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Premières conséquences de la décision du PS de refuser l’union avec l’Alliance

Didier Robert annonce la remise en cause du tram-train et la suppression de la Maison des civilisations et de l’unité réunionnaise

Geoffroy Géraud-Legros . Manuel Marchal / 27 mars 2010

Parmi les mesures annoncées hier par Didier Robert dans son premier discours de président de Région figurent notamment la suppression du tram-train et de la Maison des civilisations et de l’unité réunionnaise. Il a également signifié un changement d’orientation en transformant la Région en collectivité de distribution plutôt que d’investissement. Toute la population a constaté les conséquences de la décision du Parti socialiste de ne pas faire l’union.

La démonstration d’une majorité minoritaire, c’est une conséquence de la décision du PS. L’assemblée plénière d’hier est un élément de réflexion pour tous les électeurs. Car les chiffres du scrutin expriment une majorité écrasante de l’Alliance et du PS face à l’UMP. Et tout le monde se rappelle du refus de l’union.
C’est dans la nuit du 15 au 16 mars que le destin des quatre dernières années de la Région et des projets qui en découlent s’est joué. Le 15 mars, les responsables du PS échangent avec une délégation de l’Alliance en vue d’une fusion des listes pour le second tour.
L’Alliance fait part de son accord de principe sur toutes les demandes présentées par le PS, quant à André Thien Ah Koon, il écrit qu’il est prêt à se retirer si sa présence sur la liste rend la fusion impossible. Toutes les conditions étaient réunies pour un triomphe d’une majorité d’opposition au gouvernement dans le pays.
La journée d’hier aurait pu être le début de cette dynamique de l’union pour faire face à la politique du gouvernement. Mais du fait de la décision du Parti socialiste, elle constitue le point de départ du bilan des conséquences du rejet par le PS de l’accord avec l’Alliance.
Ces conséquences ont commencé à être précisées par le premier discours de Didier Robert en tant que président de la Région.
Didier Robert a d’emblée annoncé la suppression de deux grands investissements : le tram-train et de la Maison des civilisations et de l’unité réunionnaise. Il a aussi signifié le basculement de l’institution d’une logique de projet à une logique de guichet : promesses de création de 10.000 emplois verts avant la fin de l’année, de distribution gratuite d’un ordinateur portable par lycéens à la rentrée scolaire, de dizaines de milliers de billets d’avions à moins de 500 euros…
C’est toute une politique d’investissements qui est remise en cause, au moment où le pays en a le plus besoin. Le nombre de demandeurs d’emploi atteint en effet des sommets, et l’année dernière, l’augmentation de ce nombre a été de 23.000.
Ce changement de cap au moment décisif est la conséquence de la stratégie du PS de refuser l’union au deuxième tour avec l’Alliance.
Autour des déclarations de Didier Robert se greffe une cérémonie hors du commun. 1.000 convives invités, 3 orchestres, jamais une passation de pouvoir à la Région n’avait donné lieu à des festivités. Cette mise en scène est-elle là pour masquer le début d’une catastrophe annoncée ?

Manuel Marchal


Un discours électoral

Si dans son discours, Paul Vergès a rendu hommage à tous ses prédécesseurs, cela n’a pas été le cas de Didier Robert. Ce dernier a uniquement rendu hommage à ceux qui ont voté pour lui et aux 2.000 militants qui ont fait campagne pour son élection. À aucun moment il n’a évoqué les bâtisseurs qui ont façonné les avancées dont il hérite.
Ce discours introduit une rupture dans l’institution. Car il était clairement un discours de campagne électorale contraire aux usages. C’est d’ailleurs la première fois qu’un président de Région nouvellement investi annonce à tous ceux qui recherchent un travail qu’il supprime 4.000 emplois. Car tel est le résultat immédiat de la remise en cause du tram-train.


Déjà un chantier supprimé

Dès son accession à la présidence de la Région, Didier Robert a tenu à annoncer la suppression de la Maison des civilisations et de l’unité réunionnaise (MCUR). L’édification d’un lieu de mémoire, l’investissement de millions d’euros accordés par l’Europe, les emplois que devaient créer la construction de ce grand ensemble sont ainsi sacrifiés d’un seul coup sur l’autel d’une idéologie de destruction. Didier Robert n’en est pas à son coup d’essai dans la démolition : on se souvient que dès son entrée en fonction en tant que maire, il avait supprimé tout aussi brutalement la rocade du Tampon. Ainsi, il jetait à la poubelle les 110 millions d’euros investis par la Région et plongeait dans le chômage de nombreux travailleurs et de petites entreprises du BTP. Une attitude que l’on retrouve ailleurs dans l’éventail politique, avec la destruction du pôle Océan et du Zénith par Gilbert Annette immédiatement après son élection. À chaque fois, ce sont les travailleurs et les entrepreneurs du BTP qui ont fait les frais de ces décisions irresponsables. Quelle distance, entre ces politiciens du premier monde, et les hommes et les femmes qui luttent chaque jour pour trouver un emploi !

G.G-L


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