Actualités

Première ouverture avant d’aller plus loin

Extension à La Réunion d’une mesure pour l’emploi des Martiniquais dans l’Éducation nationale à la Martinique

Témoignages.re / 23 juillet 2012

À chaque rentrée est posé le problème de l’attribution des postes disponibles dans l’Éducation nationale. L’extension à La Réunion de la priorité à l’emploi prévue pour les contractuels martiniquais admis au concours à la Martinique est un premier pas, mais il est nécessaire d’aller plus loin.

Sur 1.000 emplois créés dans l’Éducation nationale à La Réunion, 100 bénéficient à des Réunionnais, tel est en substance le discours tenu par le Sénateur Doliger lors du compte-rendu de la mission sénatoriale venue dans notre île au lendemain des grandes manifestations du COSPAR et de la population. Voilà qui met le doigt sur un problème récurrent.
Tous les ans se posent la même question : comment expliquer que des centaines de personnes ayant un emploi en France viennent occuper des postes à La Réunion alors que pendant ce temps des jeunes Réunionnais doivent partir en France pour aller y travailler.
Cette question se pose avec d’autant plus d’intensité que dans notre île, le chômage des jeunes est très important. Plus de 60% des jeunes sont privés de travail, et parmi eux de nombreux Réunionnais ayant le diplôme requis pour enseigner. Et quand ils réussissent le concours pour devenir professeur dans l’Éducation nationale, alors ils doivent encore souvent aller s’exiler pour espérer revenir un jour alors que des postes existent à La Réunion. Telle est la situation actuelle.

Un des thèmes de la présidentielle

Cette question de l’emploi des jeunes Réunionnais à La Réunion a été abordée durant la campagne présidentielle, et aucun candidat n’a contredit la nécessité à accorder aux jeunes la place qu’ils méritent dans l’économie de leur pays. Les élections ont permis le changement de président, gouvernement et de majorité parlementaire. Les nouveaux dirigeants de l’État sont donc amenés à donner des signes du changement tant attendu.
Le 20 juin dernier, suite à l’annonce par le ministère de l’Éducation nationale de 15 postes sur les 1.000 supplémentaires créés pour la rentrée scolaire 2012 dans les écoles primaires, une délégation du Parti communiste réunionnais participe à un rassemblement devant le Rectorat. Une dotation plus importante aurait permis d’éviter les fermetures de classes prévues par l’ancien gouvernement d’une part, et d’autre part aurait donné la possibilité à d’autres jeunes d’avoir un emploi durable puisque le concours de professeur des écoles est un recrutement régional.
15 jours plus tard, c’est pour le secondaire que le problème est posé. Lors d’une conférence de presse, le PCR demande une nouvelle fois que des mesures soient prises pour que les jeunes Réunionnais admis à un concours dans la fonction publique puissent servir dans leur pays, car des postes existent.

Mobilisation

Mardi dernier à l’Assemblée nationale, Alfred Marie-Jeanne, député de la Martinique, demande au gouvernement de prendre des mesures pour que des Martiniquais ayant déjà enseigné en tant que contractuels puissent avoir la garantie d’être nommés en Martinique s’ils sont reçus au concours de recrutement.
Vincent Peillon, ministre de l’Éducation nationale, a donné son accord mardi pour la Martinique. Dans un communiqué diffusé à la presse le jeudi, le PCR a revendiqué l’extension à La Réunion et aux autres départements d’outre-mer de cette avancée. Au cœur de cette bataille, l’Alliance de la jeunesse pour la formation et l’emploi à La Réunion a interpellé les députés de notre île pour leur demander d’agir afin que les Réunionnais puissent bénéficier de l’acquis obtenu pour les Martiniquais. Ce jour-là également, des syndicalistes et une parlementaire ont tenu une conférence de presse sur ce sujet.
Le ministre de l’Éducation nationale a donc décidé d’étendre à La Réunion l’avancée martiniquaise. C’est une première ouverture dans la lutte menée contre les discriminations visant l’embauche de Réunionnais dans la fonction publique. Il est nécessaire d’aller plus loin.

M.M.


Kanalreunion.com