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Pourquoi la Région refuse-t-elle d’organiser la concertation ?

Projet de loi de régulation économique

Manuel Marchal / 1er septembre 2012

La conférence de presse d’hier a permis à Paul Vergès d’apporter la clarification suite à la tentative de la Région de travestir la position de l’Alliance sur le projet de loi de régulation économique.

Le projet de loi de Victorin Lurel est transmis depuis le 27 juillet aux collectivités. La commission permanente de la Région s’est réunie un mois après sur un texte pourtant urgent.
Or, au moment de se prononcer, les conseillers régionaux ne pouvaient pas s’appuyer sur le résultat de la moindre concertation. Même le Conseil économique, social et environnemental régional (CESER) n’a pas été sollicité pour donner son avis, alors qu’à chaque budget il est consulté.
Cette concertation est de la responsabilité de la Région Réunion. Ainsi en écoutant les différents acteurs socio-professionnels, la Région pourrait traduire tous les points de vue dans une position commune sur le projet du gouvernement.
Mais ce n’est pas fait, car la Région Réunion reste dans la posture d’une opposante au gouvernement. Il n’est donc pas étonnant qu’elle saisisse les moyens dont elle dispose pour combattre le pouvoir central.
Et cela l’amène à demander à l’État d’inviter lui-même les socio-professionnels à la concertation. « C’est la première fois qu’une collectivité abdique ses compétences, cela démontre l’impréparation du personnel politique de La Réunion à la veille d’une réforme des collectivités », constate Paul Vergès.
Le sénateur note que l’attitude du Conseil général est différente. Même si l’assemblée a elle aussi mis un mois à réunir sa commission permanente pour examiner le texte, elle a demandé des rencontres avec les socio-professionnels. Son objectif est de proposer des projets d’amendement aux parlementaires réunionnais. Autrement dit, le Conseil général ne demande pas à l’État d’agir à sa place, contrairement à la Région.
« Tout doit être clarifié. L’opposition joue son rôle en aggravant les difficultés du gouvernement. Nous devons agir, nous dans la majorité, en ayant à l’esprit qu’il n’y a pas de compromis possible avec l’opposition », dit en substance Paul Vergès.

M.M.

La majorité de la Région opposante résolue du gouvernement

Paul Vergès a relevé un autre exemple du positionnement d’opposant au gouvernement choisi par la direction de la Région Réunion. C’est le dossier du prix des carburants.

Quand le pouvoir parisien était entre les mains de l’UMP, Didier Robert n’avait pas hésité à puiser dans les caisses de la Région pour subventionner une baisse des prix sans rien demander à l’État. Cela avait coûté 16 millions d’euros.

Aujourd’hui, le même problème de prix se pose, mais le président de Région prend la position inverse en demandant une compensation à l’euro près de l’État en cas d’intervention de la collectivité. Il fait le contraire d’il y a 5 mois, uniquement parce que le gouvernement a changé de majorité.

La liste PS a offert la Région à l’opposition au gouvernement

L’UMP dispose d’une collectivité aussi importante que la Région pour faire l’opposition au gouvernement. Cela souligne la responsabilité de la liste socialiste aux dernières régionales.
En refusant l’union avec l’Alliance, les socialistes ont permis à l’UMP d’avoir une plate-forme de choix pour combattre le gouvernement qui allait sortir des urnes deux ans plus tard.
« Comment un parti qui se dit de gauche a-t-il pu prendre la décision de livrer cette position à l’adversaire ? »


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