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Pour une Réunion nouvelle propose une Bourse de La Réunion et le Prêt populaire

Pour soutenir les TPE-PME et permettre aux Réunionnais d’ici et d’ailleurs d’investir dans l’économie de leur pays

Manuel Marchal / 21 novembre 2015

Patrick Lebreton propose de mobiliser l’épargne des Réunionnais vivant à La Réunion et ailleurs pour soutenir les besoins en capitaux des TPE et PME de La Réunion. C’est la création d’une Bourse de La Réunion et d’un prêt populaire, afin de donner une alternative au microcrédit, à la frilosité des banques et aux fonds d’investissement au ticket d’entrée trop élevé. Les deux dispositifs ouvrent en effet la possibilité aux Réunionnais qui sont partis vivre ailleurs d’investir dans leur pays natal, là où vit leur famille.

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Julien Magamootoo, Patrick Lebreton, Maurice Gironcel, Jean-François Fontaine et Jean-Jacques Grondin.

Patrick Lebreton tenait hier une conférence de presse aux côtés de Maurice Gironcel, Julien Magamootoo, Jean-François Fontaine et Jean-Jacques Grondin.
Pour une Réunion nouvelle a présenté la suite de ses propositions pour soutenir le développement de l’économie de La Réunion. La semaine dernière, il était question d’un fonds d’urgence pour aider des entreprises bien gérées à passer des caps difficiles. Pour cela, Pour une Réunion nouvelle abondera un fonds de 200 millions d’euros pour financer des opérations d’accompagnement, ainsi que des aides d’urgence pour soutenir la reprise, ou l’exécution de plan de redressement.
Hier, il a été question de mesures plus globales. Patrick Lebreton propose de mobiliser l’épargne des Réunionnais vivant à La Réunion et ailleurs pour soutenir les besoins en capitaux des TPE et PME de La Réunion.

Ces dernières sont au cœur de notre économie. Elles apportent 60 % des emplois. Mais seulement 30 % des entreprises passent le cap des 10 ans. « Tout doit être mis en œuvre pour les soutenir », indique le candidat de Pour une Réunion nouvelle. Mais au cours des 5 dernières années, la Région n’a pas eu de financement ambitieux des TPE-PME au cours du mandat 2010-2015.

« Aux côtés du peuple artisan, commerçant, agricole »

« Dans une île où 60 % des jeunes sont au chômage, nous voulons nous battre aux côtés du peuple artisan, commerçant, agricole », affirme Patrick Lebreton. Il rappelle également que La Réunion est arrivée aux limites du dispositif institutionnel, et que dans ce cadre, il est important de rechercher « des moyens spécifiques pour nous en sortir ».

« Tout demander à la France dans un assistanat habitué ne peut plus être la solution pour sortir le pays de l’ornière où il est », précise Patrick Lebreton. Il préconise donc « une démarche d’ouverture sur la région océan Indien élargie ».

Julien Magamootoo a alors présenté les deux mesures. Elles visent à ouvrir aux TPE-PME la source de nouveaux financements. Car actuellement, le microcrédit n’est pas adapté, les banques sont trop frileuses, les fonds d’investissement de la Région sont réservés aux projets au-dessus de 1,2 million d’investissement (5 entreprises aidées par la région en 2014), et entraînent le risque d’une prise de contrôle de l’entreprise par l’investisseur.

Bourse et Prêt

La première proposition est une Bourse de La Réunion, « réservée aux PME de La Réunion. Elle doit permettre de financer la croissance de ces PME avec des dispositifs moyens, 150 000 euros pas plus ». Revalorisée chaque semaine, la Bourse ne sera pas gérée par la Région, mais par un opérateur désigné par appel d’offres, avec comme exemple la Place d’échange Alternativa de Lyon.

L’objectif à long terme est de créer la bourse européenne dans l’océan indien pour assumer des investissements dans la région. Maurice a déjà sa bourse depuis 25 ans, Singapour également rappelle Julien Magamootoo.

Le deuxième dispositif est le prêt populaire. Il s’inspire du crowfunding. Il permettra des financements de 1.500 à 10.000 euros abondés par des investisseurs pour pourront prêter à partir de 20 euros.

« La structure qui gérera cette plate-forme de prêt présélectionnera et notera en fonction du risque les entreprises », précise Julien Magamootoo qui souligne qu’ « en Europe, le taux de remboursement est proche de 98 % ».

Ces deux dispositifs sont une opportunité pour les Réunionnais de la diaspora d’investir.
« Il existe une élite réunionnaise qui est ailleurs », explique Patrick Lebreton. Ces deux projets permettra à des personnes d’investir sans être physiquement présentes.

Briser le monopole du RSI

La dernière partie de la conférence de presse a évoqué le RSI, régime social des indépendants. Patrick Lebreton est « pour une alternative au monopole du RSI. Pour une remise à plat en profitant de 2017, avec un nouveau contrat économique avec le gouvernement qu’elle qu’il soit ». Il préconise d’ « arriver à une liberté de choix pour au moins la retraite ». Le but est de « faire vivre la libre concurrence, et sortir les petits commerçant et artisans du poids des charges écrasantes ».

Jean-Jacques Grondin revient sur les origines de la crise du RSI. Le Régime social est indépendants est la fusion des plusieurs caisses. Avant, celle du régime maladie était excédentaire et allait couvrir le déficit des caisses de retraites. Mais pour Jean-Jacques Grondin, le RSI s’est fait en vitesse, avec des fichiers pas mis à jour, des montants estimés… c’est la colère des cotisants. Ibrahim Patel, président du RSI et Bernard Piccardo vice-président du RSI, ont été loi d’éteindre le mécontentement.
Jean-François Fontaine a ouvert son entreprise depuis 16 ans. Pour la première fois, il a des difficultés à payer. Sur la base d’une estimation, il doit 22000 euros au RSI à payer. Il serait donc content si la Région peut nous aider sur ce sujet.

Jean-Jacques Grondin a également demandé de remettre à plat le principe des clauses sociales dans les appels d’offres de la Région. « On demande sur un chantier de 6 mois d’embaucher une personne pour 160 heures. Plutôt remplacer cela par des emplois pour des personnes de la commune sur toute la durée du chantier ». Il met aussi le doigt sur le problème de la sous-traitance : « ceux qui ont accepté des marchés de sous-traitance avec les bénéficiaires des marchés mettent souvent la clé sou sous la porte ».

Une campagne de terrain

En conclusion, Patrick Lebreton a présenté le document de programme qui sera remis à la population par portage, une démarche militante, et donc pas par la Poste. Un projet qui tient compte des propositions des composantes de l’Union, et notamment de celles du PCR : étude économique et financière de la la NRL, armature ferroviaire du réseau de transport, économie du recyclage ou les deux grands services dans l’environnement et l’aide à la personne.

Maurice Gironcel a ainsi rappelé qu’une campagne électorale se gagne sur le terrain et pas dans les sondages. À lui seul, le PCR a organisé 200 petites réunions café, de 40 à 50 personnes. « C’est une politique de proximité, avec les gens pour faire partager notre projet pour La Réunion ».

« Un projet révolutionnaire » pour Maurice Gironcel, car il engage une démarche sur 20 ans, avec une union des forces politiques progressistes pour les prochaines échéances.
« On veut une rupture avec ce qui se fait. On est au bout du système, il faut autre chose.
Le 6 décembre on va choisir, vous pouvez bousculer les choses et mettre en œuvre autre chose », conclut-il.

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Patrick Lebreton
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Maurice Gironcel


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