vives, à toutes celles et ceux qui ne souhaitent pas le retour de ceux qui étaient aux responsabilités pendant de nombreuses décennies ».

Avec une campagne et un programme basés sur : «  Ma priorité, c’est vous  », il souhaite « placer l’humain au cœur de mon programme » . Ce dernier s’est engagé à « tout mettre en œuvre pour faire passer ce message à tous » , car « chacun d’entre vous est un acteur incontournable de cette campagne » . Il souhaite que « les habitants se sentent enfin écoutés, que l’arrogance et le totalitarisme de l’actuel maire disparaissent à jamais et que s’ouvre une nouvelle ère » . Ce dernier conclut : « Tous ensemble, avançons vers la victoire pour un véritable changement à Saint-André ».

Céline Tabou

« Pas d’adhésion au PLR »

Suite aux questions des journalistes sur ses rapports avec le parti "Pour La Réunion" (PLR), Joé Bédier a tenu à clarifier sa position : « Je n’ai jamais assisté à des réunions. Je n’ai pas de carte d’adhésion au PLR ». Ce dernier concède : « j’ai donné une monnaie à mon fils qui faisait des adhésions, pou fini èk sa, mais sans plus ». Ce dernier a également précisé : « Je ne me suis jamais senti de ce groupe-là. Mon fils a quitté depuis longtemps le parti, voyant comment cela fonctionnait ».
Un appel lancé au PCR

Lors de cette conférence de presse, un journaliste a souhaité des précisions sur la relation qu’entretenait Joé Bédier avec le Parti Communiste Réunionnais, suite à sa déclaration : « Au moment où je vous parle, je pense à mes amis et camarades du PCR avec lesquels nous avons remporté une victoire historique en 2008 ». Joé Bédier a ainsi expliqué : «  Je suis arrivé en 2001, ce qui me touche avec le PCR est tout le parcours et les combats qu’il a menés. Toutes les grandes mesures sociales de La Réunion sont dues au PCR. Ce qui m’intéresse ce sont les valeurs, le reste n’a aucun sens. L’important est la proximité, l’écoute et le respect ». À la question, « vous lancez un appel au PCR ? », le candidat a indiqué : « oui, et j’espère l’union au premier tour ».
« Mener ma mission jusqu’au bout »

Face aux interrogations des raisons qui l’ont poussé à se présenter, Joé Bédier a expliqué être « le seul premier adjoint de France a avoir une seule délégation », celle des affaires sociales. Mais surtout, « j’avais des responsabilités d’élu envers la population », ce pour quoi il n’a pas démissionné, car « je dois mener ma mission jusqu’au bout. J’assume et je ne mélange pas les choses » . « Ce n’est pas le pouvoir pour le pouvoir qui m’intéresse », a-t-il indiqué. Ce dernier révèle les conflits avec Éric Fruteau, notamment lors de l’annonce de son inéligibilité en avril 2013, « dans sa cour familiale à Terre Rouge. Quand il a fait l’annonce de son inéligibilité, ses sympathisants et militants sont allés le voir pour lui dire « c’est Bédier ». Depuis il ne m’a plus jamais adressé la parole » . Un traitement particulier que lui même n’explique pas de la part d’Éric Fruteau.


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