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Pourquoi autant de délégués réunionnais au Congrès des maires ?

L’ARCP appelle à changer les mentalités

Témoignages.re / 21 novembre 2011

Selon l’ARCP, 220 élus vont participer au Congrès des maires qui débute aujourd’hui à Paris. L’ARCP s’interroge sur la pertinence d’une participation aussi importante et coûteuse à l’heure où la crise s’aggrave. Pour l’ARCP, les élus locaux doivent être plus que jamais auprès de leurs concitoyens.

La confiance entre Réunionnais, c’est l’objectif de l’Alliance des Réunionnais contre la pauvreté. Car, pour l’ARCP, c’est cette confiance qui permettra aux Réunionnais de sortir de la crise.
Dans sa lancée pour l’émergence d’un big-bang social et politique à La Réunion, l’Alliance des Réunionnais contre la pauvreté interpelle une nouvelle fois la gouvernance qui prévaut dans notre pays. Hier, lors d’une conférence de presse, Eric Parlier, Jean-Hugues Ratenon, Monique Iori, Nadia Tancourt et Stéphanie Tima ont appelé à une responsabilité partagée de tous les élus.
Le big-bang social et politique est un appel à adopter de nouveaux comportements pour favoriser un rapport de confiance.

220 personnes, 2 interventions

À ce jour, cet appel n’est pas vraiment pris en compte. L’ARCP a donné hier un exemple, celui de l’importante participation réunionnaise au Congrès des maires qui se tient à Paris d’aujourd’hui à jeudi.
L’ARCP rappelle que la France, ce sont 36.000 communes, et donc 36.000 maires membres de l’Association des maires de France (AMF). À La Réunion, ce sont 220 élus qui vont participer à partir d’aujourd’hui au Congrès des maires à Paris, soit près de 10 par commune en moyenne. Si toutes les communes de France envoyaient à ce congrès le même nombre moyen de représentants, alors il y aurait plus de 300.000 participants… cela rendrait impossible l’organisation d’une telle manifestation.
L’ARCP constate également que La Réunion est le département qui aura la délégation la plus nombreuse. Elle met ensuite ce nombre en rapport avec les interventions programmées.
Entre le 21 et le 24 novembre, le Congrès des maires abordera cinq sujets : la journée spécifique à l’Outre-mer ; la mise en place de schémas départementaux de l’intercommunalité et leurs conséquences sur l’organisation territoriale ; suites de la réforme fiscale, la péréquation, la crise de l’accès au crédit bancaire, les tensions budgétaires ; la réussite scolaire des enfants et le rôle que peuvent jouer les maires ; les moyens de rendre son territoire attractif au plan économique. 35 séquences ou ateliers déclineront ces 5 grands thèmes. « Nous constatons que sur 220 élus participants, il y aura seulement 2 interventions des élus de La Réunion ».
L’ARCP s’interroge donc sur la pertinence du déplacement d’une aussi importante délégation pour 2 interventions.

Un contexte de crise

Cette question se pose d’autant plus que le contexte est extrêmement difficile pour la population. L’ARCP estime le coût d’une telle opération dans une fourchette comprise entre 600.000 et 1 million d’euros. De telles dépenses sont prélevées dans les recettes communales obtenues par l’octroi de mer et les impôts locaux, ce sont des taxes payées par toute la population réunionnaise, quel que soit son revenu.
« N’y avait-il pas moyen de s’entendre pour participer à ce congrès avec une délégation moins importante ? », dit en substance l’ARCP. « Les 220 personnes vont-elles rendre public le résultat de leur participation au Congrès des maires ? », demande l’ARCP.
L’ARCP estime qu’eu égard à la crise, et aux besoins de la population, la place des élus locaux est d’abord auprès de leurs concitoyens.

Situation sociale dramatique

Eric Parlier, membre actif de l’ARCP, a dressé le tableau extrêmement inquiétant de la société réunionnaise.

50% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté. 30% des travailleurs sont au chômage, ce taux dépasse 60% chez les jeunes. Le pouvoir d’achat est en berne, les personnes âgées voient leur situation s’aggraver. Personne ne peut voir une solution se dessiner à cause de la gouvernance pratiquée à La Réunion.

La politique de rigueur du gouvernement est un élément aggravant la situation.

Devant ce constat, l’ARCP appelle à un big-bang social.

10 représentants rien que pour Bras-Panon

Bras-Panon est une ville de 11.000 habitants, elle aura 10 délégués au Congrès des maires à Paris. Saint-André, ville de 52.000 habitants, en aura 2. Autrement dit, une ville cinq fois moins peuplée que sa voisine envoie à Paris cinq fois plus de représentants.

Selon l’ARCP, ce type de comparaison n’est pas isolé, et il montre que le nombre de délégués est davantage lié à la tendance politique de la Direction de la commune plutôt que sa population. Et c’est du côté de l’UMP que les effectifs sont les plus pléthoriques.


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