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Pourquoi l’UMP torpille l’ouverture et le désenclavement de La Réunion ?

Affaire des visas

Manuel Marchal / 7 juin 2011

Le 18 mai dernier vers 17 heures, un Boeing 747 d’Air China se présente au bout de la piste de l’aéroport de Gillot. À son bord voyage une délégation d’une centaine de personnes conduite par Wu Bangguo, président de l’Assemblée populaire nationale de Chine. L’avion vient directement de Chine sans escale, et ses passagers sont accueillis par le plus haut représentant de l’État à La Réunion. Cet événement démontre la faisabilité technique de l’arrivée de touristes chinois à La Réunion. Alors pourquoi dès le lendemain du départ de Wu Bangguo, une ministre du gouvernement UMP a-t-elle interdit l’extension de cette expérimentation ? Aucune raison ne peut expliquer un tel empressement.

La Réunion a vécu le 18 mai dernier un événement d’une importance capitale. En effet, un avion d’Air China ayant à son bord une centaine de citoyens de la République populaire de Chine s’est posé à Gillot, au terme d’un vol sans escale depuis la Chine. À leur arrivée, ils ont été accueillis chaleureusement par les représentants de l’État. Puis, les Chinois se sont ensuite dirigés vers un hôtel où ils ont passé la nuit. Le lendemain, nos visiteurs ont poursuivi leur route vers l’Afrique. Voilà un exemple pratique de tourisme asiatique.

L’importance de cet événement ne vient pas seulement de la qualité de la délégation. C’était en effet la première fois que notre île accueillait un représentant de si haut niveau de la Chine. Wu Bangguo, le chef de la délégation, est en effet président de l’Assemblée populaire nationale de ce pays ; à ce titre, il est donc le second personnage de l’État derrière le président de la République. La délégation comprenait également des représentants de compagnies aériennes chinoises et des hommes d’affaires. Cette présence marque l’intérêt d’acteurs économiques chinois pour l’ouverture d’une liaison aérienne entre la Chine et La Réunion.

Expérience concluante

Nul doute que cet intérêt est sorti renforcé de l’expérimentation à laquelle il a été procédé. En effet, l’avion est arrivé directement de Chine et s’est posé à Gillot sans autre encombre. Notre île avait déjà accueilli 2 autres délégations aussi imposantes dont celle conduite par le Vice Premier ministre Li Lan Qing, en 2004. Dans le sens Réunion-Chine, Air Austral avait déjà assuré 3 vols remplis de touristes Réunionnais qui avaient atterri à Beijing et à Shanghaï. Désormais, la démonstration est faite que des vols directs peuvent avoir lieu entre La Réunion et la Chine.

Il n’a pas fallu 48 heures pour que l’UMP réagisse vigoureusement à ce progrès dans l’ouverture de notre île. Dans une interview accordée au "Journal de l’île", la ministre de l’Outre-mer annonce une simplification dans les formalités de délivrance des visas.
Sur la base du précédent réussi de la délégation chinoise, la logique voulait que l’on se dirige vers la délivrance de visas touristiques pour les ressortissants chinois qui désirent venir dans notre île. Mais pour l’UMP, pas question de soutenir le développement de La Réunion. Bien au contraire, il s’agit de poursuivre la logique de la casse des projets réunionnais. Il n’est donc pas étonnant que la ministre annonce que la délivrance de visas pour les touristes chinois se fera à l’aéroport à condition que ces derniers séjournent d’abord à Maurice et pas ailleurs.

La contre-offensive de l’UMP

Moins d’une semaine après, un communiqué commun des services de l’État et d’une députée UMP confirment la nouvelle. Enfin, vendredi dernier, l’UMP a inscrit cette trahison des intérêts réunionnais dans une convention signée par l’État et des professionnels du tourisme en présence de deux députés UMP, dont Didier Robert actuellement en mission pour le gouvernement chargé de travailler sur un rapport sur le tourisme.
Entre la visite de la délégation chinoise et le document signé, il n’a donc fallu que 15 jours à l’UMP pour perpétrer ce qui constitue un véritable crime contre le développement de La Réunion. Il faut donc croire que l’alerte a été prise vraiment au sérieux chez les adversaires du progrès du pays. Car malgré toutes les démarches entreprises par les anciennes équipes de l’IRT et de la Région, le gouvernement avait laissé le dossier des visas dans l’immobilisme. L’UMP a donc décidé d’agir brusquement, et en faisant cela cette organisation a dévoilé au grand jour sa stratégie : tout faire pour torpiller le développement de La Réunion afin de maintenir notre peuple dans une assimilation qui ne peut que maintenir les inégalités.

M.M.


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